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    quand le cinéma dresse le portrait d’un homme d’exception

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    le 07.12.13 | 10h00

    zoom | © D. R.
     

     

    Il est des figures dont le parcours dépasse celui des personnages de fiction. Les portraits du fondateur de la nation Arc-en-ciel brossés par le cinéma n’ont pas réussi à retranscrire ni la grandeur ni les faiblesses de cet homme devenu une icône.

    Certes, plusieurs parties de sa vie ont été exploitées par le cinéma, notamment son séjour carcéral et ses combats pour la dignité, mais il n’y a, pour l’heure, pas de film à la hauteur de son œuvre. L’homme avait lui-même joué dans Malcolm X du réalisateur américain Spike Lee, endossant le rôle d’un professeur de Soweto récitant une partie d’un des discours les plus connus de Malcolm X : «Nous déclarons notre droit sur cette Terre à être des êtres humains, à être respectés comme êtres humains, de nous voir accordés les droits des êtres humains dans cette société, sur cette Terre, en ce jour, ce que nous avons l’intention d’amener à exister.» Il était aussi très cinéphile, arborant, en 2006, une casquette «Tsotsi» en référence au film sud-africain racontant l’histoire d’un enfant issu des townships.

    Mais les films retraçant le parcours de Madiba laisseront les spectateurs sur leur faim. Il y a, bien sûr, le fameux long-métrage de Clint Eastwood, Invictus. L’idée est belle : comment Nelson Mandela utilisa la Coupe du monde de rugby ainsi que l’équipe des Springboks, symbole des Blancs d’Afrique du Sud et de l’apartheid, pour tenter de réconcilier une nation toute entière sous le concept de Rainbow Nation. C’est le Mandela humaniste et rassembleur qui y est dépeint. Le jeu subtil de Morgan Freeman, qui endosse à merveille le rôle de Mandela, ne parviendra pas à faire passer le moule très hollywoodien dans lequel est confiné un aussi grand personnage.

    Il y eut aussi Good bye Bafana racontant l’histoire de James Gregory, un Sud-Africain blanc, gardien de la prison où était Nelson Mandela, de l’incarcération de ce dernier en 1964 à sa libération en 1990. Une tendre amitié se lie entre le militant noir et son geôlier blanc qui rêvent tous deux d’un avenir meilleur pour leur pays. Là encore, le film ne parvient pas à se débarrasser de l’angélisme et des bons sentiments. Plus récemment, le biopic Mandela, un long chemin vers la liberté, dont la sortie est prévue en décembre 2013, réalisé par Justin Chadwick, évite, selon les critiques, les clichés sur l’icône du premier Président noir, n’hésitant pas à présenter l’homme avec ses défauts. Le film, de l’avis des spectateurs, reste sans grande saveur.

    D’autres fictions comme A World Apart de Chris Menges, Une Saison blanche et sèche d’Euzhan Palcy, Cry Freedom de Richard Attenborough, Disgrace de Steve Jacobs ont tenté d’aborder la question de l’apartheid. C’est peut-être le documentaire qui aura le mieux cerné l’histoire du leader sud-africain. Même si certains films, comme Nelson Mandela, au nom de la liberté, peuvent paraître un peu simplistes dans leur façon de dénoncer le régime raciste.

    Homme d’exception, Nelson Mandela aurait sans doute mérité un meilleur traitement cinématographique avec tout ce que le personnage comporte comme contradictions. Il faut sans doute voir ces images prises par Raymond Depardon, documentariste, d’un Mandela silencieux pendant plus d’une minute pour tenter d’appréhender l’homme et son combat.
     

    Une vie de famille tumultueuse

     

    Le premier Président noir d’Afrique du Sud aura eu une vie de famille sulfureuse. Connu pour son côté séducteur, il s’est marié trois fois et eut, dit-on, plusieurs idylles. Nelson Mandela est père de six enfants et grand-père vingt fois. Il épouse en 1958 Winnie Mandela, devenue, lors de son incarcération, une figure emblématique de la résistance populaire. Après la libération du leader sud-africain, la femme fut jugée pour une sombre affaire d’enlèvement et de complicité dans le meurtre d’un jeune activiste de l’ANC. Le couple divorce en 1996. Maintenant que Madiba est mort, le Daily Mail révèle que sa famille, divisée en deux clans, se déchire autour d’une fortune de près de 10 millions d’euros ainsi que la gestion des deux fonds d’investissement créés par le défunt Président. (A. B.)

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