• Djamila Arras, scenariste et comedienne

     

    A la fois scénariste et comédienne, Djamila Arras brille actuellement sur les écrans de la télévision nationale pour son parfait jeu actoral dans le téléfilm intitulé Chafika, après la rencontre. Avec l'humilité et la spontanéité qu'on lui connaît, Djamila Arras, frisant la cinquantaine, nous parle avec fougue et passion de son dernier-né. Elle nous parle de cette Chafika, pleine de tabous et de contradictions.

    Propos recueillis par Nassima C.

    Pourquoi avez-vous attendu plus de deux ans pour réaliser la deuxième partie de Chafika ?

    Il n' y a pas de raison spécifique qui m'ait empêchée de réaliser la deuxième partie tout de suite après la première. Vu qu'il n' y a pas de moyens, tous les secteurs vont au ralenti. Il est connu, cependant, que quand on veut réaliser un projet, il faut beaucoup de moyens. Cela étant, je tiens à préciser que Chafika a été présentée à la radio en 1985 dans son intégralité. La suite, Chafika 2, a été déposée aux droits d'auteurs en même temps que Chafika 1. Le premier épisode n'était qu'une préparation du terrain. J'ai appelé la deuxième partie Après la rencontre pour que les gens comprennent que Chafika a aimé Salim sans jamais le rencontrer.

    Chafik est une histoire réelle agrémentée de fiction. Pourquoi avoir écrit cette histoire et pas une autre, sachant que Djamila Arras puise ses sujets dans les tribunaux ?

    Effectivement, c'est une histoire réelle. Je n'ai fait passer la fiction que quand il le fallait pour l'écrivain. Quand il s'agit de sauvegarder la réputation d'une personne, là l'auteur intervient et fait passer la fiction. Il faut retenir que dans cette histoire, il y a deux choses fortement liées. La condition féminine de Chafika et le personnage de Salim. La condition féminine est au plus bas. Beaucoup de femmes sont opprimées. Moi, j'ai eu cette chance d'avoir un père tolérant. Personne ne m'a porté atteinte. Bien au contraire, je suis une femme heureuse. Je pense que toutes ces femmes-là ont un droit sur moi, car je suis leur porte-parole. Chafika est certes une femme analphabète, faisant partie des meubles de la maison paternelle, mais elle a su se défaire de sa condition. Plusieurs femmes peuvent se reconnaître à travers le personnage de Chafika, mais, voyez-vous, ce n'est pas la faute à l'homme, mais à la femme. Cette dernière, à travers le film, n'a pas su élever son enfant et s'imposer. Le frère de Chafika (Ahmed), on lui a appris à aimer en empruntant la voie de la redjla. On n'a pas appris à nos enfants à dire : je t'aime. C'est rare de trouver des familles qui usent de ce genre de vocabulaire avec leurs enfants. Imaginez un instant, comment doivent se sentir tous ces gens qui ne s'expriment pas. Je ne vous cacherai pas que c'est le personnage de Salim qui m'a poussée à mettre en valeur cette histoire.



     


    Vous avez abordé plusieurs thèmes, entre autres la condition féminine, les enfants illégitimes, la corruption, les normes de construction ...

    Effectivement, j'ai levé le voile sur plusieurs thèmes d'actualité. De nos jours, on n'ose pas parler à haute voix des femmes qui sont enceintes sans le savoir. J'ai misé sur Salim en disant : voyez, il y a des hommes tolérants dans notre société. J'estime que le rôle de certains auteurs est de, justement, redresser certaines situations. J'ai également fait véhiculer le thème de l'amour entre un vieux et une jeune fille, et ce, à travers le personnage d'El Hadj. Le volet de la construction a été abordé bien avant le séisme du 21 mai dernier. Je n'ai pas attendu les conséquences du séisme pour parler des normes de construction. Il y a eu deux coïncidences dans le film, le fait d'avoir tourné à la limite de Zemmouri et de Boumerdès et d'avoir parlé de la réglementation urbanistique. Des actes prémonitoires.

    Pourquoi avoir choisi un personnage âgé pour incarner le rôle de Chafika ?

    Chafika n'aurait pas pu avoir vingt ans alors que dans la réalité elle a 44 ans et Salim en a 54.

    A-t-il été facile pour vous de revêtir plusieurs casquettes à la fois ?

    Cela a été très difficile pour moi en tant que comédienne de passer à la mise en scène. Être dans la peau du personnage n'a pas été facile. Il fallait avoir l'oeil sur tout : les comédiens, les costumes ... J'étais au four et au moulin. J'ai interprété ce rôle, car Chafika me ressemble physiquement. La personne concernée par ce drame a tenu à ce que je joue ce rôle. Sans prétention aucune, mis à part moi, je ne voyais personne incarner ce rôle.

    Le téléspectateur peut-il espérer suivre d'ici à quelques mois la troisième partie de Chafika ?

    J'ai envie de faire autre chose. La direction de la télévision a fait allusion pour que je me lance dans la troisième série. Il est vrai qu'il y a de bons rebondissements dans l'histoire mais, voyez-vous, en tant que comédienne cela me fatigue d'interpréter ce rôle. Cependant, je ne ferme pas les portes, mais je dirais à une seule condition. Une condition que je ne dévoilerai pas pour l'heure.

    Selon vous, la relève est-elle assurée ?

    Depuis le tournage de Chafika 2, j'y crois fortement. La relève est là, il suffit de ne pas la déformer.

    Des projets en perspective ...

    J'ai l'intention d'aborder d'autres sujets comme la campagne, les villes algériennes. J'ai l'intention de passer des contrats sur des années. Juste après ma retraite (fonctionnaire à la radio), j'ai l'intention de créer une école pour former des jeunes dans l'interprétation pour la radio et la télévision. J'ai envie de transmettre aux jeunes ce que m'ont appris mes maîtres, à l'image de Ali Abdoun, Mohamed Badri, Abdelkrim El Guitari et bien d'autres.

    El Watan jeudi 20 novembre 2003


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  • Dolores Heredia. Actrice mexicaine

    «Rachid Bouchareb ouvre une porte sur le monde»

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    le 11.02.14 | 10h00 Réagissez

    zoom | © Souhil. B.
     

     

    Elle est actrice. Elle est Mexicaine. Elle est gracieuse. Elle crève l’écran dans le film américano-franco-algérien Two Men in Town de Rachid Bouchareb, montré en avant-première (après celle de la Berlinale) hier à la salle El Mouggar d’Alger. Interview «tex-mex».

    -Qu’est-ce qui a motivé votre choix de tourner dans Two Men In Town sous la direction de Rachid Bouchareb ?

    Pour moi, c’était vraiment intéressant de connaître un réalisateur comme Rachid (Bouchareb). Je ne le connaissais pas, je n’avais jamais entendu parler de lui. Et quand j’ai reçu le scénario, j’ai été séduite.

    -Le scénario vous a plu, alors ?

    Oui, absolument ! Un scénario vraiment intéressant. Très «cool», avec beaucoup de silences. Avec une histoire très forte, intense, très intéressante, touchante. Et puis, c’est un scénario très réfléchi.

    -Et Rachid Bouchareb ?

    Après, j’ai connu Rachid (Bouchareb). Une personne adorable. Un homme très intelligent. Avec une vision de la vie, des choses, du cinéma… Et cela me plaît beaucoup.

    -Le message du film Two Men In Town porte-t-il un certain regard sur l’islam, la tolérance, la redemption, la seconde chance ?

    Oui, absolument ! Je me retrouve dans cela. Moi, je suis vraiment intéressée et interpellée par cette question. Dans mon pays, le Mexique, on ne vit pas vraiment l’islam ou encore le monde musulman. Mais il y a des choses qui nous sont très proches. Il y a une réalité qu’on peut très bien comprendre.  

    -Justement, Two Men In Town est le deuxième volet d’une trilogie de Rachid Bouchareb, après Just Like A Woman, portant sur les rapports entre l’Amérique, l’islam et le Monde arabe…

    Je pense et je crois que c’est très intéressant d’ouvrir cette porte-ci comme celle de Rachid (Bouchareb) dans le monde. Et, par conséquent, mieux connaître le monde.

    -Vous avez eu de très bonnes critiques sur votre rôle dans Two Men In Town au Festival de Berlin…

    (rire) Oh, oui !

    -J’espère que vous allez revenir en Algérie, pour tourner dans un autre film algérien…

    Oui, je l’espère. J’aimerais bien.

     

    K. Smail

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  • Jeunes cinéastes, vous rêvez de tourner votre premier film mais manquez de moyens et d’expérience en matière de réalisation? Cinéma Guérillaest fait pour vous! Jérôme Genevray, réalisateur, auteur et producteur, a rédigé un petit précis illustré d’anecdotes de personnalités du septième art (Albert Dupontel, Rémi Bezançot, Lionel Astier…) à destination des cinéastes en devenir.

    De l’écriture d’un film à la définition du budget en passant par la préparation du tournage, la production ou la distribution, ce guide retrace toutes les étapes indispensables à la réalisation indépendante avec clarté et intelligence. Muni d’un téléphone portable ou d’un appareil photo – façon Valérie Donzelli pour La Guerre est déclarée -,  vous apprendrez que « faire un bon film n’est plus une question de moyens, mais de méthodes ».

    Nous avons voulu en savoir d’avantage sur ce beau projet et avons échangé, à cette occasion, avec l’auteur de Cinéma Guérilla, mode d’emploi :

    Des films et des mots : Comment vous est venue l’idée d’écrire ce guide à destination des cinéastes amateurs ?

    Jérôme Genevray : J’ai commencé à réaliser des films avec des amis quand j’étais au lycée. On était passionné. On tâtonnais, aussi bien d’un point de vue technique qu’en terme de méthode pour faire un film. A cette époque, j’aurais bien aimé avoir un guide qui nous explique les différentes étapes de la construction d’un film, avec des conseils de pro. Depuis, j’ai réalisé et produit plusieurs courts et publicités et je me suis dit mon expérience et celles d’autres professionnels pourraient aider les jeunes cinéastes. D’autre part, il y avait plusieurs guide de ce type aux Etats-Unis et encore aucun en France.

    DFDM. : Comment vous y êtes-vous pris (pourquoi avoir sollicité tel témoignage plutôt que tel autre? Les personnes interviewées ont-elles unanimement accepté d’être citées dans le livre)?

    J.G : Je ne voulais pas faire un livre composé de règles et de principes,  mais plutôt de conseils et de retours d’expériences. Le livre qu’on peut garder dans la poche et sortir au moment opportun pendant la phase de création d’un film. Les conseils et astuces de différents professionnels du cinéma permettent d’inspirer et de guider le jeune cinéaste. Le choix des personnes interviewées s’est fait sur des bases totalement subjectives : j’ai contacté des gens dont j’aimais le travail, et qui me semblait être en adéquation avec la philosophie du cinéma guérilla. Quelques uns ont refusés, mais c’est globalement avec beaucoup d’enthousiasme qu’ils ont accepté !

    DFDM. : Pourquoi ce titre « Cinéma guérilla »?

    J.G  : Avec l’avènement du numérique, symbolisé par ces fantastiques appareils photo reflex HD, nous vivons une nouvelle « nouvelle vague » du cinéma. Le « Cinéma Guérilla » se réfère à l’appellation anglaise de « Guerilla Filmmaking » qui caractérise les productions avec un petit (voire pas) de budget et une équipe très réduite de gens acharnés. Les tournages se font souvent sans autorisation ou permission. Il s’agit de films indépendants, fait en marge du système, et qui part leur sincérité et engagement artistique peuvent connaître un succès imprévu et étonnant, et bousculer les règles établies. D’où le côté guérilla. Une autre appellation (encore anglaise) : le DIY (Do It Yourself). Quelques films guérilla : Rubber de Quentin Dupieux, Donoma de Djinn Carrénard, Monsters de Gareth Edwards, etc.

    DFDM : Vous dites qu’il est possible de réaliser un film avec un téléphone portable. Pourtant, vous reconnaissez que la qualité des vidéos est souvent médiocre. Comment palier aux problèmes engendrés par ce type de matériel (au niveau du son, de la lumière, de l’image…)?

    J.G : Ce qui compte au final pour le spectateur, c’est la sincérité et l’originalité du propos. La qualité technique intervient toujours en second. Par exemple, j’ai réalisé Rainy Girl au téléphone portable (à l’époque un N95 à l’image très médiocre, même pas en HD, rendez-vous compte !) et qui a obtenu plusieurs premiers prix, a été diffusé sur Arte et au centre culturel de Beaubourg à Paris.
    Pour palier à la médiocre qualité technique, il existe des micros directionnels que l’on peut connecter sur le téléphone portable (mais le son sera toujours très moyen), et un bon coup d’étalonnage sur votre ordinateur permet de donner un style intéressant. Mais le mieux est d’assumer le style du matériel utilisé et qu’il serve le propos.
    La qualité « typique » des vidéos faites au téléphone portable a un style (que l’on aime ou non) qui sera certainement vintage d’ici quelques années, comme la médiocre qualité du film Super 8 ou du Polaroid du siècle dernier…

    DFDM. : Outre un appareil photo numérique ou un téléphone portable haut de gamme, dans quel autre type de matériel conseilleriez-vous d’investir?

    J.G : Il n’y a pas photo (hahaha) : si vous souhaitez investir, optez pour un appareil photo (tous enregistrent en HD). Avec un peu d’argent, de l’ordre de 500 €, vous aurez un très bon reflex (DSLR, en anglais) : les vidéos seront d’une qualité incroyable. On peut même tourner en lumière naturelle et obtenir un très bon résultat. En poussant un peu plus l’investissement, prenez un micro directionnel (micro zoom) connecté à la caméra pour enregistrer correctement  les dialogues.

    DFDM. : Selon vous, quel est le coût moyen d’un film tourné avec un appareil photo numérique ou un téléphone portable?

    J.G : Cela dépend de pleins de paramètres : durée du film, sujet, nombre de jour de tournage, nombre de lieux différents, etc. Mais si chacun met un peu la main à la pâte (acteurs, techniciens) et que l’on considère que l’investissement de l’appareil photo n’est pas comptabilisé, le coût peut être proche de zéro. Au final, ce qui revient le plus cher dans un film en mode Guérilla, c’est la régie et les repas : n’oubliez pas que les gens travaillent gratuitement pour votre projet et que cela doit se faire dans de bonnes conditions.

    Cinéma guérilla, mode d’emploi, de Jérôme Genevray, Éd. Dunod. Parution le 4 avril 2012.

    http://genevray.com/cinemaguerilla/


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  • Rencontre avec Laïla Marrakchi


    Le très joli film de Laïla Marrakchi Rock the Casbah sort ce mercredi dans les salles.

    A l’issu de la projection à laquelle j’ai eu la chance d’assister, la réalisatrice est venue passer un petit quart d’heure avec le public présent pour répondre à quelques questions. On évoque donc ensemble l’écriture et la préparation du film mais on parle aussi des tabous évoqués et des acteurs comme Omar Sharif ou Morjana Alaoui.

    La critique de Rock the Casbah est à découvrir, elle, ici.

     

     

    D’où vient l’histoire de Rock the Casbah ?
    L’idée est née d’un décès dans ma famille, de mon oncle en fait. On s’est réunis chez ma tante pendant trois jours avec plein de cousines et je me suis dit que ce serait intéressant de faire un film autour de l’enterrement. Le concept existe beaucoup en Europe, comme dans « Ceux qui m’aiment prendront le train », mais n’avait jamais été fait au Maghreb. A partir de là, j’ai construit l’histoire et les personnages.
    J’ai une famille compliquée, il y a beaucoup d’inspiration, mais la majorité des évènements sont inventés.

    Comment s’est passée la rencontre avec Omar Sharif ?
    C’est un acteur particulier. Il a lu le scénario, il l’a aimé. On a diné ensemble, j’ai défendu mon scénario. Et il est venu parce que je crois que l’aventure lui plaisait.

    Et le reste du casting ?
    J’ai écrit en pensant à quelques actrices dont Nadine Labaki et Morjana Alaoui qui joue Sofia. Il fallait que la famille soit cohérente et il fallait convaincre les actrices. Je suis allé à Beyrouth rencontrer Nadine, j’ai longuement parlé avec Hiam Abbass au départ pas convaincue.
    Il y a aussi Assia Bentria, qui joue la mamie et qui n’est pas comédienne. Il a fallu la gérer parce qu’elle intervenait dans chacune des scènes même quand ce n’était pas son rôle, c’était assez drôle. Elle est incroyable.

     

     

    Et le tournage ?
    32 jours à Tanger. Quand on découvre la maison, on n’a plus envie de repartir. Elle appartenait à un peinture chilien,Claudio Bravo, qui est décédé et qui a légué la maison à la famille de son gardien.
    On a choisi Tanger d’abord à cause de la maison, assez unique. C’est une sorte de paradis qui m’a convaincu. Et puis Tanger est une ville chargée, toute la beat generation y est passé, plein de grands écrivains. Il y a une vraie mélancolie là-bas, où le passé est très présent. Tout ça allait bien avec l’histoire.
    Et puis je suis très attaché à Tanger où j’ai tourné mon premier court métrage.

    Il y a pas mal de tabous dans les familles musulmanes, comme boire de l’alcool, évoquer le sexe, qui sont montrés dans le film. C’était important pour vous ?
    Dans le film, ça chaque parce qu’on est en famille dans un moment particulier. Il y a des personnages religieuses. C’est donc un peu compliqué de boire. Ce sont des choses qu’on ne montre pas forcément mais qui existent. Ca se fait dans la transgression, mais c’est la réalité.

    Il y a beaucoup d’humour dans le film…
    On a toujours besoin du rire pour désamorcer le drame. L’idée, c’est de toucher tout le monde. Ca a beau se passer dans une culture en particulier, dans un monde spécial. On est tous un jour confrontés à ça, c’est un sujet universel.

    C’est un regard très féminin sur un évènement. Est-ce qu’il y a une forme d’engagement que vous voulez mettre en avant ?
    Il y a forcément un engagement. Ce n’est pas politique mais c’est fait pour évoquer la liberté des femmes. Elles étaient très verrouillées par le père et là la parole se libère, les non-dits éclatent, elles s’expriment. Au Maroc, il y a aussi de vrais problèmes d’héritage avec une règle d’un tiers pour les femmes, deux tiers pour les hommes. Quand j’ai présenté le film au Maroc, les femmes étaient touchées qu’on leur donne la parole parce que leur position est dure à trouver. Toutes ces problématiques sont abordées dans le film, de manière un peu légère mais quand même…Au final, ma forme d’engagement, c’est ma liberté de ton.
    Il y a par exemple le personnage de Nadine Labaki qui pense que sa liberté passe par des transformations physiques et la chirurgie mais au final on voit sa fragilité, son désarroi. Elle n’a pas réussi ni son couple ni sa vie. Elles se remettent toutes en question au décès du père et je voulais les montrer, désoeuvrées, fragiles mais qui s’expriment.

    Pourquoi ce titre ? 
    La référence à la chanson des Clash évidemment, et puis c’était mon titre de travail. Le film n’est pas rock mais l’esprit y est. Les Clash avaient écrit cette chanson à l’époque de Khomeini parce qu’il avait interdit le rock…
    Et c’est un peu une métaphore du Printemps Arabe.

     

     

    Pourquoi avoir choisi de faire intervenir le personnage d’Omar Sharif, pourtant mort, tout au long du film ?
    J’en avais envie. Je l’ai donc écrit dès le départ. J’aimais l’idée qu’il assiste à son enterrement. Le film a un coté très poétique avec ça. On m’avait mis en garde, ça pouvait ne pas fonctionner mais ça donne une dimension particulière au film. A la fin il s’adresse au spectateur, dit au revoir et c’est très émouvant de voir Omar Sharif le faire.

    Il y a beaucoup de scènes entre le petit garçon et Omar Sharif
    C’est ce que je préfère et il devait y en avoir d’avantage. Je trouve génial qu’un enfant arrive des USA, ne connait pas la culture marocaine, et pourtant la transmission entre le grand père et lui est assez belle. C’est le seul qui arrive le voir, il y a vrai notion de transmission transgénérationnelle.

    Est ce que vous pouvez nous parler de Morjana Alaoui, que j’ai découvert dans Marock ?
    J’ai pensé à elle en écrivant le rôle de Sofia. Quand j’ai écrit Marock, j’ai fais un gros casting là bas et à Paris et je n’ai pas trouvé. Je suis donc allé la chercher elle, parce qu’on se connaissait. Depuis, elle a grandi, elle a fait d’autres films dont un film d’horreur. Elle est partie aux USA tenter sa chance comme son personnage. Et puis au final je trouvais que ça lui allait bien.

    Merci aux différents intervenants pour leurs questions


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