• Quid de «Babour el louh» et de «Yemma III» Du glamour à la harga…

    Ce Ramadhan 2022, le public a droit notamment, à plusieurs dramas, dont ces deux feuilletons, deux façons de raconter en fiction et cela, sous l’œil de deux réalisateurs tunisiens, l’Algérie d’aujourdhui, à travers sa beauté et ses blessures…

    Il faut de tout pour faire un monde et surtout de tous les genres, pour divertir le téléspectateur algérien des plus exigeants durant le mois de Ramadhan. Les deux sont projetés sur la chaîne Echourouk Tv et signés par des réalisateurs tunisiens. «Babour El Louh» est signé par le Tunisien Nasreddine Shili et produit par l'Algérien Imad Hanouda, tandis que le feuilleton «Yemma» est réalisé par Madih Belaïd. «Babor el louh» se veut être un drama sociopolitique, abordant des thèmes très graves tels la misère, le chomage, la harga, le racisme, l'infidélité..

    «Babour el louh» dénonce sans détour le phénomène de la harga sur fond de souffrance humaine, avec tout plein de malheurs socio-familiaux qui en découlent ou qui cohabitent à côté, tels la maladie, la détresse humaine, le tout dans un environnement hostile, tourné d'ailleurs dans des conditions difficiles, à Arzew dans l'ouest du pays.

    De son côté, «Yemma», se veut être beaucoup plus glamour abordant des sujets tout aussi graves sur fond d'enquête policière. «Babour el louh a comme personnage principal Kader Djeriou qui, rappelons-le, avait voulu entamer le tournage de ce feuilleton, juste après le succès phénoménal du feuilleton «Ouled lehlal» et profiter ainsi du succès de ce dernier pour continuer à fédérer un public qu'il avait déjà acquis précédemment. C'est pourquoi beaucoup des comédiens de «Ouled lehlal» vont se retrouver dans «Babor el louh» qui connaîtra mille péripéties pour voir enfin le jour.

    Il a fallu trois ans avant que le public ne puisse enfin le voir sur le petit écran. Avant cela, le feuilleton a été diffusé l'année dernière sur la plateforme Yara, mais sans connaître le grand succès escompté. Le choix se portera enfin cette année sur la chaîne télé Echourouk qui acceptera de le diffuser. Ecrit par la Tunisienne Faten Chadli d'après une histoire d'Abdelkader Djeriou et de Nasreddine Shili, il est à noter que le scénario a été revu et corrigé par le script doctor Smail Soufi. En ce qui concerne «Yemma», le scénario a été écrit par le réalisateur lui-même.


    Du héros tragique à la froideur du boss
    Kader Djeriou alias Hasni est le principal personnage autour duquel vont se cristalliser tout les événements du feuilleton «Babor el louh». Il représente le héros tragique. Ayant bien étudié le théâtre et la philosophie, Abdelakder Djeriou, à la longue expérience dans le domaine dramaturgique, maîtrise son rôle. Parfois même un peu trop jusqu'à «surjouer», par moment, tant il aspire à faire rendre l'émotion palpable! Celle-ci est indéniablement là, mais... Djeriou est entouré par une pléiade d'acteurs aussi bons les uns que les autres. D'ailleurs, il expliquera lui-même dans une émission télé que le réalisateur met beaucoup l'accent sur le jeu des acteurs.

    Un bon point donc pour ce feuilleton, à contrario de «Yemma» qui arrive cette année à sa troisième saison. «Yemma» a comme comédiens principaux, Mohamed Reghis, Mounia Benfeghoul et Malika Belbey. Le feuilleton se base sur un scénario éclaté, entre des va-et-vient incessants, entre passé et présent. Un scénario bien ficelé qui se traduit comme une sorte de puzzle qui prend de plus en plus forme.

    Si l'image est belle et bien léchée, lés décors (filmés beaucoup plus à l'intérieur) tout aussi bien recherchés, le hic se situe justement au niveau de l'interprétation des comédiens et des dialogues. Le feuilleton se base un peu sur la troisième langue celle du consensus (comme au théâtre) et disons- le sur le politiquement correct qu'exige la chaîne Echourouk ( Ce qui peut parfois agacer, en revanche plus que servir le propos du feuilleton).

    Ceci étant dit, la faiblesse du jeu remarquée de certains comédiens qui passent à côté de la densité et profondeur émotionnelle qu'exige la personnalité de leur personnages est rehaussée à l'écran par la complexité du scénario qui s'affine de plus en plus et ne fait que se creuser durant ces derniers épisodes ce qui est excellent en soi, car c'est ce qui pousse le téléspectateur à suivre le feuilleton de bout en bout depuis ses débuts et ne pas le lâcher jusqu'à aujourdhui.

    Seul bémol qui est en train de s'améliorer un peu est le rythme lent des dialogues et du feuilleton lui -même, qui est calqué souvent sur les feuilletons mexicains ou turcs. En effet, l'on remarque souvent un blanc qui perdure avec un gros plan caméra sur les visages, notamment quand Khaled et Malek parlent entre eux, par exemple, ce qui accentue l'aspect théâtral des personnages. «Si Babour el louh» a mis plus de six mois pour être tourné, «Yemma», lui, se fait souvent dans la hâte, même s'il s'achève avant le mois de Ramadhan.

    Les comédiens n'ont, par conséquent, pas beaucoup de temps pour répéter hélas et cela se voit et s'en ressent à l'écran. Toutefois, la production a su comment happer l'attention du spectateur grâce au travail de montage qui se base sur le suspense des événements. Il est à regretter, cependant, nous l'avons dit, plus haut, le manque d'émotion que l'on continue à rechercher désespérément chez certains comédiens, nonobstant quelques fulgurances qui viennent nous surprendre par moment dans quelques rares épisodes et nous conforter dans l'idée que certains peuvent s'améliorer et donner beaucoup d'eux-mêmes s'ils sont bien coachés...


    Dialogue et interprétation
    Ainsi «Babour el louh» et «Yemma» demeurent deux feuilletons incontestablement incomparables. Les comparer s'avère être inutile car ils ne traitent pas les mêmes sujets, et leur trame est racontée de façon complètement différente. Ceci étant dit, ça reste des feuilletons qui abordent tout deux les maux de la société, entre corruption et trahison, amour, désillusion et agression. Des sujets somme toute, universels. Aussi,Abdelakder Djeriou a l'avantage d'avoir tourné dans sa langue maternelle en poussant les autres comédiens à en faire de même, alors que dans «Yemma» la langue est un parler propre à chaque personnage.

    Nous avons bien vu une comédienne tunisienne, à savoir la grande Rym Ryahi, mais aussi un Libanais débarquer cette année dans «Yemma». Chacun parle dans la langue qui lui sied, bien entendu dans la mesure crédible du scénario. Une façon de s'ouvrir sur le monde arabe et permettre ainsi au feuilleton de gagner un large public dans le monde arabe. La coproduction étant ce qui marche aujourd'hui, si l'on veut agrandir son marché audiovisuel, Amer Bahloul, le producteur de «Yemma» l'a bien assimilé en affirmant, par ailleurs, que le but à travers toutes ces saisons c'est aussi «de faire de ces comédiens des stars.

    De cette façon, la série pourra être exportée plus facilement». Critiqué pour son jeu d'acteur, Mohamed Reghis dont les «haters» se concentrent chaque année beaucoup plus sur lui, a reconnu récemment dans une émission télé, à propos de sa façon de jouer « ne pas avoir voulu prendre des risques» tout en avouant son désir de faire du cinéma et dépasser les «obstacles qui minent la réalisation de chaque produit télé comme les interdictions...» Il regrettera le fait qu'on ne montre pas assez la réalité de l'Algérie profonde avec ses spécificités et cela en raison de certains freins...


    Il fera peut-être allusion sans le savoir à «Babor el louh qui a fait l'objet ce mois de Ramadhan d'une polémique stérile, liée à une scène dont la diffusion a été attribuée à la plateforme Yara, la chaîne Echourouk, ayant dégagé toute responsabilité quant à sa diffusion arguant que la chaîne se porte garante des valeurs morales du public et qu'elle se donne le droit de supprimer toute séquence qui pourrait porter préjudice à ces dernières....En réponse à cette polémique, Abdelkader Djeriou répondra dans une émission télé sur Echourouk tv: « Il est honteux qu'on se mette à interférer dans une oeuvre artistique sur la base de pages faites par des anonymes. Que des personnalités connues remettent en cause le contenu de la série.o-k.; mais que ça vienne de personnes anonymes, je ne l'accepte pas, d'autant plus que nous avons obtenu toutes les autorisations de tournage, car il faut savoir que le scénario passe par de nombreuses instances et organismes qui lisent le scénario et le valident! On a souffert pour écrire ce scénario qui a été récrit à quatre mains.

    Un scénario qui est passé aussi par un atelier d'ecriture assuré par le script doctor Smail Soufi.» Et de poursuivre: «Nous, on passe à la télé que 19h sur 365 jours, à raison de 23 épisodes. Nous mettons beaucoup l'accent sur la mise en scène.
    Scénario entre contrôle et censure
    Le réalisateur Nouredine Sehili insiste beaucoup sur le travail d'interprétation des comédiens et sur le dialogue.. La situation se construit en fonction du contexte et du profil des personnages pour être plus crédible de la réalité. Je refuse de me mettre à me censurer quand je tourne, surtout après tous les accords de tournage qu'on doit obtenir auparavant..» argue-t-il.

    S'agissant de Mohamed Reghis, ce dernier confiera pour sa part, sur le plateau de Echourouk Tv qu'il se mettra bientôt à tourner dans un autre feuilleton, policier de son état et aura comme coéquipier Amine Mimouni alias Sofiane dans «Yemma». Un feuilleton qui sera produit également par Ameur Bahloul et dont le tournage se fera cet été à Oran, et en plein contexte de la manifestation des Jeux méditerranéens d'Oran. Mohamed Reghis révélera aussi qu'il a été contacté par un réalisateur algérien basé en France pour tourner dans son prochain long métrage. Il fera remarquer enfin, qu'il jouera aussi dans une pièce de théâtre qui est actuellement en phase d'ecriture par le comédien Mohamed Frimehdi.

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