• Mohamed Chouikh entre la jeunesse et le 7e art

    PROJECTION DE L'ALGÉRIE, SON CINÉMA ET MOI À L'IFA

    Mohamed Chouikh entre la jeunesse et le 7e art

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    Une des valeurs sûres du cinéma algérienUne des valeurs sûres du cinéma algérien

    Deux Documentaires l'un de 52 mn et l'autre de 26 minutes ont été projetés mercredi dernier à l'Institut français d'Alger.

    Les deux documentaires réalisés par le cinéaste documentariste Larbi Benchiha, connu entre autres et surtout pour ses films sur les essais nucléaires dans le Sahara algérien, dont l'Algérie, De Gaulle et la bombe, et Vent de sable. Mais ici, il est surtout question d'un questionnement autour du cinéma algérien, entre un va-et-vient entre l'auteur et son pays d'origine qu'il tente de sonder, via le degré d'émancipation du 7e art en Algérie.
    En effet, dans L'Algérie, son cinéma et moi, le réalisateur installé en France depuis plus de 20 ans, retourne dans son pays d'origine, où il part à la recherche de ses souvenirs et se rappelle que le cinéma a toujours été présent et qu'il a bercé son imaginaire d'enfant et d'adolescent. Des premiers films de Charlot découverts dans un camp de réfugiés, aux séances glorieuses du cinéma algérien en pleine apogée, tel Chroniques des années de braise, L'Opium et le bâton de Ahmed Rachedi ou encore le célébrissime Patrouille à l'Est de Amar Laskri, ou Omar Gatlato de Merzak Allouache, nous refaisons avec Larbi Benchiha l'histoire de l'Algérie moderne à travers sa filmographie post-indépendance jusqu'à 2005, année de la réalisation du film.
    Parmi ces cinéastes interviewés, nous retrouvons Mohamed Chouikh à qui le réalisateur Benchiha consacre aussi un portrait entier et intitulé Mohamed Chouikh, un cinéaste résistant. Dans ce film, ce dernier explique son choix de ne pas être parti à l'étranger, mais resté pour continuer à faire des films comme n'importe quel Algérien resté dans le pays, à l'image d'un chauffeur de taxi, par habitude ou circonstance et distinguera entre ceux qui sont partis mus par des motivations sincères et les autres qui ont exploité les années de la tragédie nationale comme fonds de commerce.
    Dans ce petit film, Larbi Benchiha aborde la cinématographie de Mohamed Chouikh qui, d'abord s'est introduit dans le monde du cinéma par les rôles d'acteur en jouant dans plusieurs films, notamment dans les premières réalisations algériennes des années 1960, L'Aube des damnés de Ahmed Rachedi, Le Vent des Aurès de Mohamed Lakdar Hamina et Les Hors-la-loi de Tewfik Fares. Il écrit et réalise des téléfilms de long métrage pour la RTA (Radio télévision algérienne): L'Embouchure (1972-74) et Les Paumés (1974). Puis il s'oriente vers le grand écran avec La Citadelle (El kalaâ) en 1988, histoire d'un homme naïf et amoureux, victime d'une société régie par des normes patriarcales. Un très beau film atemporel qui se raconte comme un conte et qui continue à faire sensation, jusqu'à aujourd'hui. Dans ce portrait, Larbi Benchiha utilise des images d'archives (Making off de Salim Aggar) montrant Mohamed Chouikh sur le lieu de tournage du film Douar nssa où la trame a lieu durant la décennie noire, mais racontée quelque peu avec humour.
    D'autres films de son palmarès sont cités, notamment l'Arche du désert et Youssef, la légende du septième dormant où il est dit que le film était presque prémonitoire quant à l'assassinat de Mohamed Boudiaf. Une scène du meurtre du personnage principal campé par Allalou, dans le film rappelle étrangement cette séquence funeste de Annaba. Le réalisateur Benchiha qui est parti du premier film pour faire le portrait interroge dans les deux cas des Algériens dans la ville.
    Principalement des jeunes, en leur demandant le nom du dernier film vu dans une salle de cinéma. La réponse est sans appel et quasiment identique, d'aucuns répondent avoir un vu un film à la télévision, sinon en DVD, chez soi à la maison. En somme, il n'y a pas de culture du cinéma en Algérie à la grande surprise de Larbi Benchiha qui lui, se souvient presque avec naïveté, ses premiers instants de bonheur, lors de sa découverte du 7ème art sur les murs de son village où des Français les obligeaient à regarder Charlot.
    Une corvée devenue par la suite une passion. Notons que la programmation de ces films a été signée Hadj Bensaleh, ex- directeur de la cinémathèque d'Oran qui a choisi ces deux films-là, évoquant aussi le désir du réalisateur Benchiha de revenir prochainement en Algérie, afin de tourner la suite de son film sur le cinéma algérien et voir si les choses ont changé, depuis presque dix ans maintenant.


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