Dès l’avènement de l’islam, le sort des musulmans et des juifs a été étroitement lié, mais un peu plus d’un siècle de conflit a suffi à occulter dans les mémoires treize siècles d’une histoire commune souvent pacifique et parfois harmonieuse. Elle commence dans la péninsule Arabique, où l’islam voit le jour au VIIe siècle, par la parole et l’enseignement de son fondateur, Mahomet, et se poursuit à Jérusalem, où au XIIe siècle, le conquérant Saladin respectera églises et synagogues, durant le mythique âge d’or du royaume d’al-Andalus (711-1492) et dans la Maison judéo-musulmane de la sagesse fondée à Bagdad par la dynastie abbasside… Jusqu’à la rupture violente du XXe siècle, les deux religions n’ont cessé de dialoguer, non sans épisodes douloureux, comme le massacre de Grenade, en 1066, durant lequel la population juive est décimée par ses voisins musulmans. Le judaïsme a ainsi fortement inspiré Mahomet, qui en reconnaît les prophètes ? Ibrahim (Abraham), Moussa (Moïse) ou Joseph (Youssef). Trois siècles plus tard, c’est sous l’influence des penseurs musulmans que le rabbin Saadia Gaon proposera une interprétation de la Thora puisée dans la philosophie grecque. (ARTE)
</section>