a Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo


Le film, produit par Saadi Yacef (chef de file du FLN pendant la dite bataille), se veut presque neutre. Presque, car il adopte tout de même le point de vue algérien, tel Ali, qui jeune déjà, voit des étrangers imposer leurs lois, cet homme, seul dans la rue d'un quartier français, dénoncé par les habitants de leur balcon, et dont l'unique pêché est d'être algérien, où encore ce jeune garçon tabassé par des français qui paye pour les autres.


Le film montre la violence telle quelle, radicale et sanglante, comme toutes guerres : attentats d'un côté et torture de l'autre. Pour cela, Pontecorvo nous montre des images crues (des cadavres qu'on extrait d'un attentat, des hommes épuisés par un interrogatoire costaud). 

Comme dit dans la présentation du film avant sa diffusion, les auteurs de ses actes se donnent des raisons, ils agissent dans un but, qu'ils croient bon.


Les personnages sont charismatiques. Ali et Djaafar combattent pour leur liberté, tandis que le colonel Mathieu a un réel respect pour ses adversaires. 

A la fin, le FLN est neutralisé en Alger, mais un militaire le croit définitivement neutraliser en Algérie, car « dans les montagnes, c'est plus facile ». La suite de l'Histoire prouvera qu'il aura tort.


En plus d'être un authentique chef d'œuvre de Cinéma (tourné avec seulement des amateurs, à l'exception de Jean Martin, qui joue le colonel Mathieu), La Bataille d'Alger se veut une formidable source documentaire, une grande leçon d'Histoire. A souligner aussi la superbe musique d'Ennio Morricone, dont le thème d'Ali est très envoûtant


Il est intéressant de savoir que le Pentagone a visionné le film en août 2003, afin d'éviter les erreurs qu'ont pu faire les militaires français. Mais on se rend compte finalement que la leçon n'a pas été retenue, comme l'on a pu voir avec les tortures infligées aux irakiens.

 
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