• Comment écrire un scénario : Les didascalies

    Etude de Cas 5

    etude de cas 5 real

    A la demande d’une scénariste en herbe assidue, je vais tenter de vous expliquer à quoi servent les didascalies mais surtout ce que vous devez y mettre.

    Mais avant tout, je tiens à attirer votre attention sur l’importance des didascalies. Il faut qu’elles soient faciles à lire, elles doivent couler….c’est à dire être fluides afin qu’elles ne plombent pas le rythme du scénario. Chaque didascalie doit faire partie du scénario et non pas d’un truc à part.

     

    Ça paraît peut être bête à dire, pourtant je lis très souvent des didascalies qui se veulent littéraires, les mots compliqués ça fait toujours bien….sauf que dans un scénario, on ne cherche pas un agrégé de lettres ! On cherche un conteur, quelqu’un qui nous transporte. Pour cela il faut de la technique mais surtout beaucoup d’entraînement et beaucoup beaucoup lire.

     

    Oui mais lire quoi ?

    Tout. Scénarios, romans, essais. Tout ce qui peut vous apprendre la simplicité des tournures de phrases, de la ponctuation et du vocabulaire. Pour cela, pas besoin de vous taper du Flaubert, Camus ou du Zola si vous n’aimez pas. (Je vous conseille tout de même de lire ces auteurs incontournables). Vous pouvez simplement vous procurer les livres qui sont en tête de ventes en ce moment, de préférence des auteurs connus et reconnus car ils ont une patte, un style éprouvé à partir duquel vous pourrez apprendre et pourquoi pas vous inspirer.

     

    Mais alors une didascalie c’est quoi ?

    C’est l’élément de votre scénario qui va permettre aux lecteurs, producteur et réalisateur de comprendre votre vision, que cela soit l’action, ou comment les personnages sont habillés ou encore l’atmosphère de la scène.

    Attention ! : Les didascalies sont comme les dialogues, il faut en mettre seulement si c’est nécessaire sinon c’est la chute assurée !

     Exemple :

    Séquence 1 : Ext – Rue – Jour

    Mike, 45 ans, habillé d’un costume sur mesure, remonte la rue de Rivoli. Ses mocassins à gland frappent le pavé à chacun de ses pas. Alors qu’il fouille dans la poche intérieure de son veston, son portefeuille tombe sur le sol au pied d’un sdf.

    SDF

    Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

    Le sdf est habillé d’un vieux pardessus, d’un bonnet en laine vissé sur la tête et d’un pantalon marron raccommodé ça et là par des pièces de tissu disparate.

    Mike ramasse son portefeuille, l’ouvre et sort un billet de 50 euros

    Mike

    C’est ton jour de chance l’ami…tiens.

    Le sdf prend le billet, le palpe, le regarde, le sent, pour être certain que c’est un vrai.

    SDF

    Si à chaque fois qu’vous faites tomber vot’ larfeuille vous filez 50 biftons…j’vais vous suivre à la trace.

    Dans cet exemple les didascalies sont longues, lourdes et ne servent ni l’action, ni le rythme de la scène.

    Lorsque vous écrivez une didascalie vous devez aller à l’essentiel. Au fond on se fout comment Mike est habillé, en tout cas dans son intégralité ! Le fait qu’il porte des chaussures à glands n’amène rien à l’histoire. Idem pour la manière dont j’exprime l’intention de la marche de Mike : il bat le pavé….

    Il faut rester simple. Voilà ce qu’il serait préférable de lire :

    Séquence 1 : Ext – Rue de Rivoli – Jour

    Mike, 45 ans remonte la rue. Il est pressé et bouscule quelques passants. Alors qu’il fouille dans la poche intérieure de sa veste faite sur mesure, son portefeuille tombe sur le sol au pied d’un sdf.

    SDF

    Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

     

    Vous sentez la différence ? Pourtant presque rien n’a été enlevé…à part le superflu ;o)

     

    Pour la suite c’est la même chose !

    Séquence 1 : Ext – Rue de Rivoli – Jour

    SDF

    Vous z’auriez bien une p’tite pièce ?

    Mike ramasse son portefeuille, l’ouvre et sort un billet de 50 euros

    Mike

    C’est ton jour de chance

    Le sdf prend le billet et le palpe pour s’assurer qu’il soit vrai.  

    SDF

    Si à chaque fois qu’vous faites tomber vot’ larfeuille vous filez 50 biftons…j’vais vous suivre à la trace.

     

    J’ai simplifié encore une fois les didascalies en enlevant la description vestimentaire du sdf. Car au fond on se fout de savoir comment le sdf est habillé ! C’est un clodo ! Et tout le monde a sa propre représentation du SDF.

    Voilà donc un secret :

    La didascalie doit être écrite intelligemment, c’est à dire qu’il ne faut pas à tout prix décrire ce que vous imaginez à l’écran. Un scénario doit être un mixte entre votre univers de votre histoire et la possibilité que le lecteur (producteur) puisse y mettre quelque chose à lui. De cette manière, il s’approprie l’histoire, ce qui lui permet de mieux s’identifier ou se projeter. Liberté illusoire car au fond c’est vous qui menez la danse en l’amenant là où vous le souhaitez. Les didascalies sont là pour ça :o)

    Dans un de mes précédents articles, j’ai écrit ceci : « La didascalie permet de donner des indications d’action, de jeu ou de mise en scène. Elle permet de donner des informations, notamment sur le comportement, l’humeur ou encore la tenue vestimentaire d’un personnage ».

    Je crois que pour l’action et la tenue vestimentaire, l’exemple du dessus vous a éclairé sur ce point :o)

     

    Qu’en est-il du comportement et de l’humeur ?

    J’ai envie de vous dire : c’est la même chose. Mais nous allons prendre un exemple :

    Séquence 1 : Int – restaurant – nuit

    Mike et Aurore dînent aux chandelles.

    Aurore

    Tu vas m’expliquer pourquoi on est ici ou pas ?

    Mike

    Je te trouve impatiente mon cœur…

    Le regard de Mike plonge dans le profond décolleté d’Aurore

    Aurore (amusée)

    Dis donc !

    Pris sur le fait, il détourne le regard

    Mike

    Il va falloir que t’attendes le dessert

    Mike se passe la langue sur les lèvres. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

    Le serveur

    Monsieur ?

     

    Dans cette séquence, on comprend que Mike a quelque chose d’important à dire à Aurore. Aux vues du vocabulaire que Mike utilise, on comprend que les deux personnages sont proches. Il est amoureux d’elle et a envie d’elle. Il a quelque chose d’important à lui dire.

    Si on regarde bien la dernière didascalie :

     

    Mike se passe la langue sur les lèvres. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

     

    On peut se demander pourquoi Mike se passe la langue sur les lèvres ….est-ce qu’il a soif ? Est-ce un signe lubrique pour appuyer le fait qu’il ait envie d’Aurore ? Où est-ce qu’il est stressé ?

    Autant de questions que l’on ne devrait pas se poser car vous êtes sensé raconter l’histoire et nous donner toutes les réponses pour que l’on comprenne la scène.

    Nous ne sommes pas dans votre tête !  Un geste ou une habitude qui, pour vous, veut dire quelque chose, ne trouvera pas forcément écho chez votre lecteur. Si votre personnage se passe la langue sur les lèvres, ce qui veut dire pour vous qu’il est amoureux ou stressé, n’est pas forcément interprété par votre lecteur comme tel ! Il ne faut laisser aucun doute dans la tête de celui qui vous lit.

     Voilà comment il faudrait faire :

    Séquence 1 : Int – restaurant – nuit

    Mike et Aurore dînent aux chandelles.

    Aurore

    Tu vas m’expliquer pourquoi on est ici ou pas ?

    Mike

    Je te trouve impatiente mon cœur…

    Le regard de Mike plonge dans le profond décolleté d’Aurore

    Aurore (amusée)

    Dis donc !

    Mike détourne le regard

    Mike (gêné)

    Il va falloir que t’attendes le dessert

    Mike déboutonne son col de chemise et desserre sa cravate. Il passe la langue sur les lèvres, saisit son verre d’eau et le boit d’une traite. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

    Le serveur

    Monsieur ?

     

    Vous voyez ? Ici on comprend la signification du passage de langue sur les lèvres….certes j’ai un peu appuyé ! Faisons plus simple :

    Mike (gêné)

    Il va falloir que t’attendes le dessert

    Mike passe la langue sur ses lèvres, saisit son verre d’eau et le boit d’une traite. Il lève la main pour attirer l’attention du serveur qui passe tout prêt.

    Le serveur

    Monsieur ?

     

    Ici nous comprenons que Mike est stressé, qu’il a la bouche pâteuse ou desséchée. Le fait qu’il fasse ce geste est compréhensible et amène de la tension à la scène.

    J’essaie toujours d’être le plus clair possible dans mes explications mais si vous avez des questions, n’hésitez pas à me laisser un petit message.

    Si vous avez aimé cet article, la meilleure manière de me le dire c’est de cliquer sur le bouton « Like » en haut de l’article. Pour retourner directement au plan du site c’est par ici :o ) vous pouvez aussi lire : Présentation d’un scénario 6 : Quand les personnages parlent dans une langue étrangère.

    A bientôt,

     

    Thomas J.

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  • Etude de cas 4

    Comment écrire un script : Les enchaînements de séquences courtes

    présentation d'un scénario comment faire un film

    Comment écrire un script…comment enchaîner des séquences courtes afin d’imprimer un rythme à votre scénario ? Cette semaine nous allons continuer nos études de cas. Il est vrai que parfois vous ne savez pas comment écrire ou décrire certaines séquences. J’ai envie de vous dire de ne surtout pas paniquer ! Il y a une solution à tout ! ;o)

    D’ailleurs si vous voulez que j’aborde un sujet en particulier n’hésitez pas à m’en faire part.

     

    Revenons à nos moutons…pour cet article, nous allons voir comment écrire unenchaînement de séquences courtes. Que faire ? Faut-il changer de séquences à chaque changement de lieux ? Doit-on tout écrire d’un coup avec un seul intitulé ? Y a t-il une présentation particulière ?

    Je vais vous donner la réponse tout de suite : réfléchissez à ce que vous voulez raconter. Ne perdez jamais de vue ce que vous voulez raconter car c’est cela qui est le plus important. Vous devez mettre en avant les séquences qui font avancer votre histoire. Si vous appliquez cela vous n’aurez plus jamais de problème de présentation. Le scénariste induit la mise en scène en donnant des pistes au réalisateur.

    Mais comment présenter plusieurs petites séquences qui s’enchaînent rapidement ?

    Imaginons maintenant que Martin se promène avec sa petite amie (Louise) dans les rues commerçantes d’une ville. Ils enchaînent les boutiques, les rues etc…

     Alors comment faire ?!!!

    Comme je viens de vous le dire c’est vraiment du cas par cas car cela dépend de ce qu’il se passe dans chaque endroit. Je m’explique : Si l’amie de Martin entre dans une boutique et essaie des fringues, un peu comme Pretty woman, il suffit de l’écrire ainsi :

     

    Séquence 1 : Int – Boutique Machin – Jour

    Martin est assis sur un fauteuil en face de la cabine d’essayage où se change Louise. Louise essaie plusieurs tenues, martin est assis dans un coin et s’ennuie.

     

    Imaginons maintenant que Martin ou Louise se parlent entre chaque tenue.

    Séquence 1 : Int – Boutique Machin – Jour

    Martin est assis sur un fauteuil, en face de la cabine d’essayage où se change Louise.

    Louise essaie une robe de soirée plutot ample.

    Martin fait la moue.

    Séquence 2 : Int- Boutique Machin – Jour/ un peu plus tard

    Louise sort à nouveau de la cabine. Elle porte une robe à volants imprimée de fleurs roses et bleues.

    Martin

    Tu te moques de moi ?

    Louise

    Celle là c’était pour voir si tu suivais ! Je trouvais que tu t’endormais un peu

    Louise rit.

    Séquence 3 : Int- Boutique Machin – Jour/ encore plus tard

    Louise sort à nouveau de la cabine d’essayage, elle porte une robe très près du corps qui met ses formes en valeur.

    Martin se lève ébahit.

    Martin

    Alors là !…

    Louise

    On dirait une chipolata, c’est ça ?!

    Martin

    Tu es magnifique

     

    Ces séquences sont très courtes. Elles se déroulent dans le même endroit et quasiment dans la continuité, mais le fait de les séparer par un nouvel intitulé de séquence permet aux lecteurs et aux spectateurs de rendre leurs enchaînementplus rapide et de jouer sur l’écoulement du temps.

    Si Martin et Louise ne font que se balader sans que cela n’influe sur l’histoire, dans ce cas ce genre de séquences suffit :

    Séquence 2 : Ext – Différentes Rue commerçante – Jour

    Martin et Louise se promènent au gré des rues, des devantures des boutiques. Ils rient, ils se promènent, ils s’enlacent, ils s’amusent.

     

    Mais si, lors de leurs déambulations, il arrive quelque chose d’important, il faudra revenir à une présentation plus normale. Par exemple : Martin et Louise se promènent dans les rues, ils ont passé une partie de l’après midi à flâner mais à la fin de leur promenade ils décident de rentrer dans un magasin particulier : une bijouterie.

    Séquence 1 : Ext – Différentes Rue commerçante – Jour

    Martin et Louise se promènent au gré des rues, des devantures des boutiques. Ils rient, ils se promènent, ils s’enlacent, ils s’amusent.

    Séquence 2 : Ext – Rue commerçant / bijouterie –Jour

    Martin s’arrête de marcher et retient Louise par la main.

    Louise

    Qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi tu t’arrêtes ?

    Martin

    On s’est toujours promis de ne jamais se mentir…

    Louise (étonnée)

    … oui pourquoi ? !

    Martin

    Viens

    Séquence 3 : Int – Bijouterie – Jour

    Martin pousse la porte de la bijouterie.

    Martin

    Je dois te dire que je ne veux plus d’un petit mariage !

    Louise

    Mais qu’est-ce que tu racontes…

    Martin

    Je veux ce qu’il y a de plus beau pour toi

    Le gérant de la bijouterie passe à côté d’eux, un trousseau de clés à la main. Il ferme la porte d’entrée à clé et baisse le rideau de fer.

    Martin se tourne vers le gérant.

    Martin

    Vous pouvez y aller Philipe ! (à Louise) fais-moi confiance.

    Le gérant tape dans ses mains. Trois employées s’avancent, chacune avec un écrin rempli de bijoux

    Louise reste interdite.

     

    Etc…

    Avec ces 3 séquences nous avons mis en évidence qu’il ne faut pas plomber le récit avec : un changement de séquence pour chaque changement de décors ou de temps. Surtout si c’est pour montrer vos personnages en train de marcher, se balader, choisir et acheter des objets sans intérêt pour votre récit.

    De cette manière, vous évitez aussi les dialogues inutiles du genre : Qu’est-ce que tu penses de ça ? Bonjour, c’est combien ? Oh ! Regarde, comme c’est joli ! Etc..

    Effectivement ne pas changer de séquence à chaque changement de lieux ou de temps, c’est un peu contradictoire avec les bases et les règles que j’explique dans mes premiers articles. Parfois il faut savoir maîtriser les règles pour mieux les transgresser.  Mais si vous regardez bien, les séquences de déambulations seront très courtes. Il n’y a pas d’information importante pour l’histoire, la trame ou la psychologie des personnages.

    En revanche, la dernière rue proche de la bijouterie doit être séparée des autres car le dialogue reprend et que ce moment est important. Cela  permet aussi de changer le rythme de narration pour revenir à une narration plus classique.

    Autre élément important : L’intitulé. Nous avons vu qu’il est possible de sortir de la présentation « normale »

    Seq xx : Int- boutique- jour

    Pour ajouter une indication de temps supplémentaire comme

    Seq xx : Int –Boutique – Jour / un peu plus tard

     

    Voilà pour cette étude de cas sur comment écrire un script : les enchaînement de séquences courtes.

    J’essaie toujours d’être le plus clair possible dans mes explications mais si vous avez des questions n’hésitez pas à me laisser un petit message. Si vous rencontrez une situation que je n’explique pas, là aussi laissez moi un message.

    Si vous avez aimé cet article, la meilleure manière de me le dire c’est de cliquer sur le bouton « Like » en haut de l’article. Vous pouvez retourner au plan du site ou lireprésentation d’un scénario 5 : Les Didascalies en cliquant sur les liens.

    A bientôt,

     

    Thomas J.

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  • Rédiger un scénario

    Etude de Cas 3

     

    etude de cas 2 comment faire un film

    Jour Ou Nuit ?

    Bonjour à tous. Pour rédiger un scénario et être pris au sérieux par les producteurs il faut bien connaitre les règles. Cette semaine nous allons aborder une chose importante qui peut prêter à confusion.

    J’ai vu/ lu encore la semaine dernière des erreurs basiques qui ont pour effets :

    1)   que l’on ne comprenne pas l’histoire et la chronologie

    2)   qui trahissent le fait que vous ne maîtrisez pas les bases

     

    Pour le moment, ce n’est pas grave car je suis là pour vous aider mais un producteur ou une commission ne cherchera pas à comprendre et mettra votre scénario sur le côté ou à la poubelle sans même un remords !

     

    Quelle est cette  erreur ?

    Le mauvais usage de la nomination des JOUR/NUIT.

    Ça peut paraître bizarre et pourtant … :o)

    Prenons un exemple :

     

    Séquence 1 : Ext – Maison Alice – Jour

    Un agent EDF (jean) sonne à la porte de la grande maison bourgeoise que possède Alice. Après quelques secondes Jean remarque que la porte est entre-ouverte.

    Il la pousse. La porte s’ouvre en grand.

    Jean

    Y a quelqu’un ?

    Il hésite et entre

    Séquence 2 : Int – Maison Alice/ Entrée – Jour

    Jean ferme la porte derrière lui.

    Jean

    Houhou…Je viens pour relever le compteur…

    Séquence 3 : Int – Maison Alice/Cave – Nuit

    Alice est assise devant une toute petite table. La pièce est éclairée juste d’une bougie. Alice feuillette un vieux grimoire. 

    Sa lecture est interrompue par le grincement du plancher du rez de chaussée qui se trouve au dessus d’elle.

     Séquence 4 : Int – Maison Alice/Salon – Jour

    Le pied de Jean fait grincer une lame de plancher.

    La sonnerie du téléphone portable de Jean le fait sursauter.

    Jean (il chuchote)

    Salut Nico, quoi ? Non j’peux pas parler plus fort….j’t’expliquerai

    Jean se dirige vers la porte d’entrée. Lorsqu’il passe devant la porte de la cave, un bruit métallique attire son attention.

    Jean

    J’te rappelle, j’te rappelle…

    Il raccroche.

    Jean ouvre la porte de la cave, il y fait noir.

    Sa main cherche et trouve l’interrupteur. Il l’actionne mais rien ne se passe.

    Jean

    …C’est EDF !

     

    Etc…

    Alors ? rien ne vous choque ? Évidemment que si ! La séquence 3 ne peut pas être intitulée : Nuit !!! Car les séquences avant et après sont dans la continuité directe. C’est Le grincement des pas de Jean qu’Alice entend ! C’est donc que la scène (séquence) d’Alice se passe bien de JOUR !

    Si la séquence d’Alice devait être de Nuit, la Séquence 4 devait être de nuit aussi. Vous indiquez de cette manière au spectateur (lecteur) qu’il y a eu une ellipse ! Même si dans cet exemple ça n’aurait pas vraiment eu d’intérêt…et même pour tout dire ça aurait été  une erreur.

    Ou alors il aurait fallu que la séquence un et deux soient intitulées : soir. Pour avoir une séquence 3 de nuit…

    Donc, que vous soyez dans une pièce noire, un cinéma, un souterrain etc….vous devez mettre le temps qu’il fait dehors ! Quand je parle du temps, c’est jour ou nuit ! Pas pluvieux, qu’il neige ou encore la température ;o)

    Sinon ça veut dire quoi ? En faisant cette erreur vous donnez de mauvaises informations temporelles à votre lecteur. De ce fait il s’imagine des choses et commence à réfléchir. Si d’une séquence à l’autre vous changez d’effet (jour/nuit) vous faites forcément un saut dans le temps ou vous impliquez une déformation temporelle. Parfois dans un scénario cette erreur se reproduit tout le temps.

    On perd donc le fil de l’histoire et à chaque changement de séquence on se demande si l’intitulé est bon…bref on passe plus de temps à réécrire mentalement  le scénario qu’à le lire.

    Que faire si on ne voit jamais l’extérieur ? Par exemple si la personne est enterrée ou prisonnière ?

     

    Prenons deux exemples Cube et Buried.

     


    Dans Cube, un groupe de personnes est enfermé dans un cube. On ne voit jamais l’extérieur.

    Alors comment définir dans les intitulés s’il fait jour ou nuit ?

    Et surtout quel intérêt pour le spectateur qui, lui, est dans le cube avec les « héros » ?

    Si vous regardez bien au début du film les protagonistes essayent de se remémorer comment ils sont arrivés là. Ils définissent une chronologie et estiment une heure approximative. C’est le scénariste qui donne ces indications aux spectateurs car il a décidé dans ses intitulés de séquences que le film se passerait de jour (on commencera de jour !) Le fait que le film se passe de nuit donnera des désavantages aux personnages (fatigue, irritabilité, manque de concentration etc …) Le fait que le film se passe de jour les « héros » sont censés être dans la pleine possession de leurs capacités. De plus si l’aventure dure plusieurs jours ça vous permettra de mieux rythmer votre histoire et surtout de mieux doser l’évolution de vos personnages. Intéressant non ?

    Et pour le changement de séquences ? Il se fait simplement lorsque les protagonistes passent d’un cube à un autre.

     

    Passons à Buried :

     


    L’histoire d’un homme enterré vivant dans un cercueil par des « terroristes » qui réclament une rançon pour le libérer. Encore une fois le film se passe uniquement dans le cercueil. Je vous conseille ce film, rien que pour la mise en scène ! Un décor, un personnage…et plein d’idées !!! Après que l’on aime ou pas le film, il faut admettre que le réalisateur s’est creusé les méninges.

    Bref, le film se déroule en temps réel. L’indication qui nous donne l’effet est le téléphone portable que le « terroriste » a laissé au héros. Mais alors pourquoi devoir donner une indication d’effet ? Qu’il fasse nuit ou jour au final on s’en moque ! Encore une fois non ! Qu’il fasse jour ou nuit permet au héros de vivre son aventure, passer des coups de fil la nuit pour demander de l’aide, appeler ses patrons, sa femme et ses enfants. S’il avait dû faire cela de nuit sa tâche aurait été plus compliquée que de jour. S’il est dans un pays étranger le fait qu’il fasse nuit lui permet de jouer sur le décalage horaire pour appeler les gens dans son pays (où il fait jour).

     

    Allez ! Petit exercice sur le changement de séquences. Je vous laisse regarder le film et à vous de me dire quand il y a des changements de séquences.

    J’espère qu’à partir de maintenant grâce à cet article sur : rédiger un scénario, vous ne vous tromperez plus entre le Jour et la Nuit pour l’intitulé de vos séquences ;o)

    J’essaie toujours d’être le plus clair possible dans mes explications mais si vous avez des questions n’hésitez pas à me laisser un petit message. Vous pouvez retourner au plan du site ou à l’article sur la présentation d’un scénario 4 : Enchainement de séquences courtes en cliquant sur les liens.

    Si vous avez aimé cet article, la meilleure manière de me le dire c’est de cliquer sur le bouton « Like » en haut de l’article.

     

    A bientôt,

     Thomas J.

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  • Le voyage du héros maitriser

    les 12 étapes du scénario

     

    Voila la dernière partie des articles consacrés au voyage du héros. si vous n’avez pas lu les articles précédents cliquez ici.

    Dernière partie !!!

    10 – Le chemin du retour

    Même s’il a réglé la majeure partie de ses problèmes, votre personnage n’est pas encore sorti de l’auberge. A partir de maintenant, votre histoire va encore monter en puissance. Il est d’ailleurs possible de faire glisser dans cette partie, la fin de la partie 9. En effet, si Marty n’avait pas parlé à ses parents à la sortie du bal des sirènes, c’est à ce moment là que cela doit être fait.
    Le chemin du retour est la partie de tous les dangers. Si dans votre histoire votre personnage est poursuivi, la poursuite finale doit se faire là. Ainsi tous les problèmes de l’aventure liés au monde que votre héro s’apprête à quitter doivent être réglés !
    Pour Marty c’est la scène de l’horloge de l’hôtel de ville. Doc trouve et déchire la lettre que Marty lui a écrite. Le câble qui se bloque, la voiture qui ne démarre pas. La foudre qui s’abat sur la voiture et la fait disparaître.

    11 – La résurrection

    Le héros retourne dans son monde. Il n’est plus le même, car l’aventure l’a transformé (physiquement, intellectuellement etc..). Il y a une petite ressemblance avec la mort et la renaissance de l’étape 8 (dernière épreuve / mort), car à nouveau le héro défie la mort et gagne. Chaque épreuve l’a endurci, transformé ou donné de l’expérience. Il peut désormais affronter son monde sans crainte.
    La Delorean apparaît en 1985. Marty revient au moment de la mort de Doc. Celui-ci à recollé la lettre. Il a donc survécu. Puis Marty rentre chez lui.

    12 – Retour avec l’objet de la quête

    Votre héros est donc de retour dans son monde. Mais maintenant il possède l’expérience ou l’objet qu’il a ramené de son aventure.
    Lorsque Marty se réveille, la maison a changé. Ses parents, ses frères et sœurs sont transformés. Tout va pour le mieux. Il y a même Biff qui brique la voiture de son père. Cerise sur le gâteau, ses parents lui offre un 4×4 pour partir au Lac avec sa petite amie.

    Résumons : Votre personnage vit dans son monde, puis l’aventure l’appelle. Au départ il refuse celle-ci puis l’accepte, aidé par le guide/mentor pour passer la première épreuve. Là, il rencontre ses alliés et ennemis. Il va affronter ses peurs dans la caverne et endure l’épreuve suprême. Il survit et revient avec l’épée. Il fait le chemin inverse, transformé par ses expériences, avec l’objet de sa quête.

    ATTENTION : comme pour toute « formule » il y a des choses que vous devez éviter, pour utiliser cette recette correctement.

    Vous allez suivre ces 12 étapes, mais ne le faites pas de manière trop rigide. Je veux dire par là, que vous ne pouvez pas avoir que 12 séquences, 12 scènes. Vous ne devez pas montrer les ficelles, les trucs que vous utilisés. Etre trop stricte est un danger.
    Je m’explique : Ce guide. Ces 12 étapes ne sont qu’un squelette qui doit être noyé dans l’histoire générale. Tout comme votre squelette, sans cœur, poumons, peau etc… vous n’êtes qu’un sac d’os peu attrayant.
    Parfois même, votre histoire ne va pas forcément suivre l’ordre de 1 à 12. Vous pourrez bouger certaines d’entre elles, les allonger etc…
    Reprenons retour vers le futur : sa structure est plus complexe qu’il n’y paraît. Car le mentor (doc) est présenté deux fois ! Le père de Marty est présenté comme un ennemi au début de l’histoire, car il ne fait rien pour son fils. Alors qu’au milieu du film il est clairement un allié….
    Mettez toutes les étapes dans votre scénario. Peu importe l’ordre et la durée. Chaque étape ne perdra pas de son impact, de sa force, croyez moi.

    Tout est possible, seul votre imagination et votre concentration seront un frein.
    Encore une dernière chose pour ceux qui aiment être un peu plus guidés. Vous trouverez ci-dessous la durée en temps et nombre de pages moyennes pour chaque étape (ces indications sont données à titre indicatif, ce n’est qu’une idée, pas une loi !)

    1 – 15 pages soit 20 minutes
    2 – 15 pages soit 15 à 20 minutes
    3 – 5 pages soit 5 minutes
    4 – 1 à 2 pages soit 1 à 3 minutes
    5 – 1 à 2 pages soit 1 à 3  minutes
    6 – 18 à 20 pages soit 30 minutes
    7 – 15 pages soit 15 à 20 minutes
    8 – 10 pages soit 10 à 15 minutes
    9 – 3 pages soit 2 à 4 minutes
    10 – 20 à 25 pages soit 30 à 40 minutes
    11 – 1 à 2 pages soit 1 à 3 minutes
    12 – 2 pages soit 1 à 3 minutes

    Le voyage du héros et ses 12 étapes n’est pas une chose facile. Même si les explications sur le blog sont « normalement » simple à appréhender, il faut un certain temps pour bien maitriser toutes ces étapes du voyage du héros. Il faut vous mettre au travail, il faut tester, écrire et écrire encore et toujours. Puis petit à petit, les secrets du voyage du héros deviendront une évidence.

    Vous pouvez revenir au plan du site et lire d’autres articles. 

    A bientôt,

    Thomas J.

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  • Le voyage initiatique ou

    Le Voyage du Héros

    voyage initiatique voyage du héros

    Les 12 étapes du scénario Partie 2

    Le voyage du héros suite…Vous l’aurez compris avec le premier article le voyage du héros est en faite un voyage initiatique.  Vous allez décrouvrir bien assez tôt, que ce voyage initiatique est valable pour votre héros mais aussi pour vous : scénariste. j’espère que l’attente n’a pas été trop longue. Voici la suite des 12 parties du voyage du héros.

    6 – Epreuves, rencontres des alliés et ennemis

    Votre personnage est seul face à son aventure/ sa quête. Il ne peut s’en sortir seul. Surtout qu’à ce moment il rencontre les ennemis qu’il va devoir battre. Il doit donc se trouver des alliés qui connaissent le monde dans lequel il est. Quand je parle de monde, ce n’est pas forcément une autre « planète », cela peut être un métier qu’il ne connaît pas. Prenez la vérité si je mens, Richard Anconina a besoin de maîtriser les règles du sentier. Pour ce faire, il s’allie avec Garcia, Solo etc.. Pour Marty dans Retour vers le Futur, il s’agit de convaincre Doc de 1955 qu’il vient du futur, puis de persuader son père d’inviter Lorène au bal. Bien évidemment l’ennemi suprême est Biff.

    7 – Approche / accès à la caverne

    C’est le moment où dans votre scénario votre héros va dans un endroit très dangereux où l’objet de sa quête est enfoui. Souvent, cette endroit est sous terre, d’où le terme de caverne ou grotte. D’ailleurs Campbell explique que dans beaucoups de mythes le héros doit descendre aux enfers pour retrouver l’être aimé, ou combattre un dragon. Dans Retour vers le Futur, il y a une petite nuance. Marty se glisse dans la chambre de son père avec sa combinaison jaune. Il se fait passer pour un monstre d’une autre planète. De cette manière, il effraie son père, qui accepte l’aide de Marty.
    Mais si vous regardez bien, c’est un endroit sombre, fermé, il y a un monstre et Marty gagne son combat contre son père….

    8 – Dernière épreuve / mort

    Nous sommes presque à la fin de la quête. Votre héros doit entrevoir la fin de celle-ci. Il doit frôler la mort. Vos lecteurs doivent penser à ce moment que votre héros a échoué. Les forces du mal l’ont emporté et rien ne semble leur dire qu’il y ait un espoir. Cela doit être un moment très noir. Mais votre personnage va re-naitre, ré-apparaître. C’est la force de tous les héros : la renaissance. Car à ce moment pour vos lecteurs/ spectateurs, il n’y a plus d’équivoque, votre personnage est le héros. Le spectateur doit s’identifier au héros. Il doit vibrer pour lui, avoir peur, puis lors de sa renaissance, le spectateur doit exploser de joie.
    A ce moment de Retour vers le Futur, Biff a été mis K.O par George. Marty est sur scène et joue de la guitare. Tout semble aller pour le mieux, mais Georges abandonne Lorène sur la piste, malmené part un autre étudiant. Marty disparaît peu à peu, il meurt. Georges a baissé à nouveau les bras, rien ne nous dit qu’il peut revenir. C’en est donc fini pour Marty, il a tout simplement échoué. Mais Georges revient et embrasse Lorène. Marty réapparait immédiatement et joue à nouveau.

    9 – Récompense / prise de l’épée

    Il a réussi. Votre héros détient à présent ce pourquoi il a commencé l’aventure. Cela peut être un objet magique qui va permettre de rétablir l’ordre de son monde. Mais parfois, cela peut être autre chose, un objet, vaisseau, ou autre. La récompense peut être l’expérience, la connaissance qui vont permettre au héros de mieux vivre. Cela peut aussi être une réconciliation. Votre personnage peut régler le conflit qu’il a avec son frère, son père, son meilleur ami. La récompense peut aussi être d’être aimé par la femme après qui il a couru tout le long du film.
    Pour Marty, c’est que ses parents prennent un meilleur départ. Biff ne sera plus une menace car Georges lui a tenu tête. Marty connait mieux ses parents, il saura mieux les comprendre à son retour.

    La suite et fin dés la semaine prochaine ;o) Si vous n’avez pas lu le livre de Campbell ou christopher Vogler , je vous encourage à le faire. Faite aussi des recherches sur le voyage initiatique sur internet, au travers des âges et des civilisations. Je disais en haut de cet article que le voyage initiatique était aussi vécu par le scénariste car chaque roman ou scénario que l’auteur écrit, c’est autant de voyages qu’il fait sur lui même.

    Vous pouvez aussi retourner au plan du site pour lire d’autres articles. 

    Bon Courage,

    Thomas J.

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