• Fodil Hamla : une persévérance sans commune mesure !

     
    Rencontré à Azazga, Fodil Hamla, acteur d’expression kabyle, connu et reconnu, a bien voulu répondre à nos questions.  Ecoutons-le. 
     
    Mon Journal : Présentez-vous à nos lecteurs  
    Fodil Hamla : Je me nomme Fodil Hamla et suis acteur de cinéma. Je réside à Tachrouft à Azazga. 
     
    Vos débuts sur la scène artistique ?
    J’ai commencé en 1994 et j’ai tenu le rôle de Meziane, le fils de Baya, celui qui tue le bachagha qui avait tué mon père dans le film. 
     
    Avez-vous connu quand même un certain vide ? 
    Effectivement, j’ai connu un certain vide qui m’a été imposé par la conjoncture de l’époque. Nous avons vécu une décennie semée de troubles durant les années 1990, comme vous le savez. 
     
    Vous avez repris en 2003…
    On m’a fait appel en janvier 2003 pour participer au tournage de Si Moh ou M’Hend. J’ai joué le rôle de cet illustre personnage dans ce long métrage de 35mm, d’une durée d’une heure.
     
    Mais nous ne le trouvons pas sur les étals ? 
    Ce long métrage n’est pas sur le marché. Sa projection se fait uniquement dans les salles.  
     
    Autres productions ? 
    En 2003 toujours, j’ai eu droit au rôle principal dans un long métrage en langue arabe Saison close. 
     
    Est-il projeté ? 
    Oui, il l’est dans les salles et sur les chaînes de la télévision nationale. 
    Sur le marché aussi ? 
    Non, il n’est pas commercialisé. 
     
    Pourquoi ? 
    Sa mise sur le marché relève de la production. Cette dernière étant souveraine et  prend seule les décisions. 
    J’ai tenu des rôles dans plusieurs longs métrages. Le tuteur de Madame la ministre a obtenu l’Olivier d’or lors du Festival international du film amazigh qui a été organisé à Annaba en 2007. J’ai interprété le rôle du tuteur. J’ai tenu aussi un autre rôle, principal toujours, dans le feuilleton Tejra Nelouz, composé de 22 épisodes. J’étais le médecin. Ce feuilleton a occupé les soirées de Ramadhan 2011 et a été projeté à la télévision nationale. Le tournage de ce film a duré 3 mois (avril, mai et juin 2011). 
    Enfin, Achrouf Idir, ancien animateur de la chaîne kabyle, Da Mhenni ellah irahmou, Fadhela Abdeslam ainsi que beaucoup d’autres ont participé au lancement du sit.com, un feuilleton humoristique en 2011 sous le titre générique Chavane d’iramdane. J’étais aide-soignant. 
    En 2012, j’ai participé à des spots publicitaires pour les produits le flan Nouara d’Alger. J’ai joué un rôle dans 3 clips de chansons des artistes Djamal Kaloun, les frères Houri et Malik Bilili. En 2013, j’ai eu droit aussi à participer au lancement des feuilletons Ikhef leh’na et Thinifith. 
    J’ai interprété le premier rôle là aussi. Ces deux feuilletons (le premier avec 22 épisodes, le second 30) ont été projetés durant le Ramadhan 2013 sur la Chaîne TV4. 
     
    Des projets en perspective ?
    Mémoire de scène, un long métrage en langue arabe en hommage à Abdelkader Alloula tué dans un attentat qui avait visé le Théâtre régional d’Oran le 10 mars 1994. J’étais un acteur de sa troupe théâtrale. 
    En cours de réalisation, vous verrez ce film dans les salles probablement en 2014. Enfin, le tournage de ce long métrage a été réalisé à Sétif. 
     
    Votre  impression sur la situation de la culture ?
    La culture tous styles confondus reprend peu à peu et connaît un certain essor dans certaines régions du pays. 
    Quant à Azazga, je suis sidéré de constater un grand vide. J’ai eu l’occasion de lire un article publié par votre quotidien qui en faisait mention.  Je vous signale que je suis un fervent lecteur de Mon Journal et vous l’avez probablement constaté, puisque je l’ai entre les mains. 
    Pour revenir au cas de la région d’Azazga, Dahmani Belaïd et Kaci Ferhat ont fait une juste analyse de la situation culturelle.  Les responsables doivent prendre des mesures pour apporter des solutions aux artistes qui sont délaissés et livrés à eux-mêmes. «Rendez à César ce qui appartient à César» est l’appel que je lance en direction des pouvoirs publics. Quant au cas du Centre culturel, il est édifiant à plus d’un titre. 
    Des projets en cours ?
    En cours de finalisation, nous avons un long métrage de 35mm de l’épopée de Krim Belkacem. J’ai joué le rôle de ce dernier sous le nom de capitaine Rabah. Le rôle principal a été échu à Sami Allam.
     
    Un bon souvenir ? 
    Lorsque je me retrouve avec mes amis(e)s, j’en garde toujours un bon souvenir.
    Un mauvais souvenir ?
    Je ne voudrais pas m’étaler là-dessus, car je ressens toujours une profonde douleur. Il s’agit de l’accident survenu à Bouzeguen le 1er  décembre 1995 et qui a causé des pertes humaines terribles.                           
     
    Votre vœu le plus cher ? 
    Que la culture reprenne sa place. Nous, artistes, méritons plus d’égards. Beaucoup des nôtres ont payé de leur vie. Le combat qu’ils ont mené ne doit pas rester vain.  
     
    Le mot de la fin
    Je remercie votre journal pour sa richesse. Le seul reproche que je fais est Mon Journal n’est pas disponible les après-midis. Je dois me lever tôt pour le trouver (rires). 
    Il  est donc très lu. Je vous remercie pour l’attention particulière que vous attachez aux hommes de culture.
    Entretien réalisé par Rachid Yahou
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