• yes Semiane directeur du centre algérien de la cinématographie

     

     

    Lyes Semiane directeur du centre algérien de la cinématographie

    « On compte rendre hommage aux pionniers du cinéma algérien »

    Entretien réalisé par Samira Sidhoum 
    Publié le 26 juin 2013

    Il est aujourd’hui directeur du centre algérien de la cinématographie. Un poste que sa vocation lui rend bien, puisque cet homme de plume d’abord, a toujours trempé dans le 7e art. Pétri dans l’essence même du cinéma auquel il voue une passion indéfectible et assurément naturelle. Lui qui n’a jamais cessé de se détacher des salles obscures, car comme il le dit si bien, rien ne vaut de plonger dans un fauteuil d’une salle de cinéma pour pénétrer dans la magie du grand écran. L’unique manière d’apprécier un film. Voici raconté par lui-même, Lyes Semiane, l’histoire d’un homme attaché au cinéma. Confidences.

    Parlez-nous de votre parcours...
    Je me rappelle de mes débuts comme si cela datait d’hier. C’était lors du 1er festival culturel panafricain en 1969. J’étais alors rédacteur. Et une fois le festival clôturé, je me suis retrouvé à la sous-direction des arts audiovisuels et, depuis 1970, je n’ai pas quitté le cinéma. Une histoire est née. Puis, j’ai rejoint le centre de la diffusion cinématographique et j’avais pour tâche d’organiser des projections en plein air à travers tout le territoire national. Puis, j’ai réintégré le ministère et actuellement je suis directeur du centre algérien de la cinématographie.

    Une question naïve. Quelle est votre vision de l’état actuel du 7e art en Algérie ?
    Le cinéma algérien connaît une nouvelle dynamique, à la lumière des œuvres et autres productions réalisées ces dernières années dont certaines ont été primées dans des festivals internationaux. Le cinéma algérien, après une période de quasi disparition, reprend son souffle, grâce aux aides financières et matérielles accordées par le ministère de la Culture et les autres instances du cinéma nationales ainsi que les pouvoirs locaux dans certaines wilayas du pays. Ces aides doivent être suivies d’un renforcement des infrastructures cinématographiques, notamment par l’ouverture de salles de cinéma à travers le pays, pour permettre au public la découverte des œuvres réalisées, qui ne sont malheureusement projetées que dans les salles de certaines villes du pays. Le cinéma algérien se distingue par la qualité et le professionnalisme, traitant de thèmes sociaux profonds. Le cinéma algérien a le courage de soulever des sujets politiques et sociaux. Ce professionnalisme est relevé dans les œuvres cinématographiques qui sont présentées aux festivals internationaux ou à la télévision.

    Cela est-il suffisant pour relancer le secteur ? 
    Notre pays, avec les moyens et l’expérience dont il dispose dans le domaine cinématographique, va certainement connaître une véritable relance, de par l’existence d’une pléiade de jeunes qui, chaque jour, démontrent leurs talents et savoir faire artistique, à considérer les prix récoltés à différents festivals et rencontres cinématographiques internationales.

    Des insuffisances ? 
    Comme partout ailleurs, il y a en effet des lacunes. Le cinéma algérien a besoin de vrais scénaristes. Il faut le dire, le cinéma algérien souffre d’un manque flagrant de scénaristes. Il est important de relever l’amalgame qui existe entre les dialoguistes et les scénaristes dans différentes productions cinématographiques.

    Des regrets ? 
    L’idéal serait que les cinéastes jouent un rôle dans le développement du goût du public en lui présentant des films de qualité pour l’habituer à fréquenter les salles de cinéma. Nous avons sombré dans un océan de films à but lucratif sous prétexte que le public aime ça.

    Vous êtes pétri dans le 7e art. Quelle est la part de plaisir subjectif, cinéphilique et la part d’enjeu idéologique dans vos choix de programmation ?
    La programmation est faite collectivement et ne relève pas uniquement du goût. La perception immédiate du spectateur, une perception qui peut être définie plus ou moins consciemment par une culture particulière. Mais pour moi, ces deux activités se complètent, car écrire c’est finalement une manière de programmer sa propre histoire du cinéma et programmer, c’est écrire une histoire du cinéma.

    En tant qu’institution, que cherche la cinémathèque à transmettre ? 
    Tout d’abord, l’Etat veut assurément enclencher une nouvelle dynamique pour permettre à la production nationale de renaître de ses cendres et de rencontrer un public. On essaye de re-fidéliser le public en ramenant une bonne programmation de films récents et réapprendre à fréquenter les salles de cinéma. Notre priorité est de préserver des copies de films, surtout les archives. Il faut sauver le patrimoine et l’identité nationale de la production cinématographique algérienne.

    Des projets en vue ? 
    Nous ambitionnons de rénover, sur l’ensemble des wilayas, les salles de répertoire et d’autres espaces de projection. On envisage de rouvrir deux salles de répertoire (Constantine et Khenchela), à l’occasion de la célébration du 5 juillet, fête de la jeunesse et de l’indépendance. On compte également rendre, avant la fin de l’année, un hommage aux pionniers du cinéma algérien, à l’exemple d’Ahmed Hussein, Mahieddine Moussaoui, Mouni Berrah, Yahia Ben Mabrouk. Autre projet, on vise à éditer une revue mensuelle de la cinémathèque.

    S. S.

    « fictionsles affiches des films algeriens »
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