Photo du Jour ! les cinémas
Comme partout ailleurs, le cinéma était à Constantine une distraction touchant le plus grand nombre. Constantine possédait un certain nombre de salles réparties sur les différents quartiers de la ville.
Je vais tenter ici d'évoquer de ces différentes salles, en sachant que les informations que j'ai pu recueillir sont parfois un peu contradictoires ou incomplètes. Je compte donc sur tous ceux qui auraient des précisions ou des documents à me faire parvenir pour enrichir cette page. Je les remercie par avance.

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Article paru en 1934
Le Nunez - Le Royal - Le Rhumel

Cette salle située près du pont de Sidi Rached à la sortie de la Souika (Ras El Kantara). On prend à droite la montée qui mène à la grande poste et au théâtre de Constantine : boulevard Berteaux devenu rue Bounab Ali. Derrière le cinéma il y a le quartier Bab Djabia et en face la caserne des pompiers.
Au départ la salle nommée le Nunez, devient le Royal en 1958. Son directeur était M. Gilbert Ghristi. Aujourd'hui ce cinéma se nomme le Rhumel.
![]() Le Royal ... |
![]() ... devenu le Rhumel. |
Le Colisée
Le cinéma le Colisée faisait partie du Casino municipal situé près de la place Lamoricière et aujourd'hui détruit.
J'en profite pour préciser que le Casino n'a pas été détruit pour des raisons morales ou religieuses, mais parceque, comme beaucoup d'autres édifices constantinois, il était victime des glissements de terrain. Son emplacement correspondait à un remblai datant de l'arrasement du Coudiat.
Cette salle avait la particularité d'avoir un toit qui coulissait pour profiter des douces soirées d'été.
Le Colisée
L'ABC - El-Anouar
Le cinéma ABC situé à Bellevue, rue Laveran, a été inauguré en 1948. Son directeur est alors M. Victor Allessandra. La salle était alors de 700 places.
En 1959 la salle est rénovée et agrandie pouvant alors accueillir 1100 spectateurs et permettait la projection des films en CinémaScope. Son directeur est alors M. Ruscica.
Cette salle a la particularité d'avoir deux plafonds roulants donnant une aération idéale.
La scène pouvait également recevoir toutes sortes de spectacles.
![]() L'ABC dans les années 50 |
![]() Ce cinéma aujourd'hui |
La salle de l'ABC
avec "Jeux Interdits" à l'affiche
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Cirta Palace - Cinémathèque Cirta
Le cinéma Cirta Palace faisait partie de l'hôtel du même nom situé avenu d'Angleterre. Il a été créé lors de l'agrandissement de l'hôtel. (Voir photo de la salle en haut de cette page dans l'article de 1934).
Il semble que cette salle soit devenue la Cinémathèque de Constantine, jusqu'à disparaître en 1995 dans un incendie (voir article ci-dessous). Est-ce cette cinémathèque qui devait être déménagée dans la salle de l'ancien cinéma Vox
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Jeudi,12 juillet 2001
Cinémathèque Cirta de Constantine - L’histoire à la rescousse de l’histoire. Constantine qui ne dispose actuellement que de quelques "pseudo" salles de cinéma dispersées sporadiquement sur une aire limitée de la ville et détournées pour la plupart de leur principale finalité, est en voie de se faire délester de la dernière "parcelle" de son patrimoine culturel : le musée du cinéma "Cirta". Delizia Ben
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Le Vox - Le Triomphe - Cinémathèque El Nasser
Le cinéma Vox se situait en bas de la rue de France (ou rue du sergent Atlan) aujourd'hui rue du 19 juin 1965. Devenu ensuitele Triomphe, aujourd'hui cette salle a été rénovée pour accueillir la Cinémathèque.

![]() La salle située en bas de la rue de France |
![]() La salle en cours de rénovation en 2004 |
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La cinémathèque de Constantine toujours fermée malgré l'engagement de la ministre La Tribune, 14 Octobre 2006 Il y a une année Khalida Toumi promettait sa réouverture une quinzaine de jours plus tard. Jour pour jour il y a une année, en visite de travail et d'inspection, la ministre de la Culture annonçait, non sans triomphalisme, que la salle de répertoire de la cinémathèque de Constantine allait rouvrir ses portes dans la quinzaine qui suivait, et plus précisément le jour de l'Aïd El Fitr. Depuis, deux Aïd sont passés, un troisième arrive et point de réouverture de la fameuse salle. Dans l'euphorie de l'annonce, le wali alors fraîchement installé et ne connaissant pas encore l'univers impalpable de la ville de la culture, des arts et de la science, emboîtait le pas quelques semaines plus tard à Khalida Toumi en invitant les Constantinois à se délecter des films qui allaient y être projetés et mieux encore à titre gracieux une semaine durant. A. Boudiaf ne pouvait pas tout savoir. Tout d'abord la salle n'était pas prête du fait qu'elle n'avait pas encore été définitivement réceptionnée (absence du PV de conformité de la protection civile) et si tant est qu'elle l'aurait été, elle ne disposait pas du matériel de projection. Ce qui, excusez du peu, n'est pas rien. Mme Toumi, dans la foulée, donnera le nom de celui qui serait le directeur de la cinémathèque, lequel, contacté par nos soins, démentira tambour battant l'information dans les heures qui suivront, déclinant la proposition pour des raisons que, par manque d'espace, nous ne pourrons pas détailler. Passée l'euphorie de la déclaration ministérielle, le scoop pour les journalistes, l'émerveillement des officiels, l'attente des cinéphiles éternels lampistes, poindra hélas la triste réalité. Les jours, les semaines, les mois et enfin l'année passeront sans qu'un seul rai de projecteur ne macule l'écran. Une année après, nous avons de nouveau contacté, mardi dernier, le ministère de la Culture. Il y a lieu de souligner que nous le faisions presque régulièrement depuis une année pour obtenir les réponses les plus farfelues. Celles obtenues mardi dernier ne dépareillent en rien de celles que nous avons obtenu deux mois après la visite de Khalida Toumi. Notre première interlocutrice était Mme Zahia Yahi, chef de cabinet, qui nous dira en substance : « Ah ! oui la cinémathèque de Constantine, je sais qu'il devrait y avoir des travaux de réfection pour qu'elle rouvre.» (sic). La salle a été restaurée il y a plus de deux ans. Et notre interlocutrice de poursuivre « écoutez de toutes les manières, je vais vous orienter sur quelqu'un qui connaît à fond le dossier». Elle l'appelle effectivement pour dire à M. Hadj Tahar, chargé du développement et de la promotion du cinéma, de nous prendre en charge. 48 heures plus tard, c'est au cadre concerné que nous avons affaire. «Vous savez, le problème, en fait il y en a deux. Le premier est que le ministère a doté la salle d'un appareil de projection, mais il semblerait que celui-ci ne soit pas adapté. Le second consiste en un problème de câblage et d'installation électrique assez complexe.» (re-sic). La Tribune avait fait état de l'obsolescence du matériel déplacé avant, pendant et après son installation illustration à l'appui. L'appareil avait été prélevé d'un ciné-bus déglingué et hors d'usage du temps de la révolution culturelle. La difficulté résidait en une inadaptation de la distance focale, d'où une image indicible. Quant à l'installation électrique complexe, il ne s'agissait ni plus ni moins que d'un gros câble qui, sur instruction de la protection civile, devait être gainé pour éviter tous risques. L'appareil de projection est toujours sur place, l'installation électrique a été rendue conforme plus de cinq mois après la visite de Khalida Toumi et le PV de conformité n'a été remis par la protection civile que récemment dans la mesure où la direction des sapeurs pompiers avait également exigé de connaître la nature du revêtement des sièges pour établir leur qualité d'ininflammabilité ou leur lenteur à prendre feu dans la limite des normes en vigueur. En conclusion donc, la ministre de la Culture a lancé, au petit bonheur la chance, une information pour faire plaisir aux journalistes qui l'avait questionné sur la réouverture de la cinémathèque. Ses collaborateurs l'ont suivi en déplaçant le premier matériel trouvé en cours de route au moment où ceux qui lui sont les plus proches, et plus grave encore directement concernés, ignorent finalement tout de la situation. Ce qui est certain, c'est que tout ce monde-là ne risquera pas d'être dérangé, et encore moins par une dizaine de travailleurs qui sont payés à ne rien faire, juste à assurer une permanence à tour de rôle pour se consacrer à un emploi ailleurs, et un directeur de la culture trop occupé, à telle enseigne que lorsque nous lui avons fait part du refus de répondre favorablement à la proposition de la ministre désignant untel au poste de directeur de la cinémathèque, il nous a répondu sans peur du ridicule : «Eh bien ! Nous ferons la proposition à son frère il est bien un peu dans le créneau.» A. Lemili |
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L'Olympia à Bab El Kantara devenu Numidia
Ouvert en 1953, il est doté d'un écran panoramique.

L'Alhambra
L'Alhambra se trouvait à proximité du Cirta, à la place de l'actuelle mosquée du Bardo et il semble que son appartenance d'origine revient à la famille Chentli. C'était un cinéma avec salle en plein air, précurseur des "drive in", la salle couverte construite en plus grande partie en bois avec des gros risques d'incendie a été fermée par mesure administrative.

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D'autres salles de cinéma
On peut également citer d'autres salles constantinoises :
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Le Versailles à Sidi Mabrouk, ouvert en 1955, devenu El-Andalous
" Le cinéma Versailles de Sidi Mabrouk y est toujours et diffuse toujours des films (cassettes vidéos), pas des films à l'ancienne (bobines) parce que le cinema à Constantine a perdu son public de jadis, et c'est bien dommage." - Le Régent (sans aucun renseignement).
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Pour terminer je précise qu'à l'heure actuelle il y a des projections, entre autre dans le cadre de festivals, dans les salles culturelles que sont Malek Haddad (Bellevue) et El-Khelifa (ex garage Citroën).
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Un état des lieux bien sombre, mais sûrement vrai !
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La Tribune Jeudi 10 Août 2006 Un cinéma à Constantine entre rêve et cauchemar Au lendemain de l'indépendance, la seule ville de Constantine s'enorgueillissait de 8 salles de cinéma : Le Versailles, Le Triomphe, L'Olympia, Le Colisée, Le Royal, L'ABC, Le Cirta et La Paroissiale, une salle qui relevait de l'évêché et qui n'en fonctionnait pas moins en tant que telle. Bilan aujourd'hui : il ne reste qu'une seule salle fonctionnelle si tant est qu'un coupe-gorge puisse être affublé du statut de cinéma. Il s'agit en l'occurrence du Royal. Dans ces colonnes, nous avions glosé à satiété sur cet antre de la lie de la ville auquel l'île de la Tortue ressemblerait à une station du Club Med. Rendez-vous incontournable des homosexuels, petites frappes, dealers, balances, c' est un monde interlope implanté à moitié dans la vieille ville tout en ayant pignon sur rue sur une partie européenne. Et tout cela à une vingtaine de mètres du siège d'un commissariat de police. Le Colisée, fleuron architectural, une sorte de multiplexe avant l'heure avec son casino, sa boîte de nuit, sa brasserie, ses terrasses, une salle de spectacle entièrement capitonnée de velours rouge vermillon, murs et sièges, doté de loges aux balcons a été démoli pour des raisons restées obscures à l'exception du pactole ramassé par les commanditaires de cette décision auprès des entreprises chargées de la besogne à savoir la démolition et la réalisation d'une hideuse agora aujourd'hui noircie par les gaz d'antédiluviens autobus. Le Versailles et l'Olympia, cinéma de quartier par excellence parce que situés dans des faubourgs populaires, après une fermeture qui a duré plus d'une décennie ont été cédés au petit bonheur la chance dans le cadre plus d'un deal que d'une cession réglementaire à un affairiste qui est à la culture en général et au cinéma en particulier ce qu'est le silex à l'énergie cosmique. Ces deux salles viennent d'être récupérées par la municipalité sur décision des tribunaux. Mais en attendant leur locataire s'est tiré avec la caisse après les avoir exploitées un peu plus de deux années et y avoir procédé à des aménagements en contradiction avec le cahier des charges parce que n'ayant aucun lien avec la prestation réelle. En plus clair, il y a aménagé des salles de jeux, des gargotes, taxiphones, vitrines pour la friperie à l'occasion, et. Med H., vice-président à l'APC, il y a trois semaines, nous avait annoncé «la récupération définitive des salles» tout en nous faisant part de l'int ention de l'administration de les concéder dans un cadre réglementaire à toute personne physique ou morale qui remplirait les conditions. Délit de faciès hier, dans une salle aujourd'hui défigurée L'ABC qui est le nec plus ultra du chic et du clinquant dans la ville des Ponts est située ou était située dans un quartier huppé (il ne l'est plus) à telle enseigne que le personnel de la salle s'autorisait la sélection de la clientèle sur le simple critère du faciès. Durant la guerre d'Algérie, les femmes voilées n'étaient pas autorisées à y accéder quel que soit leur standing et très souvent le port de la cravate était exigé pour les Arabes. C'est dire. A l'heure actuelle, la salle a été dégarnie, les sièges remplacés par des tables où des gérontes spécialistes des conteneurs viennent «roucouler» avec des filles qui n'ont même pas l'âge de puberté. Les conditions d'attribution de cette salle qui englobe dix fonds de commerce relèvent de la plus grande extravagance. Le bénéficiaire des lieux qui a obtenu la location pour une bouchée de pain y a maintenant racines et il est fort probable qu'il en soit délogé au vu du traitement du dossier à hauteur des prétoires. Le train de sénateur semblant être le sport de prédilection des personnes toutes responsabilités concernées impliquées dans la chaîne du système prévalant. Enfin le Triomphe et le Cirta qui sont devenus au début des années 80 des salles de répertoire de la cinémathèque algérienne sont fermées. La première pour des raisons surréalistes dont la Tribune n'a eu cesse d'évoquer les contours. La deuxième ayant été ravagée par un incendie tout en étant au centre d'un contentieux juridique entre le ministère de la Culture, les héritiers Chentli, propriétaires des lieux et ayant bénéficié de la restitution de la salle sur décision du gouvernement et, enfin l'EGT Est qui s'est invité en dernier à la «fête», estimant que la salle lui appartenait également parce qu'elle est mitoyenne de l'hôtel Cirta. Un imbroglio qui ferait un excellent scénario pour du cinéma italien. Cet état des lieux établis et quoi qu'il puisse arriver et si toutes solutions étaient trouvées au marasme ambiant, il faudrait également au moins une autre dizaine d'années pour que les salles soient réhabilitées, équipées d'un matériel moderne compte tenu du fait que le cinéma aujourd'hui est doté de l'image en relief, son en dolby surround, sièges ergonomiques, climatisation, conditions de sécurité pleinement remplies etc., etc. Tout cela, comme l'a si bien stigmatisé un cadre du ministère se fera ou sera obtenu «le jour où les poules auront des dents». Pour l'anecdote, rappelons que les héritiers Chentli avaient été spoliés par le pouvoir de Ben Bella de cinq salles de cinéma. Ils en ont récupéré trois (Aïn Beïda-Meskana-Tébessa en attendant celle de Constantine). Le défunt Chentli avait anticipé sur la décision de l'époque en transformant l'Alhambra, toujours à Constantine en mosquée . C'était le meilleur moyen de tailler des croupières à un pouvoir qui excellait dans les abus de pouvoir et atteinte au droit à la propriété. A. Lemili |
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La Tribune 14 Décembre 2006 Algérie: 7ème art à Constantine, les grandes batailles du passé Des sexagénaires se souviennent qu'il y avait des salles et même des ciné-clubs militants. Avant toute chose, la question simple est de savoir s'il est encore possible d'«aller au cinéma» à Constantine. La réponse est non. On peut en être surpris mais telle est la réalité qui, à bien y voir, ne dérange nullement ceux qui continuent à répéter sans se décourager le sempiternel discours sur Constantine «ville de culture et de savoir». Et d'ailleurs, y a-t-il une raison pour que le cinéma soit mieux loti que les autres expressions culturelles dès lors que çà et là se tient un festival -du malouf pour faire court- qui fait illusion un temps ? L'illustration la plus récente de cette véritable descente aux enfers aura été fournie il y a encore peu avec la diffusion algérienne du film Mon colonel, produit par Costa Gavras et dont certaines séquences avaient été filmées dans la ville des Ponts, qui aura été vu un peu partout sauf à Constantine faute de salle pour l'accueillir. Existe-t-il des amis du cinéma que la situation émeut au point de vouloir se mobiliser et s'organiser pour défendre la place du septième art ? Sans doute, et faut-il en plus regarder en direction de ceux, flirtant avec la soixantaine, qui ont connu ce qui fait figure aujourd'hui de période dorée pour le cinéma avec salles, programmes bihebdomadaires et même des ciné-clubs aux vertus militantes. R. B., aux engagements politiques connus, rappelle les débats houleux du ciné-club universitaire : «On était en pleine révolution agraire et de volontariat des étudiants. La salle Annasr accueillait le ciné-club universitaire et le film était presque toujours prétexte à des empoignades politiques.» Des temps lointains et cette même salle qui, selon les anciens Constantinois, a eu ses heures de gloire sous le nom de «Vox», avait reçu à la fin des années quatre-vingt-dix l'une des dernières flammes de l'engagement des cinéphiles locaux. En l'espèce, le conflit, assez compliqué en vérité, concernait le sort de la première salle rattachée à la cinémathèque algérienne, le mythique Cirta attenant à l'hôtel éponyme qui faisait l'objet d'une procédure judiciaire initiée par des héritiers soucieux de récupérer leurs droits. La cinémathèque Cirta avait abrité, en particulier, le «Panorama du cinéma algérien» au coeur des années quatre-vingt qui avait fait, pour un temps, de Constantine un authentique rendez-vous du cinéma algérien et de tous ceux qui y étaient attachés. C. B., alors journaliste à Révolution africaine se souvient d'«un happening constantinois, fiévreux et libertaire où tout le monde refaisait le monde après avoir vu Anna K de Gavras ou débattu doctement avec Ahmed Bedjaoui ou Sembène Ousmane». Une association s'était donc créée dans le but de maintenir la salle Cirta dans le giron de la cinémathèque qui rassemblait employés, cinéphiles et quelques figures du progressisme local. Les assemblées générales, passionnées, selon ceux qui y avaient pris part, s'étaient ainsi succédé et bien malin qui peut aujourd'hui dire sans risque de se tromper les résultats d'un combat incertain. Il faut désormais rechercher par le bouche-à-oreille ceux qui furent de cette ultime bataille, et le fait notable reste qu'à l'occasion de sa première visite officielle à Constantine, lors du Ramadhan 2005 et en marge d'une improbable «Khardja de Sidi Rached», la ministre de la Culture avait cru pouvoir annoncer la réouverture de la cinémathèque Annasr pour le mois suivant et cela à la surprise de beaucoup de monde et notamment de celui qui était annoncé comme directeur de la salle rénovée, Hachemi Zertal. Figure connue du cinéma algérien, M. Zertal, co-directeur avec Rachid Nafir de la cinémathèque de Constantine, avait tenté, à son retour d'un exil parisien, de relancer le cinéma d'abord au travers de la distribution -il avait même fait l'événement avec Excalibur et surtout le Titanic- puis en prenant en charge le Massinissa, salle de spectacle d'El Khroub, avant de se tourner vers la production et de se délocaliser, sans surprise, à Alger. Même la salle El Khalifa a payé un temps son écot au cinéma et on avait pu revoir devant la porte d'entrée les placards publicitaires faisant fonction d'affiche. Cela n'a pas duré parce que les travaux de réfection n'ont pas repris sans que nul sache réellement pourquoi. Les nostalgiques tiennent que le sort du cinéma à Constantine avait été de manière prémonitoire scellé avec la destruction, dans les années soixante-dix, du complexe le «Casino» et de la belle salle du «Colisée» et les plus avertis comptabilisent les écheveaux juridiques qui continuent d'empêcher les pouvoirs publics -notamment le téléaste Hazourli en charge des dossiers culturels au niveau de l'APC- de reprendre en main le cinéma et de rendre les célèbres salles de la ville au public. A Constantine, la réalité continue de primer sur la fiction. Meriem Merdaci |
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Le cinéma a-t-il une chance ? Le sort des quatre salles de cinéma que compte l'APC de Constantine dans son patrimoine est aujourd'hui en débat. En effet, l'APC de Constantine qui avait introduit une action en justice pour récupérer ces salles, mise en location dans les années 80, a eu gain de cause pour deux d'entre elles et reste en attente de la décision de la cour suprême pour les deux autres. Mais déjà, la question d'en faire quoi se pose. La vice-présidente chargée de la commission du patrimoine, Mme Leila Bellil, que nous avons contacté nous précise qu'un premier jugement a été rendu en faveur de l'APC, en ce qui concerne deux de ces salles de cinéma, à savoir le Rhumel (ex-Royal) et El-Anouar (ex-ABC), mais il y a eu pourvoi en cassation. Quant aux salles El-Andalous (ex-Versailles) et Numidia ( l'Olympia), la cause est entendue et il ne s'agit, selon notre interlocutrice, que de régler la question des arriérés du loyer par voie judiciaire. Est-il alors question de recentrer ces salles qui ont connu d'autres fortunes par le passé sur l'activité cinématographique ? A cette question, notre interlocutrice répondra par une autre. La question reste surtout de savoir si, vraiment, un investissement lourd permettant de rendre la vocation initiale à ces salles de cinéma ne sera pas une pure perte ? Autrement dit, si un tel projet sera rentable pour l'APC. Mais au sein de l'assemblée, les avis semblent partagés même si on s'est accordé sur la décision d'entamer l'aménagement des bâtisses qui se trouvent dans un état déplorable. Mais l'esquisse d'une solution à même de mettre tout le monde d'accord est en train de se dessiner. Celle dont nous parlera la vice-présidente de l'APC et qui consiste à tenter une première expérience avec une salle de cinéma pour décider ensuite de ce qui doit suivre. Une telle solution permettra ainsi de régler, même partiellement, le problème de l'inexistence du septième art dans une ville comme Constantine et de voir la réaction du public face à cette initiative. Tant il est vrai qu'une ville comme Constantine ne dispose pas de salles de cinéma. Faudrait-il encore, nous dira notre interlocutrice, qu'une fois la nouvelle salle de cinéma mise en service ne servira pas des navets aux cinéphiles. Ceci pour dire que le public avec la profusion de chaînes satellitaires sera pour le moins exigeant sur la qualité des films qui lui seront proposés. On revient donc immanquablement aux moyens financiers à mettre en oeuvre et donc à la capacité de l'APC à les consentir. S. Benabdelkader |
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La Tribune - 14 février 2007 Salles de cinéma à Constantine : 5 ans de procédure pour récupérer le Versailles et l'Olympia Quand une institution de l'Etat se désengage d'une ou de plusieurs de ses activités notamment publiques, le relais pris par le repreneur devrait assurément obéir au respect des dispositions mûrement étudiées contenues dans un cahier des charges. C'est une règle élémentaire dans une société dotée d'une administration normale. Quand on prend en exemple la cession des salles de spectacle (cinémas) de la wilaya de Constantine, le citoyen ordinaire ne pourrait que s'étonner des conditions dans lesquelles celles-ci ont été littéralement données à des personnes qui n'avaient rien à voir avec l'exercice du métier. Il est vrai qu'il ne peut certainement pas être reproché aux bénéficiaires d'avoir contourné les procédures d'obtention du marché, dans la mesure où ils ont répondu à un appel d'offres paru dans les journaux...,à vrai dire un seul journal sans vraiment une large publicité. Ce qui a eu évidemment à chaque fois pour effet de restreindre au maximum le nombre de postulants, pour ne pas dire les limiter à un seul, généralement « initié ». De telles situations ont profité, durant ce qui est qualifié de décennie tragique et l'instabilité des institutions aidant, à de véritables requins qui ont fait main basse sur des salles, à l'image du Versailles ou de l'Olympia, deux salles de quartier au sens le plus noble du terme pour en faire des bouges en y opérant des réaménagements illégaux en période normale. Compte tenu d'une architecture propice parce que prévue pour accueillir et mettre à leur aise les spectateurs et donc en plus d'assurer la prestation cinéma, plusieurs annexes intégrées seront dévoyées pour faire office de fast-food, salles de jeux et taxiphone. Tout ce qui naguère était interdit à la périphérie de la salle pour éviter la déperdition des jeunes allait en faire partie intégrante. Bien entendu, les deux salles fonctionneront rarement comme salles de cinéma à l'exception de la projection de films sur support vidéo dont le thème était la violence, le sexe, la drogue et la corruption. Le retour à une relative sérénité à partir de l'année 2000 allait quelque peu dévoiler le pot aux roses et mettre en situation inconfortable ceux-là mêmes qui, en étant élus dans une conjoncture confuse, n'ont pas fait de détails dans leurs largesses au profit de relations personnelles parfois mais surtout contre intéressement et au détriment des institutions étatiques. A partir de 2002, l'APC basculant au profit du FLN allait inciter les nouveaux élus à revoir toute la gestion de leur prédécesseur (RND) et remettre progressivement de l'ordre dans la maison. Le Versailles et l'Olympia faisaient partie de la récupération, entre autres, d'une partie du patrimoine communal. Toutefois, si les deux salles ont été cédées dans des conditions très discutables, leur récupération allait s'avérer des plus compliquées en raison d'une question de respect du droit (sic) qu'ont fait prévaloir leurs bénéficiaires, qui, durant toute cette période, se sont « assis » sur les devoirs qu'ils étaient tenus de respecter. Mais au-delà de toutes ces péripéties et dans l'éventualité d'une réouverture imminente, ce qui n'est pas à exclure non plus compte tenu de la réelle volonté de Hazourli Mohamed, vice-président concerné ès qualités au niveau de l'APC de le faire même si depuis près de trois années ses engagements sont restés des voux pieux, il se posera à l'évidence la question tout d'abord de la réhabilitation des lieux et ensuite des voies et moyens de les remplir et, pour ce faire, plusieurs autres éléments d'appréciation posent problème. A commencer par le renouvellement de l'équipement (cabine de projection) et, partant, la mise à niveau du reste des équipements, la source d'approvisionnement en films... Ce qui n'est pas à franchement parler une sinécure, même si M. Hazourli pense autrement. En tout état de cause, il nous a dit au cours de la journée de mardi dernier que « dans l'immédiat, nous envisageons de rouvrir le Versailles. L'aspect technico-financier est ficelé et le dossier sera soumis dans sa globalité à l'assemblée pour délibération. Après quoi, nous trouverons les moyens logistiques idoines pour que la salle fonctionne ». Nous aimerions partager l'optimisme de notre interlocuteur sauf qu'une salle de cinéma, même dans un style « cinéma Paradisio », est une machine qui ne fonctionne plus comme du temps où étaient projetés sur les écrans constantinois des films de Douglas Fairbanks Jr., Spencer Tracy, Randolph Scott ou encore Dilup Kumar, sinon Rochdi Abada et Farid Chawki. Fréquenter une salle obscure, organiser une sortie cinéma entre amis ou en famille est ailleurs...,en fait sous d'autres cieux, une activité budgétisée au même titre que la sortie restaurant, le pique-nique ou l'achat d'un nouvel élément ménager. Alors, de là à voir ces deux monuments que sont le Versailles ou l'Olympia réinvestis comme au bon vieux temps quand il fallait faire une chaîne (ordonnée est-il tout de même nécessaire de le souligner) pour prendre son billet et vivre le film dans une parfaite communion avec le reste du public, il existe un fossé que tout Constantinois rationnel ne franchirait pas. A. L. |
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Liberté 18 février 2007 Réhabilitation de salles de cinéma à Constantine 5 millions de DA débloqués par l'APC Après une léthargie qui a duré deux décennies, le septième art semble susciter de nouveau l'intérêt des responsables locaux. Madani R |
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La Tribune : mercredi 21 février 2007 Le cinéma Cirta au milieu d'un imbroglio administratif Il y a dix ans, le cabinet du wali de Constantine invitait les héritiers Chentli à se préparer à une procédure de récupération d'une salle de cinéma qui leur avait été retirée trente-trois années auparavant sous le régime de Ben Bella dans le cadre d'une mesure politique par laquelle l'Etat algérien nationalisait les salles de spectacle dont les propriétaires étaient en majorité des particuliers. Les héritiers ne pouvaient qu'être surpris le 7 juillet 1997 par un courrier qui leur apprenait que leurs biens leur étaient restitués conformément aux dispositions d'un arrêté interministériel conclu entre les ministères de l'Intérieur, des Finances et de la Culture. A aucun moment ils n'ont cherché à se défendre contre cette spoliation et atteinte à la propriété privée eu égard à la dimension de la partie adverse : l'Etat. En apprenant par conséquent la réparation du préjudice subi, ils ont réagi plus par circonspection que satisfaction car, tout était encore possible dans ce pays homérique ou chimérique qu'est l'Algérie. Ils n'avaient pas tort foncièrement, car, si les pouvoirs publics, aussi puissants que pouvaient l'être les trois ministères, avaient conjointement décidé de la restitution de biens à leurs propriétaires, d'autres protagonistes allaient entrer en jeu. Le premier sera la Cinémathèque d'Alger qui avait profité de l'affectation de cet espace « propriété » de la commune de Constantine pour en faire une salle de répertoire. De tribunal en tribunal, il sera établi que les héritiers Chentli étaient effectivement propriétaires du commerce eu égard aux documents officiels dont ils disposaient, notamment ceux prouvant qu'ils ont fait partie en tant que porteurs d'actions au sein du groupe propriétaires du commerce sus-évoqué, d'une part, et en qualité de propriétaires uniques ensuite, grâce à l'achat de l'intégralité des actions d'où ce titre à la une du journal régional la Dépêche : un propriétaire terrien investit dans la culture... le jeu de mots ne valait pas roupie de sansonnet mais, néanmoins, il apportait la preuve irréfutable que les héritiers Chentli étaient bel et bien propriétaires de quelque chose dans ce dossier. Si le fonds de commerce était reconnu aux Chentli, que restait-il à la Cinémathèque d'Alger ? Les murs évidemment, ce qui n'est pas négligeable dans la mesure où la jouissance des lieux pouvait être négociée avec l'adversaire... Sauf qu'une tierce partie allait s'inviter au débat, en l'occurrence l'Entreprise de gestion touristique de l'Est (EGT Est), laquelle, à son tour, estimait que la salle de cinéma étaitpartie intégrante de l'hôtel Cirta, il découlait de source qu'elle relevait directement de son patrimoine. Là également l'EGT Est a jugé plus opportun de recourir à la justice pour faire valoir ses droits... qu'elle a vraisemblablement établis et obtenus. En vérité, dans ce dossier où toutes les parties s'en sont allées tous azimuts les unes contre les autres et pratiquement dans le désordre, chacun des protagonistes jure détenir la vérité. Nous avons tenté de les contacter une à une pour apprendre que « aujourd'hui nous avons tous les documents établissant notre droit de propriété sur la salle de cinéma Cirta et, pourrait-il en être autrement puisqu'elle fait partie de l'hôtel. Nous ne dénions pas le droit aux héritiers Chentli de détenir la preuve que partiellement le fonds de commerce leur appartient à hauteur de 400 actions sur 1 000. Nous n'évacuons d'ailleurs pas l'idée de les indemniser à hauteur de cette marge. Quant à la Cinémathèque d'Alger, que la justice a déboutée à notre profit, nous ne voyons pas d'inconvénient également à ce que la salle soit exploitée dans un sens purement culturel selon des conditions qui seront établies jusque-là. Sinon la salle est et restera propriété de l'EGT Est », affirme un représentant de cette entreprise. Dans cet ordre d'idées, la direction de l'entreprise aurait même envisagé de récupérer la salle il y a quelques semaines par recours à huissier de justice. Une mesure qui aurait été décalée en raison d'une brèche restée ouverte dans les attendus de l'arrêt du tribunal et pouvant tout remettre en cause ou tout simplement rendre caduque d'une manière définitive toute la procédure engagée depuis près de six ans. En tout état de cause, l'arrêt en question est en cours de correction et il n'est pas exclu que l'EGT Est réoccupe les lieux par la force publique. S'agissant des héritiers Chentli, aussi bien C. H. que B. H. affirment « ne pas être perturbés par ce brassage d'air. Notre famille est restée sereine le jour où elle a été spoliée. Trente-trois ans après, elle est réhabilitée sans qu'aucun de nous ait couru après l'arbitraire commis à ses dépens. Aujourd'hui, l'EGT Est estime que les murs lui appartiennent, qu'il en soit ainsi, mais, question d'indemnisation, nous ne nous contenterons pas des 400 parts affirmées par la direction de cette entreprise sachant que nous disposons de tous les arguments de nature à démonter cette version comme nous disposons également de documents qui datent de l'année 1949 qui prouvent que le fonds de commerce nous appartient entièrement [1 000 parts ndlr]. » Enfin, quelques jours avant sa suspension, Hassan Hadj, directeur de la Cinémathèque d'Alger, n'en revenait pas de la version selon laquelle l'institution qu'il dirigeait était encore partie prenante dans ce contentieux : « Je crois savoir, selon l'évolution des derniers événements, que la Cinémathèque d'Alger a été déboutée dans cette affaire. Maintenant si vous me dites que pour l'EGT Est nous restons encore un interlocuteur, ce n'est que bénéfice pour l'institution. » Cela étant, rappelons que la salle de cinéma Cirta avait été l'objet d'un incendie ravageur au cours de l'année 1995. Elle avait été réhabilitée une dizaine d'années auparavant pour accueillir des événements de dimension internationale matérialisés par les Journées maghrébines du cinéma et d'autres festivals thématiques qui réalisaient la performance de drainer les grandes foules et faisaient que Constantine devenait le rendez-vous incontournable de cinéastes étrangers émergents pour devenir ensuite de grands noms du cinéma mondial, dont certains ont même obtenu la consécration suprême à de nombreux festivals, dont celui de Cannes et l'oscar du meilleur film étranger (Jane Campion : la Leçon de piano). Pour autant, peut-on considérer que le feuilleton de la salle Cirta est définitivement terminé ? D'une manière ou d'une autre... certainement. A. L. |
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La Nouvelle République - 27mars 2007 Cinémathèque de Constantine Réouverte fin 2003 après une période de fermeture de deux ans pour travaux de rénovation, la salle «An-Nasr» de la cinémathèque de Constantine, n'a toujours pas reçu les équipements qui lui permettraient de reprendre ses activités et d'accueillir à nouveau le public. |
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La Tribune - Jeudi 5 avril 2007
Le cinéma revient à Constantine
Un riche programme de projections de films est concocté par le CCF A Constantine, le Centre culturel français a concocté pour les deux mois à venir (avril et mai) un intéressant programme à l'intention des cinéphiles. Il est vrai, et pour cause, que le CCF reste dans l'obligation de ne porter à l'endroit du public que les films réalisés et produits en totalité par les cinéastes ou producteurs de l'Hexagone sinon co-réalisés ou produits dans le cadre de procédures et autres mécanismes spécifiques aux institutions françaises dont il faut honnêtement reconnaître l'engagement culturel sans exclusive au profit de tout auteur pour peu que l'ouvre mérite d'être encouragée. La profondeur des films programmés est telle qu'elle pourrait mettre mal à l'aise le spectateur algérien en ce sens que les thèmes évoqués sont très présents ou commencent à le devenir dans sa vie de tous les jours. Ces choses de la vie, au demeurant ordinaires et banales pour la société occidentale, abordées au cinéma et livrées au public et plus particulièrement algérien, ne seraient pas sans mener à un tumulte intérieur chez le spectateur en ce sens qu'à travers les films elles lui renvoient des situations qu'il se passerait bien de soumettre à un rétro-travail de conscience. Du très noir Après la vie (de Lucas Belvaux avec Gilbert Melki et Dominique Blanc) et dérangeant Si je t'aime, prends garde à toi (de Jeanne Labrune avec Nathalie Baye et Daniel Duval) à Rencontre avec le dragon (de Hélène Angel avec Daniel Auteil et Sergi Lopez) et Stormy Weather (de Solveig Anspach avec Elodie Bouchez, Didda Jonsdottir) en passant par l'oppressant Harry, un ami qui vous veut du bien (de Dominique Moll avec Laurent Lucas, Sergi Lopez et Mathilde Seigner), en tout, onze films qui passent tous les jeudis à 17 heures. Il est vrai, toutefois, que le challenge du Centre culturel français est difficile à relever, pour une évidente raison de déconnexion du public, voire des publics et ce, même si l'entrée est gratuite. A Constantine et certainement comme partout ailleurs, outre la désaffection générale des Algériens à l'endroit du cinéma, il existe aujourd'hui deux types de public. Celui que constituent les quinquagénaires et au-delà, ceux-là mêmes qui ont eu des accointances avec le cinéma en des temps où seules les salles de spectacle en tant que facteur de distraction autorisaient une certaine forme d'évasion d'une part, et, ceux qui avaient tout simplement des atomes crochus avec le septième art parce qu'ils y trouvaient matière à disserter ou encore de larges horizons pour toutes formes d'éclectisme. Comme il se trouve ceux qui ne savent même pas comment est faite une salle de cinéma et que l'on peut qualifier, sans leur faire insulte, d'enfants de la télé. Toutefois d'une manière subreptice, le public serait, selon le chargé de la communication du CCF, en train de se reconstituer. Chaque jeudi qui passe, la petite et agréable salle de cinéma connaît un, deux, voire trois spectateurs de plus. Pour notre interlocuteur, « c'est environ une cinquantaine de personnes qui viennent régulièrement regarder un film. Le public est mixte, en général son âge oscille entre 18 et 25 ans. Cela n'exclut pas pour autant la présence de cinéphiles entre deux âges. L'avantage est que le public a une attitude responsable puisqu'une fois le film lancé, spontanément, les téléphones mobiles sont éteints et rares sont les chuchotements. A vrai dire, le public est vraiment captivé, voire captif de cette tranche de temps magique où il retrouve, pour certains, l'aspect inégalable d'un écran et, pour d'autres, des instants de communion autour d'un même centre d'intérêt ». Ce deuxième cycle devrait prendre fin au mois de mai prochain. A. L. La Tribune |
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La Tribune - 12 Avril 2007 Cinémathèque de Constantine, chassé-croisé autour de la salle Cirta Depuis l'incendie qui l'a ravagé, il y a presque douze ans, rarement le Cirta, la deuxième salle de répertoire de la cinémathèque algérienne à Constantine avait polarisé un tel intérêt des responsables de la culture et plus particulièrement ceux du ministère du même nom comme au cours de cette dernière décade. Il y a de cela huit jours, le secrétaire général du ministère de la Culture, mettant à profit un déplacement dans l'est du pays pour l'installation du directeur de la culture de la wilaya de Skikda, a pris langue ou inversement avec les responsables de l'Entreprise de gestion touristique de l'Est (EGTE), laquelle entreprise, est-il besoin de le ressasser, a fait savoir depuis quelques années son intention de se réapproprier la salle de cinéma le Cirta au motif qu'elle est partie intégrante de l'hôtel et qu'en tant que telle elle ne pouvait que lui appartenir. Pourtant, ce n'est que, bien sûr, sur le tard que l'EGTE s'est découvert un droit de propriété sur la salle de spectacles et presque après huit années de procédures qui n'avaient impliqué que les héritiers Chentli réputés depuis 1949 propriétaires de la salle, avant sa nationalisation, et la cinémathèque algérienne. Vraisemblablement, le dernier mot serait revenu à cette dernière, consacrée propriétaire des murs sans que soit dénié aux héritiers Chentli le droit sur le fonds de commerce.
L'EGTE s'invitera par la suite dans le carrousel judiciaire en s'opposant à toute velléité de récupération de la salle par la cinémathèque algérienne et ce, jusqu'à en obtenir un arrêt de justice qui aurait pu être mis en exécution, il y a de cela quelques mois, n'était un détail dans la rédaction du document. Un détail qui, semblerait-il, aurait fait avorter toutes les procédures engagées depuis le début de l'année 2000. En fait, tout cela ne peut empêcher une vérité vraie : tôt ou tard la salle devait revenir à l'EGTE et toutes les démarches contraires ne feraient que renvoyer en vain un dossier logiquement clos au regard du droit.
Et c'est sans doute cette réalité incontournable qui a conduit la ministre de la Culture à autoriser son secrétaire à rencontrer le staff dirigeant de l'Entreprise de gestion touristique de l'est, mercredi 4 avril, pour convenir des voies et moyens de cession sans faire trop de vagues et pourquoi pas évoquer des mesures compensatoires sachant que le secteur de la culture a énormément investi dans cette salle bien que, à l'heure actuelle, si le bâtiment a de la superbe, l'intérieur ne soit qu'un amas de décombres. Mais, si la restitution a des chances de se confirmer dans les semaines ou mois à venir, il est une autre réalité intangible qui consiste à faire garder à la salle sa vocation initiale dans tous les cas de figure. C'est l'une des dispositions non compressibles de l'arrêté interministériel de 1997 disposant du cadre d'application relatif à la restitution des salles de spectacles à leurs propriétaires. Cela étant, c'est une autre délégation conduite par le directeur de la Cinémathèque d'Alger qui s'est encore déplacée à Constantine lundi dernier. Les membres de celle-ci auraient fait le déplacement pour constater de visu la situation de la salle pour, semblerait-il, «faire une proposition de réhabilitation à madame la ministre dans le cadre d'Alger, capitale de la culture arabe». C'est du moins la version officielle donnée par la délégation aux travailleurs de la Cinémathèque de Constantine qui l'accompagnaient. Il n'était pas question, évidemment, de les alarmer quant à la suite de ce qui allait être décidé a posteriori. Pour la responsable de la communication de l'EGTE, il était «clair que l'entreprise va récupérer la salle pour la simple raison qu'elle est forte de son droit. Cela dit, même au niveau du ministère de la Culture, il n'y a pas de réelle opposition pour ce faire, à l'exception du maintien de la vocation de la salle. A ce stade de la réflexion, en quoi cela dérangerait-il l'hôtel qu'il en soit ainsi ? Sauf qu'il faudrait en réglementer la situation et mettre fin à un contentieux qui n'arrête pas de perdurer sans réel profit pour toutes les parties». Soulignons en conclusion, qu'il n'y a pas que la salle de spectacles qui soit au centre d'un contentieux mais également plusieurs fonds de commerce que l'EGTE est en voie de récupérer par voie de justice. Ce dossier, lourd à gérer, a énormément pesé et ce, jusqu'à remettre en cause les opérations de cession de l'hôtel à des investisseurs étrangers. A. Lemili |
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El Watan - 21 février 2008
Salles de cinéma
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La Tribune - 26 novembre 2008
Les salles vivent une situation sombre
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La Tribune - 25 mars 2010
Des personnalités ont décliné la proposition du poste
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La Tribune - 29 mars 2010
Un cadre du ministère de la Culture à Constantine
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La Tribune - 7 octobre 2010
Fermées et livrées à l'abandon
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La Tribune - 23 décembre 2010
Salles de projection à Constantine
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La Tribune - 23 décembre 2010
La décision de leur réhabilitation tarde à venir
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Algérie Soir - 1er mars 2011 Prochaine réouverture des salles de cinéma An-Nasr et l'ABC, à Constantine Les salles de cinéma An-Nasr et l'ABC de Constantine seront rouvertes ''d'ici fin 2011'', a indiqué le directeur de la culture, lundi en marge de la cérémonie de clôture des journées cinématographiques de la ville. La réouverture de ces deux salles, demeurées longtemps fermées, permettra à la cité du Rocher de remédier à une ''fausse note'' en matière culturelle et donnera à la ville la possibilité d'abriter de grands festivals dédiés au 7e art, a souligné le même responsable. Le baisser de rideau des journées cinématographiques a eu lieu en présence de figures marquantes du cinéma algérien, à l'image de la grande actrice Chafia Boudraâ dont la seule présence au palais de la culture Malek-Haddad qui a abrité la manifestation a constitué un petit événement, de nombreux cinéphiles voulant coûte que coûte l'approcher et lui dire quelques mots. Durant trois jours, le public constantinois a eu à découvrir la créativité, le professionnalisme et le talent de plusieurs cinéastes algériens, à travers 6 courts-métrages et 2 films parmi lesquels ''Le dernier passager'' de Mounès Khammar, et ''Hors la loi'' de Rachid Bouchareb. Le défunt Larbi Zekkal, Chafia Boudraâ, affectueusement surnommée ''La Aïni'' par référence à son rôle inoubliable dans ''L'incendie'' du regretté Mustapha Badie, et l'homme de radio Djamel-Eddine Hazourli, avaient, rappelle-t-on, été honorés lors de l'ouverture, samedi dernier, de ces journées cinématographiques qui ont permis aux Constantinois de renouer avec l'ambiance particulière des salles obscures. |
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La Tribune - 17 novembre 2012
Dans le cadre de la réhabilitation des salles relevant du CNC
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Les travaux de réhabilitation de la salle de répertoire de la cinémathèque Annasr, engagés par la Dlep et achevés, voilà plus de trois années déjà, souffrent, apprend-on, de malfaçons et de non-conformité aux exigences des cahiers des charges.
«C'est la dernière séquence.C'est la dernière séance.Le rideau va tomber», ce sont les paroles d'un tube d'Eddy Mitchell ô combien applicable à la situation des salles de cinéma de Constantine et plus particulièrement de celles qu'on appelle les cinémas de quartier. Bab-El-Kantra (Olympia), Bellevue (ABC), Sidi-Mabrouk (Versailles), Souika (Royal), la rue de France (Triomphe puis cinémathèque) et Bardo (Cirta puis deuxième cinémathèque et le défunt Alhambra victime d'un incendie durant les années cinquante) ont, depuis que l'industrie du cinéma est née et que le septième art s'est installé en Algérie, eu leur salle.
Photo : A. Lemili
Photo : A. Lemili
De notre correspondant à Constantine