• Tchebchaq maricane ou l’innocence volée par une «décennie» sanglante

    L’avant-première du court métrage a eu lieu lundi à la cinémathèque : 

     
     

    Tchebchaq maricane, c’est un jeu, une époque. C’est aussi le titre d’un film, format court métrage, réalisé par Amel Blidi, dont l’avant-première a eu lieu lundi soir à la Cinémathèque algérienne, dans le cadre de la semaine du court métrage qui a débuté samedi et s’est terminée hier.

    En 26’08’’, la réalisatrice évoque l’un des moments les plus douloureux qu’a vécus le pays et les traumatismes provoqués sur de larges pans de la société. Ici, il s’agit de l’enfance. Deux amies, Samia et Nouara, tout juste âgées de 12 ans, qui vont subir, malgré elles et l’insouciance qui devrait caractériser tout enfant de cet âge-là, les affres d’une période qui les marquera à jamais.

    L’histoire se déroule donc en 1995, dans une banlieue de la capitale Alger, ayant déjà commencé à connaître des attentats terroristes. «Samia et Nouara, 12 ans, sont les meilleures amies du monde. Un matin, des coups de feu résonnent dans leur monde, faisant taire les rires et les jeux.

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    En quelques jours, la violence, qui leur paraissait lointaine, éclate devant elles, remodelant leurs vies et modifiant leurs comportements…», indique la réalisatrice dans son synopsis. Faisant des va-et-vient entre le présent, Samia à l’âge adulte avec sa fille, et le passé, Samia enfant, faisant tout pour «récupérer» son amie, dont le père avait été assassiné par les terroristes, et alors que les habitants du quartier sont convaincus que c’était son père à elle qui était la cible, la réalisatrice nous relate, sous le prisme de deux enfants, «l’incompréhension qu’a vécue une génération aujourd’hui trentenaire face à ce qui est appelé décennie noire ou tragédie nationale et dont on peine encore à en évoquer les tourments».

    D’après Amel Blidi, son scénario, qui «se nourrit du réel», précise-t-elle, établit «un croisement entre une histoire personnelle et un drame qui a endeuillé de nombreuses familles algériennes». Les jeunes comédiennes Ghazi Ritadj Dalia et Mila Boussouf, présentes à la Cinémathèque à l’occasion de cette avant-première, qui ont superbement interprétées les rôles de Samia et Nouara, n’ont pu cacher leur joie d’avoir pris part à ce film, notamment en jouant aux côtés des expérimentés Samia Meziane et Samir El Hakim.A noter que le film est aussi un hommage à Nasser Medjkane, son directeur photo, décédé en janvier 2020 (le tournage du film a eu lieu près de deux ans auparavant).

    D’ailleurs, la réalisatrice n’a pas manqué de signaler cela à la fin de la projection en évoquant le plus que le défunt avait apporté au projet. Tchebchaq maricane, première fiction d’Amel Blidi, qui a déjà réalisé trois films documentaires, sera programmé prochainement dans nombre de salles en Algérie.

     

     

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