• .Premier film marocain sur la guerre d'Algérie

    CONSÉCRATION DE SOTTO VOCE AU FESTIVAL DU FILM DE TANGER

    Premier film marocain sur la guerre d'Algérie

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    Le réalisateur Kamel Kamel en compagnie de sa fille, la comédienne, et de la star algérienne Ahmed BenaïssaLe réalisateur Kamel Kamel en compagnie de sa fille, la comédienne, et de la star algérienne Ahmed Benaïssa

    Au moment où les tensions politiques entre Rabat et Alger n'ont jamais été aussi vives, sur le plan cinématographique et culturel, les deux pays n'ont jamais été aussi proches.

    Après l'accueil chaleureux des cinéastes marocains à Alger et le succès de leurs films au premier Festival du film maghrébin d'Alger, voilà que le Centre marocain du cinéma, l'équivalent du CNC français, dirigé par un fin connaisseur de l'Algérie, Nourredine Saïl, consacre un film sur le combat commun entre Marocains et Algériens contre l'armée française durant la guerre d'Algérie.
    Qui pour mieux illustrer cette fraternité entre deux peuples, qu'un réalisateur proche du coeur de l'Algérie, Kamel Kamel, qui a osé faire ce premier film marocain sur la guerre d'Algérie. Ainsi, pendant la guerre de Libération, la ville frontalière entre l'Algérie et le Maroc, Oujda et ses environs constituaient l'arrière-pays politique de la Révolution algérienne et le refuge de ses militants persécutés par l'armée coloniale. La région de Beni Boussaïd, à la frontière algéro-marocaine à dix kilomètres d'Oujda, constituait le point de passage des armes et des vivres qu'offraient le Maroc et les organisations internationales à l'ALN (Armée de libération nationale). En 1958, pour asphyxier l'ALN à l'intérieur, le ministre français de la Défense, André Morice, édifie une ligne électrifiée, séparant l'Algérie des frontières marocaines. Les premières tentatives de franchir la ligne diabolique échouent tragiquement et l'ALN est isolée à l'intérieur. Il fallait donc trouver une solution pour forcer ce passage. Moussa, un Marocain sympathisant de la révolution, est le passeur qui est chargé de faire passer des groupes des fuyards à travers les montagnes de Tlemcen (Algerie) jusqu'à Berkane (Maroc), d'où est originaire le réalisateur Kamel Kamel. Il arrive à Tlemcen pour effectuer sa mission habituelle, il trouve que cette fois-ci, il va devoir faire passer un groupe de sourds-muets qui vient du désert de Béchar. Le responsable, sur place, lui fait savoir que le chemin qu'il a l'habitude de prendre, est vendu. Il doit prendre le chemin de Beni Boussaïd. Sauf que ce dernier se trouve sur la ligne Morice, une ceinture de sept cents kilomètres le long des frontières maroco-algériennes. Elle est électrifiée et truffée de mines. Cette histoire émouvante, magnifiquement illustrée par une musique symphonique marquée par un opéra Sotto Voce (sous la voix en italien). Et pour couronner le tout, le réalisateur marocain impose la présence de comédiens algériens dans le film pour crédibiliser l'histoire et surtout afficher cette fraternité du film sur l'écran. Deux Benaïssa font partie de ce casting très fouillé: Ahmed Benaïssa, le maître du théâtre algérien et Khaled Benaïssa, le jeune comédien et réalisateur de court métrage. Dans la distribution on retrouvera Amal Ayouch, mais surtout Jihane Kamel, la fille du cinéaste, magistrale dans son rôle de sourde et muette avec le crâne rasé. La jeune comédienne marocaine s'est perfectionnée pendant deux ans à l'Académie d'art dramatique à Damas avant la guerre et elle a participé au film de Lahcen Zinoune, dans une série syrienne.
    En définitive, le film Sotto Voce a toutes ses chances pour être en compétition à la prochaine édition du Festival maghrébien d'Alger qui aura lieu au mois de mai prochain
    Le Festival du film de Tanger, a porté chance à Sotto Voce puisqu'il a remporté trois importants prix. D'abord, le Grand Prix, ainsi que les prix de la musique et du son. L'autre grand succès de ce plus important festival pour le cinéma marocain, Adios Carmen, du Maroco-Belge Mohamed Amin Benamraoui, reçoit le Prix de la 1re oeuvre et du meilleur 2e rôle masculin pour l'acteur Saïd Marssi (qui joue pour la 1re fois dans un long-métrage). Originalité de cette 15e édition, le Prix du 1er rôle féminin a été attribué à trois femmes dans un même film: Rock the Kasbah de Laïla Marrakchi. Morjana Alaoui, Nadine Labaki et Lubna Azabal jouant le rôle de trois soeurs qui se retrouvent à l'enterrement de leur père, ayant porté le 2e long métrage de Laïla Marrakchi. Après avoir séduit au Festival international de Dubaï, C'est eux les chiens de Hicham Lasri remporte le prix du 1er rôle masculin revenant à l'acteur principal, Hassan Badida. Il avait déjà reçu le Prix d'interprétation à Dubaï.
    Les réalisateurs Jilali Ferhati et Mohamed Amine Benamraoui, dont les films respectifs ont obtenu deux prix chacun. Avec son Secret d'oreiller, Jilali Ferhati s'est vu décerner les Prix du scénario et de l'image. Le comédien, Saïd Marssi, le Prix du deuxième rôle masculin, au moment où le Prix du deuxième rôle féminin est revenu à Fatima Harrandi Raouia pour son rôle dans Formatage de Mourad El Khadouri. Rachid El Ouali a aussi eu droit au Prix dans la catégorie «Montage» avec le film Ymma, alors que le Prix spécial du jury a été attribué à Ray Dalma, d'Ahmed Baïdou.
    Le jury a également attribué des mentions spéciales qui ont récompensé le talent de jeunes espoirs: Les enfants Iman Nakhad, dans Sara (Saïd Naciri) et Didier Michon dans Fièvres (Hicham Ayouch). Deux mentions spéciales ont également été intégrées, pour la première fois, dans le concours du court métrage. Elles sont destinées aux films Délivrance de Abdelilah Zirat et Qanis de Reda Mustapha. Selon Abdou Achouba, président du jury, le premier court métrage a été récompensé pour «l'originalité du sujet et sa justesse». tandis que Qanis, se démarque par «sa pertinence dans le traitement de la problématique de rupture pour un sujet dramatique». Le Grand Prix du court métrage est revenu à Réglage de Driss Gaïdi et Hicham Regragui. D'autre part, Carte postale de Mahassine El Hachadi s'est adjugé le Prix spécial du jury, grâce à «la sensibilité du sujet et la finesse de sa réalisation», alors que le Prix du scénario a été décerné à La troisième main de Hicham Elladdaqi. Cette 15e édition du Festival national du film de Tanger a connu la projection de pas moins de 43 films, de réalisateurs marocains connus ou moins connus, qui ont été projetés dans le cadre des deux sections de la compétition officielle (courts et longs métrages). Au total, 22 films étaient en lice dans la catégorie longs métrages et 21 pour les courts métrages.

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