• Cinema marocain

     

     

    Cinema marocain

    Cinéma marocain

    Le cinéma marocain regroupe à la fois les films, téléfilms et les productions cinématographiques produites au Maroc.

    À l'opposé d'autres cinémas d'Europe ou du Maghreb, l'État marocain a longtemps laissé son cinéma trouver par lui-même les moyens nécessaires à sa survie et son épanouissement national et international, créant ainsi un déséquilibre entre cinéma commercial (souvent médiocre) et cinéma esthétisant à public essentiellement élitiste. De ce fait, le Maroc a laissé le champ libre à d'autres cinémas concurrents qui se sont affirmés aisément auprès du public marocain ; aujourd'hui il doit lui faire face avec plusieurs années de retard. Il en est de même pour d'autres secteurs artistiques tel que la musique par exemple.

    Récemment, la politique culturelle du pays a changé (en particulier sous l'impulsion du Festival international du film de Marrakech)et le Maroc vient de se doter d'une toute neuve industrie du film (voir ci-dessous). À ce jour, le cinéma marocain progresse et les nombreuses perspectives d'évolution semblent prometteuses ; le cinéma marocain est de plus en plus sélectionné et/ou primé dans des festivals arabes, africains et occidentaux , ce qui encourage de plus en plus de jeunes à se lancer dans une carrière dans le 7e Art (voir ci-dessous défis et atouts du cinéma marocain).Ce progrès sert également de référence au cinéma africain moribond.

    Ce sursaut tardif est vital à l'expression de la culture et de l'imaginaire des marocains dans ce monde globalisé où le risque du Cambodge actuel (qui ne produit plus aucun film) guette de nombreux pays.

    On trouve au niveau national des réalisateurs qui ont donné leur lettres de noblesse : Wechma (Traces) Hamid BennaniMoumen Smihi (El Chergui oule Silence violent1975), Jilali Ferhati (Poupées de roseau, 1981 ; la Plage des enfants perdus1991), Farida Benlyazd (Une porte sur le ciel, 1988), Saad Chraibi (Chronique d'une vie normale, 1990), Mohamed Abderrahmane Tazi (Badis, 1989 ; À la recherche du mari de ma femme, 1993), Abdelkader Lagtaâ(Un amour à Casablanca, 1992; La porte close, 1998Hakim Noury (le Marteau et l'Enclume, 1990), Hassan Benjelloun (la Fête des autres, 1990).

    Ces récentes dernières années, de jeunes réalisateurs ont révolutionné le cinéma marocain. Parmi ceux-ci citons des réalisateur comme Nabil Ayouch ou Narjiss Nejjar, Faouzi Bensaïdi, Noureddine Lakhmari, Leila Triki, Laïla Marrakchi[1].

    D'après une étude publiée par le cabinet valyans à la demande du centre cinématographique marocain (CCM), même si la production du cinéma au Maroc est abondante, les salles de cinéma ferment et 60% des marocains ne regardent pas de films[2]. En 2008, le cinéma marocain a fêté ses 50 ans, l'occasion de faire le point sur ses défis et atouts futurs(voir ci-dessous défis et atouts du cinéma marocain).

    Sommaire

    Histoire

    Le premier tournage au Maroc date de 1897, avec Le Chevrier marocain de Louis Lumière, qui inaugure une tradition de tournages étrangers au Maroc[3].

    Quelques dates-clefs :

    • 1907 : Félix Mesguich tourne à Casablanca un reportage sur les débuts de l’agression française contre le Maroc.[4]
    • 1919 : un premier film de fiction colonial en français Mektoub est est produit par Jean Pinchon et Daniel Quintin avec Mary Harald Bogaerts.
    • 1935 : construction du Cinéma Vox à Casablanca par Marius Boyer. D'une capacité de 2 000 places, c'est à l'époque le plus grand cinéma d'Afrique. Il est détruit dans les années 1970.
    • 1944 : Création du Centre marocain de la cinématographie (CCM). Les studios et laboratoire Souissi sont ouverts à Rabat.
    • 1958 : premier long-métrage marocain : Le Fils maudit de Mohamed Ousfour.
    • 1968 : Premier Festival du film méditerranéen à Tanger. Le festival se tient aujourd'hui à Tetouan.
      • 1970: Film fondateur du cinéma marocain.
    • 1982 : Premier festival national à Rabat.
    • 1992 : Sortie de Un amour à Casablanca d'Abdelkader Lagtaâ qui a connu un succès inédit et qui a été considéré comme le film qui a réconcilié le public marocain avec son cinéma.
    • 2001 : Première édition du Festival international du film de Marrakech
    • 2007 : Inauguration de la Cinémathèque de Tanger.

    Il est difficile d'établir une date de naissance officielle pour le cinéma marocain. Néanmoins un certain consensus académique s'est établi chez beaucoup de chercheurs autour du film mythique de Weshma (Trace) de Hamid Bennani.

    On considère également ce film comme étant à l’origine - ou du moins participant - d’une vague de films néo-réalistes, réalisés par d’autres précurseurs du cinéma marocain durant les années septante (S. Benbarka, M. Smihi, M. Darkaoui, M. Al-Maanounim, M. Bouanani).

    Cela étant, il convient de rappeler d’autres tentatives antérieures à Weshma, comme celle, nombreuses, depuis les années 1940 de M. Ousfour ou celle du duo M. A. Tazi/ A. Mesnaoui qui réalisèrent Vaincre pour vivre (1968) ou encore Soleil de printemps (1969) de Latif Lahlou.

    le Maroc dans l'imaginaire cinématographique

    Un certain nombre de films très célèbres, s'ils ont été tournés en Californie, font appel à l'image du Maroc, ou du moins la vision d'un orient romancé :

    filmographie sélective

    Films étrangers tournés au Maroc

    Si le Maroc est depuis toujours une terre d'accueil pour le cinéma étranger (Othello d'Orson Welles en 1952L'Homme qui en savait trop d'Alfred Hitchcock en 1956 [5],[6], ou Lawrence d'Arabie en 1962), c'est depuis les années 2000 que cette activité se développe vraiment, avec l'ouverture de studios de tournage aux normes internationales à Ouarzazate. On peut citer Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre en 2002Gladiator et Kingdom of Heaven de Ridley Scott en 2005. Parmi les raisons de cet engouement pour les production au Maroc, ce sont les variétés de paysages, l' architecture variées, l'éclairage lumineux et ses nuances[7].

    Liste des festivals de cinéma

    au Maroc

    dans le reste du monde arabe

    • Festival du film arabe et africain de Carthage
    • Festival du Film arabe du Caire et d'Alexandrie
    • Festival international du film de Dubaï
    • Festival international du film d'Abou Dhabi
    • Festival du film arabe d'Alger

    en Occident

    • Festival international de Cannes
    • Festival du film américain de Deauville
    • La Mostra de Venise
    • L'ours d'Or de Berlin

    Industrie du film au Maroc

    Réalisateurs, cinéastes et leur filmographie

    Du théâtre au cinéma

    De nombreux comédiens ayant faits leurs armes de théâtre se dirigent vers le cinéma. Le va-et-vient entre cinéma et théâtre étant très fréquent ces deux éléments sont indissociables.

    Acteurs et comédiens

    du Maroc

    • Salima Benmoumen
    • Rachid El Ouali
    • Latefa Ahrrare
    • Marouazi Mohammed
    • Said Amel
    • Sadiaa ladib
    • Kenza Fridou
    • Hassan El fad
    • Sana AKroud
    • Amine Nasseur
    • Tarek Riahi

    et autres...

    de la diaspora marocaine

    • Jamel Debbouze
    • Gad El Maleh
    • Moustapha
    • Saïd Tagmaoui
    • Rochdy Zem
    • Bouder
    • Rachida Khalil
    • Rachid Badouri
    • Hamidou et sa fille

    Films d'animation et dessins animés

    Comédies musicales et musiques de films au Maroc

    Article détaillé : Musique marocaine.

    Place du cinéma marocain dans le monde arabe et en Occident

    films et acteurs marocains primés

    • Latefa Ahrrare :
    					2002 : prix du meilleur second rôle féminin au festival international de cinéma d’Alexandrie- Égypte.
    
    • Latefa Ahrrare :

    2003 : prix du meilleur second rôle féminin au festival national du cinéma à Oujda. –Maroc.

    films et acteurs marocains sélectionnés

    Site du Cinéma Marocain

     

    voir aussi

    Cinéma et médias

    Internet, Web-TV, Web-Cinéma

    En Occident de nombreux fournisseurs d'accès Internet haut débit, proposent à leurs clients la possibilité de visualiser des films à la demande. De plus, des sites commerciaux proposent le même type de produits. À ce jour, tout ceci n'existe pas encore au Maroc.

    émissions TV sur le cinéma

    • L'émission Marrakech Express sur la chaîne 1
    • La Chaîne thématique AFLAM TV, chaîne 7 sur la TNT

    magazines spécialisés

    CineMag, premier magazine du cinéma et de l'audiovisuel au Maroc Sophie Hafida LOTFI : directrice de la revue

    Studios d'enregistrement

    École(s) du cinéma

    Ouvrages sur le cinéma marocain

    • Il était une fois le cinéma au Maroc de A.Araib, Edition Edh (dec 1999)

    Liste des défis du XXIe siècle pour le cinéma marocain

    • Comme cela s'est passé pour de nombreux cinémas, le cinéma marocain doit trouver les moyens d'attirer le public marocain vers les salles. Actuellement la piste étudiée est celle qui a été envisagée par le cinéma français (qui a connu le même souci) à savoir la création de complexe moderne et attractif.
    • Augmenter la taille de la classe moyenne et améliorer le revenu moyen de la population pour qu'elle devienne consommatrice de produits culturels.
    • Lutter contre le piratage numérique des œuvres
    • Améliorer le statut de l'artiste et les droits d'auteur
    • Créer des produits dérivés (poster, T-Shirt, DVD avec bonus, figurines, CD de BO, etc.)
    • Développer une communication nationale et internationale offensive (bande d'annonces, promotion, etc.)
    • Création de sites Internet commerciaux permettant au public de visualiser les œuvres à la demande.
    • Promouvoir l'enseignement des arts dans la formation des jeunes (musique, théâtre, peinture, etc.)
    • Améliorer la qualité des musiques de films
    • Incorporer les nouveaux outils audiovisuels dans les œuvres (images de synthèse, image 3D, trucages etc..)
    • Faire face à la concurrence des films syriens, indiens, égyptiens, américains et européens.
    • Amélioration du maquillage, des costumes, des accessoires, etc.
    • Proposer au public marocain un cinéma à leur image actuelle
    • Produire des films de historiques, de fictions, d'actions et fantastiques
    • Produire des films à destination des enfants et des adolescents.

    Liste des atouts actuels du cinéma marocain

    • Le Maroc encourage l'établissement de sociétés spécialisées dans les multimédias et les nouvelles technologies de l'information et de la communication (Jeux, Images de synthèse, Internet ADSL...)
    • Le cinéma marocain coopère avec des productions étrangères expérimentées
    • Le Maroc abrite une population occidentale (retraités,chefs d'entreprise...) pouvant attirer les circuits étrangers de distribution du Cinéma et des Arts.
    • Le Maroc dispose d'une population nombreuse et majoritairement jeune qui se révèlera comme un bon potentiel de téléspectateurs quand le pouvoir d'achat général des marocains sera plus élevé.
    • Le Maroc encourage les écrivains dont les livres et BD peuvent à l'avenir se révéler des sujets de films.
    • Le Maroc est à la fois un pays arabe, berbère et africain proche de l'Europe
    • Le Maroc dispose d'un patrimoine de contes et légendes
    • Le Maroc est un pays où de nombreux films étrangers ont été produits
    • Le Maroc dispose d'un public à l'étranger(diaspora) auquel il doit proposer ses œuvres
    • Le Maroc dispose d'acteurs et comédiens réputés de la diaspora qui peuvent assurer son exportation en Occident.

    Syndicat(s)et organisation(s) professionnel(s)

    Notes

    1.  Son premier long métrageMarock, est produit en 2004 et figure dans la section Un certain regard au Festival de Cannes en 2005.
    2.  « 60% des Marocains ne vont pas au cinéma » in Aujourd’hui le Maroc par Qods Chabâa
    3.  inscrit au catalogue des Lumière sous le numéro 1394.
    4.  Le cinéma marocain par : Virginie Lelièvre
    5.  Le réalisateur débarqua à Marrakech avec armes et bagages (plus de 25 camions de matériel pour le tournage de ce film)
    6.  Un espion est assassiné à Marrakech et confie au Dr. Benjamin McKenna, rencontré la veille, qu'un attentat se prépare à Londres. McKenna et sa femme se retrouvent embarqués dans un complot international, obligés de se taire pour sauver leur fils gardé en otage.
    7.  Le cinéma marocain à l'heure d'Hollywood par Odile Tremblay
    8.  Ce festival devient l'un des principaux rendez-vous mondiaux du cinéma d'animation et représente le seul du genre sur l'ensemble du continent africain.

    Liens externes


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  • 13e édition du FIFM : Nour-Eddine Lakhmari président du Jury Courts Métrages de la compétition Cinécoles

     

    MAP - publié le Jeudi 31 Octobre 2013 à 00:02 modifié le Jeudi 31 Octobre 2013 - 00:07

     

     

    Le cinéaste marocain Nour-Eddine Lakhmari sera le président du Jury Courts Métrages de la compétition Cinécoles de la 13è édition du Festival International du Film de Marrakech (FIFM), qui se tient du 29 novembre au 7 décembre 2013.

     


    Nour-Eddine Lakhmari
    Nour-Eddine Lakhmari
    Le jury de cette compétition comprendra également la comédienne franco-espagnole Astrid Bergès-Frisbey, la réalisatrice et scénariste italienne Cristina Comencini, l'écrivain, réalisateur et scénariste afghan, Atiq Rahimi et la comédienne, réalisatrice, scénariste et écrivain française, Sylvie Testud. 

    Créé en 2010 pour la 10e édition du FIFM, ce concours de courts métrages est destiné aux élèves des instituts et écoles de cinéma du Maroc et offre, selon les organisateurs, l'occasion de présenter, pour la première fois au Maroc et dans le cadre d'une manifestation prestigieuse, le cinéma d'école. 

    A travers cette compétition, la Fondation du FIFM met en place un espace de création cinématographique et d'insertion professionnelle au profit des cinéastes en herbe, elle crée ainsi durant le Festival une véritable plate-forme d'échanges entre professionnels aguerris et jeunes cinéastes. 

    Le Prix du Court Métrage Cinécoles, destiné à révéler, parmi les élèves des écoles et instituts de cinéma marocains, un nouveau talent du 7e art national, sera décerné lors de la cérémonie de Clôture et du Palmarès du Festival le vendredi 6 décembre. 

    Doté par SAR le Prince Moulay Rachid, Président de la Fondation du Festival International du Film de Marrakech, d'un montant de 300.000 dirhams, le Prix du Court Métrage Cinécoles est remis au lauréat pour la réalisation de son second court métrage. 

    Gérée dans sa totalité par la Fondation du FIFM, la dotation doit être utilisée pour un nouveau film réalisé et achevé dans les 18 mois qui suivent la remise du Prix. 

    La Fondation du FIFM soutient ainsi la réalisation de cette seconde oeuvre à travers un regard et une participation aux différentes étapes successives d'écriture, de réalisation et de montage.

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  • [Critique] Djinns (2010)

     
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    Personnages légendaires de la culture orientale, les djinns sont plus connus chez nous sous une autre appellation, quelque peu faussée, les “génies” malfaisant qui retournent à leur avantage les fameux 3 voeux. Image très édulcorée de ces créatures mystiques peuplant le désert, directement citées dans l’amusant film Wishmaster de Robert Kurtzman et qui bizarrement n’avaient jamais […]

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    Texte de 

     

     
    CRITIQUE
     

    Personnages légendaires de la culture orientale, les djinns sont plus connus chez nous sous une autre appellation, quelque peu faussée, les “génies” malfaisant qui retournent à leur avantage les fameux 3 voeux. Image très édulcorée de ces créatures mystiques peuplant le désert, directement citées dans l’amusant film Wishmaster de Robert Kurtzman et qui bizarrement n’avaient jamais été traités au cinéma sous leur forme première. Comme quoi il reste toujours des sujets originaux à traiter par le septième art! Et la surprise c’est que la petite équipe derrière ce sujet complètement inédit, et bien elle est française. Au delà du cocorico de rigueur, il faut avouer que ça fait plaisir de voir des frenchies aborder le cinéma de genre avec sérieux et respect, et sous un angle totalement nouveau qui plus est. Car si le mariage des genres opéré dans Djinns, à savoir film de guerre et fantastique, a pu être observé récemment en Asie par exemple (au hasard dans le coréen maladroit R-Point), il reste relativement rare alors qu’il est d’une efficacité imparable, la tension d’une zone de guerre servant de terreau idéal à une mise en place sournoise de l’horreur qui peut même devenir une belle métaphore de la guerre elle-même. Avec une ambition qui ne faillit jamais, et qui sert le film autant qu’elle le dessert, le couple de réalisateurs livre une alternative fort intéressante à la vague de cinéma de genre français qui sévit depuis quelques années pour notre plus grand bonheur à nous, amateurs de cinéma alternatif (ou pas d’ailleurs). Loin d’être irréprochable, Djinns possède quelques atouts pour séduire.

    djinns 1 [Critique] Djinns (2010)

    Le couple de réalisateurs/scénaristes s’éloigne assez rapidement de toutes les dernières tentatives de cinéma de genre à la française. Ni horreur référentielle et maladroite à la Vertige ou Frontière(s), ni science-fiction intello souvent bancale à la Dante 01 ou Eden Log, et encore moins actionner horrifique burné mais foiré du type la Horde. En fait il semblerait même que l’aspect fantastique de leur film ne les intéresse pas tant que ça et serve surtout d’outil bien pratique pour catalyser des situations totalement ancrées dans l’humain et le réel. Malgré son titre et certaines ambitions de départ qui n’ont pas survécu au passage sur la table de montage (on sent violemment le charcutage pour entrer dans la case proche de 1h30), Djinns est donc avant tout un film de guerre, un film de soldats qui se retrouvent coincés dans un lieu qu’ils ne connaissent pas, ne maitrisent pas, et qui va à l’aide de ces créatures fantastiques faire éclater au grand jour leur côté sombre et leurs troubles psychologiques. L’idée est bonne mais on a la vilaine impression de voir un autre film que celui qu’on attendait, et ce genre de surprise n’est pas toujours agréable.

    Prenant place en pleine guerre d’Algérie Djinns développe un background plutôt intéressant étant donné le côté légèrement schizophrène de ce conflit que notre pays a toujours beaucoup de mal à accepter en tant que tel. Sujet tabou qui commence à être abordé par le cinéma français de façon extrêmement maladroite comme dans Hors la Loi ou sans concession aucune dans le magistral l’Ennemi Intime. Cette sale guerre sert ici de toile de fond poisseuse pour développer un véritable film de personnages, mais absolument pas un film choral comme veulent le présenter les réalisateurs, la structure ne correspondant vraiment pas. Si les djinns en question sont malheureusement bien trop rares à l’écran, ils servent évidemment le récit en dévoilant les blessures intérieures de chaque membre de l’escouade. Trauma de la guerre d’indochine, visions morbides, il est grandement question de culpabilité dans tout ça. Tous les personnages sont souillés à un certain niveau et les créatures ne font qu’illustrer et projeter par l’intermédiaire d’hallucinations leurs drames personnels. Si on comprends bien la parabole par rapport à la guerre, plutôt intelligente d’ailleurs, il reste l’impression par des récits secondaires abandonnés en cours de route que Djinns est une tentative de vrai film de genre qui ne s’assume pas complètement, et c’est dommage car le potentiel est énorme.

    djinns 2 [Critique] Djinns (2010)

    Si sur le fond on a vraiment l’impression d’un film bancal (pour une fois, une bonne 1/2h en plus serait bienvenue pour rattraper des ellipses foireuses) et parfois presque ennuyeux malgré les très bonnes idées, il faut avouer que sur la forme l’équipe a réussi à transcender un budget qu’on imagine relativement réduit. La photo de Pierre Cottereau est magnifique, la désaturation opérée s’éloignant des canons en vigueur dans tout film de guerre moderne ou des clichés inhérents aux paysages désertiques. Du côté mise en scène, on a droit à une alternance de plans larges dans un scope superbe et de mouvements caméra à l’épaule en plan séquence douloureux pour le crâne du pauvre spectateur. Les paysages trouvent un bel écrin et la tension obtenue à l’intérieur du village, dans un espace relativement réduit, se retrouve très efficace bien qu’on sente un peu trop l’influence d’Assaut de Carpenter. Il est amusant de noter que Djinns ne souffre pas tant que ça de références justement, car à part celle pré-citée et une scène qui rappelle furieusement Ring d’Hideo Nakata (une femme fantôme et un puits, forcément) ou une autre en souvenir de la bonne vieille horreur italienne (l’attaque des scorpions) l’ensemble reste très original.

    On en arrive à une des origines du sentiment mitigé qui nous accompagne à la sortie de la projection, les acteurs. Un film qui se base sur des relations de plus en plus tendues entre des personnages se doit de s’appuyer sur un casting irréprochable, et ce n’est vraiment pas le cas à cause d’un vilain petit canard qu’on retrouve un peu trop dans les dernières productions hexagonales. Soyons honnêtes, la grande majorité des acteurs s’en sortent très bien avec en tête le toujours très bon Saïd Taghmaoui qui a vu son rôle malheureusement réduit mais qui ridiculise facilement le reste du casting, à l’exception peut-être d’un Thierry Frémont en grande forme (bien qu’il en fasse parfois un peu trop) ou du duo Matthias Van Khache / Aurélien Wiik qui fonctionne à la perfection. Mais le gros soucis vient du personnage qui se retrouve dans un rôle central et qui est incarné par le très très mauvais Grégoire Leprince-Ringuet. L’acteur de la nouvelle génération semble être une valeur sure qu’on retrouve un peu partout en ce moment mais il va falloir que la profession ouvre les yeux, ce garçon joue comme un manche avec 2 expressions (“ahuri” et “a peur”) et plombe le film à lui tout seul, c’est une catastrophe! Pas mal de réserves donc dues à quelques choix plus que douteux au niveau du casting et du montage (les passionnants et graphiquement très très réussis djinns en souffrent terriblement), mais Djinns est un film qui mérite sa chance surtout grâce à une réelle ambition de nouveauté et un traitement visuel pas loin d’être irréprochable.

     

     

     


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  • Projet. Les quartiers font leur Cinéma

    • 15 Jui 2013
    • Par : Meryem Saadi
    • Culture
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    Projet.  Les quartiers  font leur Cinéma

     

     

    Tanjazoom n’est pas un festival comme les autres : les courts-métrages projetés ont tous été filmés, joués et montés par des jeunes issus de quartiers populaires. La deuxième édition a eu lieu à Tanger du 27 au 29 juin, couronnée par une cérémonie de remise des prix enflammée.

     

    Le jour de gloire est arrivé pour les 400 jeunes réunis ce soir dans la salle de la Cinémathèque du Rif de Tanger. Il est 20h, la cérémonie de remise des prix du festival Tanjazoom vient de commencer et ils ont hâte de savoir quels courts-métrages le jury a choisi de récompenser. Car ces films, ce sont les leurs, ceux qu’ils ont réalisés et qui ont été projetés durant les trois jours de ce festival de cinéma social, du 27 au 29 juin. Les yeux sont rivés sur le jury, présidé par la réalisatrice tangéroise Farida Belyazid, et composé notamment de l’actrice Fatym Layachi, l’enseignant et poète Jalal El Hakmaoui, l’homme de lettres Ahmed Abbou ou encore le militant associatif Salim Gharroudi. Et le gagnant est… A chaque fois que le nom d’un lauréat est annoncé, une explosion d’hystérie résonne dans la salle. Les yeux remplis de gratitude, les apprentis réalisateurs montent un à un récupérer leurs précieux trophées et passent de longues minutes à remercier toutes les personnes qui les ont aidés, de près ou de loin. C’est que ces jeunes reviennent de très loin justement.

     

    De la réalité au rêve

    Issus de milieux populaires, ils ont grandi dans un environnement social peu propice à la culture, encore moins au cinéma. Grâce à Tanjazoom, fruit du partenariat entre sept associations tangéroises et l’association espagnole Casal dels Infants, ils ont pu s’initier au 7ème art. “L’objectif est de donner à des jeunes Tangérois en difficulté scolaire les outils d’expression nécessaires pour qu’ils puissent décoder et déchiffrer leur réalité”, explique Claire Trichot, responsable du projet. Sur le terrain, cela se traduit par deux cycles de formation par an et  un accompagnement cinématographique, à la fois technique et thématique prodigué au sein des associations partenaires. Jusqu’à présent, plus de 400 jeunes âgés de 14 à 18 ans en ont bénéficié.

    “Vous savez, dans ces quartiers, heureusement qu’il y a des associations. Parce qu’à part les écoles, il n’y a absolument rien pour les jeunes”, explique Fadwa, jeune et jolie membre de l’une des associations participantes. Et ce ne sont pas les jeunes qui diront le contraire. En discutant avec eux, on comprend très vite que leurs éducateurs et leurs camarades sont pour eux une véritable famille de substitution. Leurs films, eux, montrent qu’ils ont un message à faire passer. Que ce soit avec humour ou avec sérieux, à chaque fois c’est un véritable cri au secours. Les thèmes sont très souvent les mêmes : la violence dans leur quartier, le harcèlement sexuel, les maux de l’éducation nationale. Le rap occupe également une large place, comme dans Nassah, du nom du rappeur qui est au cœur de ce court-métrage réalisé par l’association Jiwar et qui a remporté le premier prix. Et comme Nassah, tous ces jeunes veulent une seule chose : réussir à la force de leur talent. Certains se voient déjà acteurs, d’autres réalisateurs, monteurs ou ingénieurs du son. Une nouvelle perspective s’est donc ouverte à eux, grâce à Tanjazoom. Une très belle initiative, qui devrait être élargie d’urgence aux autres villes du Maroc.

     

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  • Cinéma. Let’s rock again

    • 29 Jui 2013
    • Par : Oumeima Er-rafay
    • Culture
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    Cinéma. Let’s rock again


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