• FICA : projection du film, l?autre côté du mur, de Denis Vericel : La vérité d?un peuple opprimé

    FICA : projection du film, l’autre côté du mur, de Denis Vericel : La vérité d’un peuple opprimé

    Denis Vericel, cinéaste, à El Moudjahid : «J’ai donné la parole au peuple sahraoui pour s’exprimer»

    PUBLIE LE : 23-12-2013 | 0:00
    D.R

    Le film documentaire «l’autre côté du mur, les indignés du Sahara Occidental», portant à l’écran la situation dramatique du peuple sahraoui, du cinéaste français Denis Vericel, a été projeté, samedi soir, à la salle El Mougar d’Alger, dans le cadre de la 4e édition du festival international du cinéma d’Alger (FICA). Un document didactique qui donne à voir l’image d’un peuple en lutte.

    C’est sous les regards d’un public nombreux, de tous âges, que le film documentaire du cinéaste français a été projeté. Autoproduit par le réalisateur avec la collaboration des amis du peuple du Sahara Occidental (APSO), le film, d’une durée de 49 minutes, relate chronologiquement l’histoire du Sahara Occidental, depuis l’occupation espagnole jusqu’à aujourd’hui.
    Les faits commencent en 1975, quand le peuple sahraoui avait riposté avec bravoure aux avancées de l’armée marocaine au nord, et à l’avancée mauritanienne au sud.
    Après 16 ans de guerre sans merci, le cessez-le-feu à eu lieu en 1991, mais ses clauses n’ont pas été respectées jusqu’à maintenant, du fait que l’accord signé était un préalable à un référendum d’autodétermination, lequel n’a pas encore vu le jour, avec notamment la poursuite des hostilités à l’encontre du peuple sahraoui qui vit dans des conditions humaines dégradées.
    Le film donne la parole, en outre, à des témoins qui ont subi de terribles tortures, à des militants politiques qui ont connu la prison, les camps d’internements et l’exil, à l’instar de Aminatou Haider, Si Mohamed Daddach, Dahha Rahmouni, avec une allocution du président Mohamed Abdelaziz.
    Autre aspect crucial, le documentaire dénonce l’injustice de l’exploitation des richesses du Sahara occidental par le Maroc, notamment le phosphore qui constitue un atout majeur des enjeux économiques. Mais aussi, le vaste littoral qui donne sur l’océan atlantique qu’occupe le Maroc.  
    L’autre côté du mur, produit en 2011, revient également sur les rapports accablants des organisations non gouvernementales, tels Human Rights Watch, Amnesty international et reporters sans frontières, qui ont dénoncé les atteintes aux libertés individuelles et collectives et le non-respect des droits de l’homme.
    Les événements du 8 novembre 2010 à Laâyoune ont été évoqués également, après le démantèlement du campement de Gdim Izik, situé à 12 km de la ville de la capitale sahraouie.
    Ainsi que les 165.000 réfugiés sahraouis accueillis par l’Algérie à Tindouf. Un mur de sable de 2.700 klm, érigé par le Maroc, sépare la population, néanmoins, la population sahraoui ne perd pas espoir d’être un jour réuni pour pouvoir exercer son droit : celui de l’autodétermination.
    Le cinéaste français a déjà réalisé plusieurs films documentaires. «L’autre côté du mur, les indignés du Sahara Occidental» est son dernier documentaire, toute sa filmographie gravite autour de la cause humaine.
    Kader Bentounès

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    Denis Vericel, cinéaste, à El Moudjahid
    «J’ai donné la parole au peuple sahraoui pour s’exprimer»

    Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à réaliser ce film ?
    J’ai voyagé une bonne dizaine de fois à travers le Sahara Occidental, j’ai découvert la culture sahraouie et la situation politique actuelle. ça m’a poussé à songer de travailler sur un projet de film en autoproduction en dehors des circuits traditionnels de production.

    Vous avez donnez la parole au peuple sahraoui à travers le documentaire.
    C’était vraiment le but de «l’autre côté du mur» ; donner la parole à la population sahraouie, lui donner un champ d’expression, à ses réfugiés et représentants des droits de l’homme. il y a eu également une petite allocution du président Mohamed Abdelaziz.

    Quel est le message que vous voulez véhiculer à travers le documentaire ?
    C’était leur donner la possibilité d’expliquer au monde comment le Sahara Occidental est aujourd’hui la dernière colonie d’Afrique, leur permettre de raconter l’histoire de leur pays, notamment ces 40 dernières années, où ils vivent dans l’occupation pour certains, dans l’exil pour d’autres, et de voir comment cette population est coupée en deux d’une manière complètement injuste.

    Vous ne croyez pas que le peuple sahraoui est isolé  médiatiquement ?
    Oui, le peuple sahraoui est très isolé médiatiquement. Il est très difficile de trouver des réseaux de diffusion, de production pour pouvoir réaliser quelque chose, il y a une volonté, notamment en France, de ne pas aborder le sujet. Ce n’est pas un manque d’écoute ou un manque d’intérêt, c’est une volonté de ne pas en parler.

    Vous avez parlé de problèmes de production, peut-on avoir de plus amples détails ?
    Pour réaliser un film, il faut trouver une chaîne de télévision qui donne son accord de diffusion. 
    le sujet que j’ai traité reste tabou en France, et les chaînes de télévision n’ont pas envie de prendre de risques à le diffuser. Certainement pour des enjeux diplomatiques qui sont très importants pour eux.

    Le documentaire a-t-il  bénéficié d’intérêt dans les festivals ?
    Dans les festivals, très peu,  mais on a pu organiser plusieurs projections dans les réseaux militants, dans des organisations engagées à la solidarité internationale. je suis très content d’avoir participé au festival international du cinéma d’Alger qui m’a permis de projeter le film. On veut essayer de communiquer la situation du Sahara Occidental, pas seulement en France.
    on a sous-titré le film en six langues, ça nous permet de travailler un peu partout afin de créer des conférences-débats pour essayer d’amener au public l’information sur la question sahraouie.

    Selon vous, quel impact pourrait avoir la projection de votre documentaire ?
    En projetant le documentaire, on se rend compte que les gens spectateurs n’ont aucune idée de la situation qui prévaut sur place, donc ils sont étonnés de ne pas être informés de la situation. ça suscite un débat, parfois houleux, et ça permet de mettre à plat cette question-là, et éventuellement proposer des idées et des  perspectives.
    Propos recueillis
    par Kader Bentounès

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