<h51 style="margin: 0px 0px 4px; padding: 0px; font-size: 1.1em; font-family: Verdana, sans-serif; color: rgb(164, 164, 160);">L’HISTOIRE DU CINEMA ALGERIEN EN DEBAT</h51>
Le débat a été modéré par des étudiants de l’ENSJSI et animé par les réalisateurs Amar Laskri, Ahmed Rachedi et Amine Kaïs. Les intervenants ont largement dépassé le sujet pour évoquer la situation actuelle du cinéma algérien. Prenant la parole, Amar Laskri a dit d’emblée que «le cinéma vit une crise identitaire». Il a indiqué que «la formation est quasi-inexistante et que le cinéma accuse des déficits en matière de production, scénarios, diffusion, financement et distribution». A cet effet, il a estimé que «la fermeture des salles de cinéma a été une décision catastrophique et qu’aujourd’hui il faut construire au moins deux salles par commune». Ahmed Rachedi, pour sa part, a rappelé «le rôle du cinéma durant la guerre de libération qui a constitué un moyen de contrer la propagande coloniale qui montrait l’Algérien comme un terroriste et non comme un résistant». Amine Kaïs, lui, est revenu sur les dernières années, estimant que «le cinéma doit accompagner les aspirations des jeunes». Il a mis l’accent sur la formation dans les métiers de scénariste et de réalisateur, d’ingénieurs de son, en déclarant «être prêt à former gratuitement dans ces domaines». Les jeunes étudiants de l’ENSJSI ont fait une présentation exhaustive de l’histoire du cinéma algérien en projetant des extraits de films phares qui ont fait la gloire de cet art audiovisuel. C’est ainsi que le cinéma algérien vit le jour au coeur de la guerre de libération. Sa naissance a eu lieu sous la domination française, il servait à répondre à la propagande du colonialisme français. Ce dernier avait empêché le développement de l'industrie algérienne de production de films au profit de la production française. Bien qu’une quinzaine de films fussent tournés par année, il n'y avait aucune industrie sur place et toute la post-production était faite en France. Ces films dressaient généralement un portrait caricatural des Algériens et des Arabes en général. Ils y étaient présentés sans profondeur, interchangeables et intemporels, et étaient toujours joués par des acteurs français. Le film «Le Désir » (1928) d'Albert Durec, qui traite du sujet de la polygamie, est un parfait exemple de l'approche superficielle du cinéma colonial. Les décors sont tout aussi caricaturaux : palmier, chameau, femmes lascives. La naissance approximative du cinéma algérien se situe en 1956 avec le film «Les Réfugiés», un court métrage 16 mm réalisé par Cécile Decugis (tourné en Tunisie). Ce film valut à son réalisateur deux années de détention dans les prisons françaises. En 1957, il y eut des courts métrages tournés par les élèves de l'Ecole de formation du cinéma : «Les Infirmières de l'ALN», «L'Attaque des mines de l'Ouenza », «l'Algérie en flammes», un court métrage 16 mm couleurs réalisé par René Vautier, produit par René Vautier et la D.E.F.A. (R.D.A.), en 1957-1958, «Sakiet Sidi Youssef», un autre court métrage, réalisé par Pierre Clément, en 1958, «Djazaïrouna», un long métrage réalisé par René Vautier en 1955 et des images de Djamel Chanderli prises au maquis (Réalisation : docteur Chaulet, Djamel Chanderli, Mohammed Lakhdar-Hamina - Producteur : Service Cinéma G.P.R.A. Citons également «J'ai huit ans», un court métrage réalisé par Yann et Olga le Masson et René Vautier (la préparation du film fut confiée à Frantz Fanon et René Vautier), «Yasmina», un court métrage réalisé par Djamel Chanderli et Mohammed Lakhdar- Hamina. Avec la création de Casbah Films, première société privée de production et de distribution cinématographiques qui appartenait à Yacef Saâdi, ce fut la réalisation du grand film «La Bataille d’Alger», de Gello Pontecorvo. Par la suite d’autres films vont être réalisés comme «l’Opium et le Bâton», d’Ahmed Rachedi, «leVent du Sud», «Chronique des années de braise» de Mohamed Lakhdar Hamina, et tant d’autres avant que le cinéma ne tombe dans le marasme.
Fatma Haouari