• Le film le plus "américain" de Bouchareb

    AVANT-PREMIÈRE DU FILM LA VOIE DE L'ENNEMI

    Le film le plus "américain" de Bouchareb

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    Luis Guzman, le réalisateur Bouchareb, Brenda Blethyn, le DG de l'Aarc, Mustapha Orif, Dolores Heredia et Forest WhitakerLuis Guzman, le réalisateur Bouchareb, Brenda Blethyn, le DG de l'Aarc, Mustapha Orif, Dolores Heredia et Forest Whitaker

    Bouchareb a tenu à rendre hommage au directeur photo Youcef Sahraoui, avec qui il a réalisé quatre films dont un aux Etats-Unis.

    Son premier film tournait autour de l'Amérique et c'est vers le nouveau continent que le réalisateur franco-algérien Rachid Bouchareb revient. A l'époque, c'était Bâton rouge, réalisé en 1985, le réalisateur n'a cessé de questionner l'immigration, le déracinement, la double culture. Et c'est dans ce contexte que Bouchareb revient à Alger avec un film sur l'Amérique d'aujourd'hui. Une Amérique soumise à deux constantes: l'immigration clandestine venue du Mexique et la montée de l'anti-Islam née au lendemain des attentats du 11 septembre.
    Ainsi, dans sa trilogie américaine traitant des rapports entre les Etats-Unis et le Monde arabe, Bouchareb avait commencé le film Just like a woman en 2011 et a présenté hier à la salle El Mouggar La voie de l'ennemi, en compagnie de quatre de ses principaux personnages: l'Américain Forest Whitaker, l'Anglaise Brenda Blethyn, et les Américano-Mexicains Dolores Heredia et Luis Guzman. Le film qui est sélectionné dans la compétition officielle de la 64e édition du Festival international du film de Berlin (Berlinale) sous le titre international Two men in town pour décrocher l'Ours d'or, a été présenté à la presse hier par l'Aarc, le principal, producteur algérien.
    Tourné aux USA, plus précisément au Nouveau-Mexique avec Forest Whitaker (The Butler, The Last King of Scotland, Bird...) comme acteur principal, ce film de 117' relate l'histoire d'un Afro-Américain, William Garnett qui, après une jeunesse tumultueuse et 18 ans de prison, est mis en libération conditionnelle. Avec sa conversion récente à l'Islam, Garnett se bat pour reconstruire sa vie sur de nouvelles bases et réfréner ses pulsions violentes.
    Dans ce combat contre lui-même, il bénéficie de la bienveillance de l'officier de probation chargé de sa réinsertion. Mais dans la petite ville où il s'est installé, à la frontière du Nouveau-Mexique, le shérif, Bill Agati (Harvey Keitel qui a joué dans Mean Streets, Taxi Driver, The Piano...), est convaincu que Garnett est irrécupérable et il va s'employer à le faire retourner à vie au pénitencier.
    A mi-chemin entre John Rambo et Malcolm X, La voie de l'ennemi est avant tout un film noir avec des moments très marquants, une composante parfaite marquée par une distribution majestueuse, soigneusement dirigée par Rachid Bouchareb. A mi-chemin entre le western contemporain et le policier de l'Amérique profonde. A côté de Forest Whitaker, très fort dans l'interprétation du musulman qui est dirigé par sa foi, on notera la bonne composition de Brenda Blethyn, (qui avait déjà joué dans le film de Bouchareb London River) et qui interprétait à merveille, le rôle d'agent de probation et qui voit, elle, le détenu modèle qu'est devenu Garrett en prison et les efforts réels qu'il fait pour se réinsérer.
    C'est sans doute le film le plus américain de Rachid Bouchareb. Tous les ingrédients du film US étaient présents pour nous offrir un film très «vaste» en émotion et en réflexion. Le réalisateur qui, habitué aux grands espaces, s'est retrouvé dans un espace du Nouveau-Mexique où le vent sifflant nous rappelle les bons westerns des années 1960. Le réalisateur franco-algérien qui a longtemps tourné avec des comédiens français était fier de faire découvrir l'Algérie à ses comédiens venus d'Amérique et espère les associer avec des comédiens algériens dans de futures productions.
    Evoquant la participation algérienne dans sa filmographie, Bouchareb a tenu à rendre hommage à Youcef Sahraoui, son directeur photo chez qui il reconnaît avoir appris à filmer les grands espaces. Youcef Sahraoui avec qui il avait également fait quatre films dont Poussières de vie en 1995, nominé à l'Oscar du meilleur film étranger. Bouchareb qui est connu pour être fan des westerns de Sergio Leone et de Macadam Cowboy avait commencé son aventure afro-américaine avec Little Sénégal (2001), tourné parmi la communauté afro-américaine de Harlem, à New York.

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