• Les jeunes cinéastes, l’avenir du cinéma algérien

     

     

     

     

    Projection de courts-métrages à Saïda

    Les jeunes cinéastes, l’avenir du cinéma algérien

    © D.R
     

    Les films courts projetés en compétition lors du 4e Festival national de la littérature et du cinéma de la femme démontrent que le 7e art algérien a de beaux jours devant lui, si ces jeunes cinéastes sont encouragés et encadrés. Contrairement aux productions à gros budgets, qui n’arrivent pas à s’imposer sur la scène cinématographique.

    Depuis le lancement du Festival national de la littérature et du cinéma de la femme, l’une des premières choses qui nous frappe est la forte présence des Saïdiens. Quatre jours durant, la salle Douniazed a été prise d’assaut par un public âgé  de 7 à 77 ans et par des artistes amateurs, entre comédiens, danseurs, humoristes et musiciens. Les yeux pétillants et au sourire généreux qui se dessine sur leur visage, ces spectateurs semblent heureux de rencontrer leurs idoles, à l’instar de la talentueuse Souha Oulha, la femme de poigne, Yamina Chouikh, ou encore le comédien Hassan Kachach, qui n’hésite nullement à se prendre en photo et offrir ainsi un petit moment de joie à ses admirateurs. Et ces petits moments, qui font la magie du cinéma, se poursuivent dans la salle obscure où sont projetés, depuis le 11 décembre, des longs-métrages de fiction et documentaire. En revanche, l’après-midi de mardi, a été marquée par la diffusion de courts-métrages en compétition officielle-le jury est composé de Tahar Boukella, Yasmine Chouikh et Rania Serrouti- qui ont, sans conteste, bluffé les présents. Pour cette première journée de compétition, nous avons découvert 5 films, dont le dénominateur commun est la nouvelle vision des jeunes cinéastes.

    Ces productions racontent la société, ses travers et sa beauté, dans de petites histoires douces pour certaines, hilarantes et poignantes pour d’autres. Dans Je raconterai tout à Dieu (plusieurs fois primés), de Mohamed Benabdallah, nous sommes embarqués dans le prisme idéologique. Un militaire coincé dans une bâtisse en ruine, qui attend que la mort frappe à sa porte. Ainsi, un terroriste débarque et tente de le tuer, sous le regard d’un homme à terre, qui n’a pour seul sauveur que le seigneur... À l’issue de cette projection, dont le débat a été houleux sur les questions religieuses, la séance s’est poursuivie avec un ovni réalisé par Houssem Eddin Abassi, dans le cadre du projet de fin d’études à l’Ismas. Intitulé “Open”, ce film est une fresque philosophique, qui a laissé bon nombre de l’assistance de la salle perplexe et paradoxalement déboussolée. Dans une pièce sombre, un homme vêtu de blanc semble attendre quelqu’un ou quelque chose, les heures défilent, mais il reste planter là sans bouger. Alors que derrière les murs, des femmes le supplient d’ouvrir la porte. Ces trois personnages font références à trois profils différents, notamment une femme dans le désarroi et un cadre d’entreprise… elles crient, l’implorent d’ouvrir, et ce, sans tenter d’y entrer. Si cet homme donne l’impression d’être un aliéné dans un hôpital psychiatrique, cela n’est nullement le cas.

    Dans sa métaphore, l’étudiant de l’Ismas propose à cette jeunesse, de saisir sa chance et s’il le faut de défoncer cette porte pour saisir les opportunités, pour ne pas tendre la main aux autres…Dans un autre registre, Youcef Mahsas propose dans Il reviendra, un conte contemporain qui a ému le public, grâce au duo Souha Oulha et Slimane Benouari. Dans un salon de coiffure pour homme, le décor suggère que la trame se déroule dans les années 1990, un homme dépose son fils pour aller faire ses courses ; une bombe explose, et le père ne revient plus. Le coiffeur et son épouse, qui espèrent depuis 8 ans avoir un enfant, sont heureux que leurs prières soient enfin entendues… Si le contexte de l’histoire se déroule durant la décennie noire, la narration est poétique, et la seule terreur omniprésente n’est pas celle des crimes barbares commis, mais de voir ce couple séparé de cet enfant, comme des milliers d’enfants arrachés à leurs parents et devenus orphelins lors de la décennie noire.

    Ce conte qui fait rappeler dans son récit des films, tels que Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, est d’une grande tendresse, et un hymne à ces couples privés du bonheur d’être père et mère. Outre ces productions, les Saïdiens ont pu découvrir également, Nafaat, de Mostafa Guerandi. Moderne et très suggestif dans sa démarche, le cinéaste a voulu rendre hommage à la femme, son émancipation et son rôle important dans l’évolution de notre société. Tourné à Saïda, par des comédiens amateurs issus d’une formation d’actorat donnée le mois dernier, Mostafa a réussi, en quelques jours seulement de tournage, à apporter un résultat plus que convaincant, dans la technique et la réalisation inspirée de la sérié The Good Doctor. Ces courts-métrages présentés dans la journée de mardi démontrent que le cinéma algérien a de beaux jours devant lui, si ces jeunes réalisateurs sont encouragés et encadrés. 

    Contrairement aux productions à gros budgets, qui n’arrivent à s’imposer sur la scène cinématographique et finissent par rester dans les tiroirs ! À noter que la journée d’hier devait être ponctuée d’autres courts-métrages en compétition. La cérémonie de clôture aura lieu aujourd’hui, pour récompenser le meilleur film et meilleur rôle d’interprétation féminine.

     

     

     Hana Menasria

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