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    Genres cinématographiques

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    Les grandes œuvres transcendent souvent les genres

    Les genres cinématographiques se définissent par le thème principal du film ou (et) par la manière de le traiter. Bien sûr, un film est rarement cantonné à une seule et unique catégorie et les grandes œuvres transcendent souvent les genres. Metropolis de Fritz Lang,Les temps modernes de Chaplin ou Mulholland Drive de David Lynch, sont difficiles à étiqueter ou à faire rentrer dans une boîte. C'est peut-être pour cela qu'on les appelle des « grands films »…

     
    Genre Définition Exemples
    Final Fantasy
    Animation / Dessin animé
    Là, il s'agit plus de la technique utilisée pour réaliser le film que du thème principal. À l'origine, il s'agissait surtout de dessins, filmés l'un après l'autre, pour donner l'impression de mouvement. Que ce soit des techniques d'ombres chinoises (Aventures du Prince Ahmed) ou des animations en patte modelée (Wallace et Gromit). On utilise de plus en plus les techniques numériques pour le montage du film, voire même pour concevoir et réaliser tout le film en 3D avec des rendus hyperréalistes (Shrek, Final Fantasy). > Blanche Neige et les 7 nains
    > Kirikou et la Sorcière 
    > Wallace et Gromit
    > Toy Story
    > Final Fantasy-Créatures de l'esprit

    Robin des bois
    Action / Aventure
    Le film d'aventure se caractérise par l'enchaînement continu de scènes d'action, qui compense souvent la pauvreté et les invraisemblances du scénario. En plus des cascades et des décors à gros budget, le héros surhumain et indestructible est un des ingrédients essentiels de ce genre. Héros mythologique, preux chevalier, explorateur intrépide, commando d'élite… il ne s'encombre pas d'états d'âme ou de subtilités psychologiques : il trucide d'abord, et réfléchit ensuite… Outre sa fonction idéologique, le film d'action est aussi thérapeutique et exutoire pour le spectateur, qui par procuration va se venger des injustices, châtier les méchants, et sauver le monde du chaos… et tout ça, sans défaire son brushing !

    > Robin des Bois
    > Les aventures du Baron de Munchausen
    > Les aventuriers de l'Arche perdue
    > Mad max
    > James Bond 007


    MulHolland Drive
    Auteur / expérimental

    Bien que la définition du film d'auteur soit très subjectif et personnelle il n'en reste pas moins un genre passionnant. Dans le film d'auteur, le vrai sujet du film est l'auteur lui-même et sa vision du monde… et le thème devient presque secondaire. Que se soit un policier ou un film de science fiction, le réalisateur nous invite d'abord dans sa poésie intérieure, et à suivre son fil d'Ariane… Un film d'auteur est indéfendable et inexplicable… On rentre dedans ou pas, mais le terme de  « 7e art » prend ici tout son sens… Un film expérimental est un film d'auteur, pas tout à fait mur…

    > L’âge d’or 
    > Onibaba 
    > Brazil
    > Le Festin nu
    > The Big Lebowski 
    > Mulholland Drive


    Charlot Patine
    Burlesque
    Très lié au cinéma muet, le burlesque est un film comique, au scénario rudimentaire, basé essentiellement sur des gags visuels. Aux débuts du cinéma, les artistes venaient essentiellement du cirque et du music hall, auxquels ils empruntèrent leurs répertoires et leurs "trucs". Un des premiers films burlesques, L'Arroseur arrosé, par ex., est un gag de clowns, vieux comme le monde mais qui fait toujours rire les enfants… et les grands !

    > L'Arroseur Arrosé
    > Charlot patine
    > Les Marx Brothers 
    Les Vacances de M. Hulot
    > Mary à tout prix


    Diner de cons
    Comédie
    On pourrait dire que la comédie est l'évolution naturelle du burlesque. Avec un scénario plus étoffé, des dialogues et des personnages beaucoup plus complexes.. Souvent la comédie part de situations tragiques (L'invasion Nazie en Pologne, dans To be or not to be) ou traite des sujets extrêmement sérieux, comme la religion (La vie de Brian) pour nous inviter à réfléchir et rire sur le monde et sur nous même. Le rire n'étant qu'un prétexte pour nous ouvrir et mieux faire passer le message !

    > To be or not to be
    > Les Tontons flingueurs
    > Monty Python : La Vie de Brian
    > Le Gendarme de St-Tropez
    > Le Diner de cons


    Devdas
    Comédie musicale
    La comédie musicale est apparue tout naturellement avec la sonorisation du film vers 1930. Au début, simple reprise filmée de revues de music-hall de Broadway, rapidement des créateurs (comme Busby Berkeley) inventairent un univers visuel, fait de kaléidoscopes vivants, d'arabesques de corps démultipliées par des miroirs, avec des placements de caméra et des travellings inventifs. Le genre se veut distrayant et sans prétention. S'il est tombé en désuétude en occident, il reste le favori du cinéma indien !

    > Singing in The Rain 
    > Le Rock du bagne
    > West side Story 
    > Hair
    > Devdas 
    > Moulin Rouge


    Planete Bleue
    Documentaire
    Contrairement à la fiction, le documentaire est supposé montrer la « réalité » sans mise en scène, avec des prises de vue faites sur le vif, des interview ou des images d'archives. Pourtant aucun documentaire n'est « neutre » et n'est que le point de vue de son auteur ou une facette de la réalité. Comme dans le documentaire animalier où le commentaire anthropomorphique et le montage théatralisé déforment bien souvent la « réalité naturelle ». Il est aussi le media de choix de la propagande politique, puisqu'il est sensé « montrer la réalité » et permet donc d'influencer ou (et) manipuler fortement le spectateur…

    > Nuit et brouillard
    > Baraka
    > La Planète bleue
    > Microcosmos
    > Bowling for Columbine


    Casablanca
    Drame

    C'est probablement le genre, qui pourrait englober tous les autres. Par essence même la vie est un drame, un drame parfois joyeux, parfois fantastique, parfois violent, parfois historique… même les documentaires animaliers ont souvent un côté dramatique évident… Le drame n'est pas différent de la comédie dans les sujets qu'il traite, mais dans sa manière de les traiter. En mettant en avant la vie intérieure des personnages souvent dans la dualité, le côté inexorable du destin, l'impossibilité d'aimer, la mort au bout du chemin… Certains font des sous catégories dans le drame : épique, sentimental, psychologique, social…

    > L'Ange bleu
    > Les enfants du paradis 
    > Casablanca 
    > Hotel du Nord
    > Bad Lieutenant
    > Mar Adentro
    > La leçon de piano


    L'antre de la folie
    Fantastique

    Le film fantastique se construit sur l'intrusion d'une autre réalité, dans la réalité. Tout l'art du réalisateur est d'arriver à faire accepter progressivement l’étrange ou le paranormal au sein du réel et d'en profiter au passage pour questionner ce fameux  «réel ». Des réalisateurs comme Alfred Hitchcock, John Carpenter, David Lynch, Tim Burton… ont réalisé de vrais chefs-d'œuvres du genre et du cinéma tout court. Le film d'horreur, n'est souvent qu'un film fantastique raté, au scénario bancal, dont le but principal est de faire peur aux ados friants de scènes gore et de starlettes dénudées. Premier producteur mondial de navets et de série B, le film d'horreur est souvent plus réussit quand il se pastiche lui même (Scary Movie)…

    > Nosferatus le Vampire 
    > Docteur Jekyll et Mister Hyde 
    > Les oiseaux 
    > Shining
    > L'Antre de la folie
    > L'Exorciste
    > Edward aux mains d'argent


    Apocalypse Now
    Guerre
    Le film de guerre est essentiellement un film d'aventure qui se déroule durant un conflit miltaire, avec souvent, un message politique ou patriotique. Dans les « bons films » de guerre, en montrant le côté le plus sombre de la nature humaine et dans un environnement où la vie perds toute valeur, le réalisateur s'interroge sur la nature et le sens même de celle-ci. Si les films de guerre sont rarement des films « agréables » à voir, ils sont parfois nécessaires. Mais comme le soldat, le spectateur en sort rarement indemne…

    > Apocalypse Now
    > Full Metal Jacket 
    > Capitaine Conan
    > Un long dimanche de fiançailles
    > Lettres d'Iwo Jima


    Cyrano de Bergerac
    Historique
    Entretenant un rapport plus ou moins exact avec des événements historiques qui lui sert de cadre, le film historique (nommé aussi film en costumes) se situe dans une époque suffisemment ancienne pour donner au spectateur un sentiment de dépaysement total. L'habillement, les décors, les rapports sociaux différents, parfois même le language participent à l'ambiance et à l'intrigue du film. Le film historique permet souvent de traiter un sujet actuel avec la distance et la sérénité que donne le temps. Lorsqu'il retrace la vie d'une personne on parle plutôt de film biographique.

    > Yvan le Terrible 
    Le Cid
    > Les duellistes
    > Le Nom de la Rose 
    > La Reine Margot 
    > Cyrano de Bergerac
    > La Chute


    Ip Man
    Kung-Fu
    Le film de kung-fu est un genre du cinéma d'action inspiré par les arts martiaux chinois (désignés populairement par le terme kung-fu). Il est principalement produit en Chine et est souvent associé au cinéma hongkongais. Les acteurs les plus célèbres sont Bruce Lee, Jet Li, Jackie Chan et Donnie Yen. Le film de kung-fu est principalement un film d'action mais on peut trouver des éléments propres à la comédie et au drame. Ils sont caractérisés par des combats aux chorégraphies époustouflantes. > La fureur de vaincre
    > Kill Bill
    > La 36e chambre de Shaolin
    > Tigre et dragon
    > Crazy Kung Fu
    > Ip Man

    Gladiator
    Peplum
    Depuis le début des années 1950, grâce aux productions italiennes et américaines, ce mot désigne les films dont l'action se situe historiquement dans l'Antiquité et, en particulier, celle de la Rome Antique, de la Grèce antique (et mythologique) et de l'Égypte antique. Il existe aussi des péplums bibliques basés sur l'Ancien ou le Nouveau Testament. Ce genre s'est "éteint" dans les années 70 et ceci pendant trois décennies. C'est la sortie de Gladiator de Ridley Scott en 2000 qui le remet sur le devant de la scène… La production depuis s'est diversifiée, soit en nous livrant une vision très réaliste de l'Antiquité, soit au contraire en flirtant avec l' "Heroic fantasy"…

    > Jason et les argonautes
    > Cléopâtre
    > Spartacus
    > Les dix commandements
    > Gladiator
    > Agora
    > 300


    Potemkine
    Politique

    Le film politique met en scène le pouvoir politique, ou la lutte d'un individu contre ce pouvoir. Le film politique dénonce, entre autres, les mouvements qui entravent le fonctionnement de la société, et peuvent être considérés comme des excès du pouvoir, notamment la peine de mort, l'avortement, la répression anti-syndicale, l'esclavage, ou encore la colonisation. Ce genre cinématographique a encore de beaux jours devant lui…
    Son frère ennemi est le film de propagande qui lui va servir une idéologie de la pensée unique et manipuler les images afin de convaincre le plus grand nombre.

    > Potemkine
    > Z
    > Le vent se lève
    > Invictus
    > Malcom X
    > Triumph des Willens


    Immortel
    Science fiction
    La science fiction invente un univers futuriste, dont les éléments extraordinaires restent néanmoins plausibles puisqu’ils prennent appui sur une évolution scientifique, biologique ou (et) politique possibles ou un changement radical (écologogique, climatique…). Bien que aussi centré sur l’imaginaire, la science fiction se distingue du fantastique en ce qu'il met en scène, tout un monde relevant d’une certaine cohérence cartésienne et propose souvent une vision philosophique ou utopique d'un monde futur.

    > Le Voyage Dans La Lune
    > Metropolis
    > 2001, L'Odyssée De L'Espace
    > Star War 
    > Blade Runner
    > Immortel
    > Matrix


    Columbo
    Serie télé

    Bien que ce ne soit pas un genre en soi, la série télé, outre sa grande popularité et le fait que de grands réalisateurs en aient tourné (Spielberg, Lynch, Godard, Tarentino…), possède certains privilèges narratifs : cross-over entre épisodes, temps réel (24h chrono), attachement affectif aux personnages. Souvent du genre policier ou « comedie de situation » (sitcom), son étalement temporel permet aussi d'approfondir la complexité des personnages. Même si la majorité des séries sont considérées à juste titre comme de la "soupe", certaines ont gagné, par leur originalité et leur créativité (Le Prisonnier, Twin Peaks, XFiles… ) leur place au Panthéon cinématographique.

    > Pollux
    > Columbo
    > Chapeau melon et bottes de cuir 
    > Le Prisonnier
    > Twin Peaks 
    > X Files
    > CSI (Les experts Las Vegas)


    Il était une fois dans l'ouest
    Western
    Dans un sens, le western est un film historique parmi d'autres mais qui a connu un énorme succès après guerre et marqué l'esprit de toute une génération. Le western relate l’épopée au 19e siècle des pionniers européens, envahissant le territoire du nouveau monde. Ce récit édulcoré, qui passe sous silence le génocide des peuples indiens et l'exploitation inhumaine des esclaves africains et des « ouvriers » chinois, servi aussi à donner bonne conscience au peuple américain. Il faudra attendre Danse avec les Loup, sorti en 1990 pour redonner un peu d'intérêt historique et cinématographique à ce genre. Le « western spaghetti » (Sergio Leone) eut lui aussi, et à juste titre sont heure de gloire.

    > Billy The Kid
    > Rio Bravo
    > Il était une fois dans l'Ouest
    > Le soldat bleu
    > Danse avec les loups
    > Blueberry
    > True Grit


      Enfin… il est des genres comme des vedettes de cinéma, qui ont eut leurs heures de gloire et produit quelques grands films, mais ont prit une retraite… bien méritée !
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  • Principes de base : Lumière et vision

      La Lumière  
    La lumière contient les couleurs, les objets se contentent de les réfléchir.

    La lumière est à la base de toute vision, c'est elle qui (se) réfléchit, module, sculpte, met en valeur ou cache… C'est elle aussi qui contient les couleurs et les formes, les objets se contentent de les réfléchir ou de les absorber. Nous verrons aussi que la caméra, n'est pas que l'œil du réalisateur au sens figuré, technologiquement aussi, elle est très proche du fonctionnement de l'œil… Donc, commençons par les bases !

    Composition de la lumière
    La lumière est un rayonnement électromagnétique visible par l'œil humain, qui se se propage en ligne droite dans le vide de l’espace à la vitesse de 300 000 km/s. Mais sur terre dès qu'elle rencontre une surface ou un objet elle se diffuse ou se réfléchit. La lumière du soleil permet bien sûr de voir mais est aussi la première source de chaleur et d'énergie des écosystèmes terrestres, via la photosynthèse. 
    La démonstration de la composition de la lumière fut proposée par Isaac Newton en 1666. En recréant le phénomène de l’arc-en-ciel avec un faisceau de lumière du soleil traversant un prisme de verre, on voit se décomposer, les trois faisceaux de couleurs, rouge, vert et bleu, (et intermédiaires). En 1900, Max Planck énonce la théorie du corps noir (objet virtuel dont le spectre électromagnétique ne dépend que de sa température), puis Albert Einstein en 1905 expliquera que la lumière a un comportement de quanta d'énergie et que sa vitesse de déplacement est celle maximale permise à un objet matériel, par la théorie de la relativité.

    Principe de la synthèse additive
    Toutes les couleurs du spectre visible peuvent être reproduites par l’addition des trois couleurs primaires que sont le Rouge, le Vert et le Bleu (RVB). Le mélange de ses 3 couleurs permet donc, d'obtenir toutes les couleurs visibles avec toutes les nuances et intensités possibles. C'est rigoureusement le même principe de trichromie qui régie la reproduction des couleurs en numérique et en vidéo, des écrans télé ou autre. Dans le cas de la synthèse additive les couleurs résultent d’un mélange de lumière :
    Vert + Bleu = Cyan 
    Rouge + Bleu = Magenta 
    Rouge + Vert = Jaune

    Caractéristiques de la lumière
    L'intensité : C'est la quantité de lumière, il y en a plus en plein soleil, qu'éclairé à la bougie… pour le cinéma il en faut beaucoup. L'unité d'intensité lumineuse est la candela qui correspond à l'éclairement émit par une bougie standard. L'unité de flux lumineux, est le lumen(=candela.stéradian). Une ampoule électrique à incandescence de 75 watts produit environ 1500 lumens. On la mesure à l'aide d'un posemètre (cellule).

     2 Le contraste : écart de luminosité entre les hautes et les basses lumières. Dur avec de fortes ombres (soleil d'été à midi avec ciel dégagé, spot direct…) ou doux et diffus (levé du jour, ciel couvert, éclairage indirect avec réflecteurs…). Techniquement, le contraste peut se mesurer au posemètre (zone system) mais pour la prise de vue, l'expérience est le meilleur juge…

     2 La température de couleur, plus ou moins « chaude » (jaunâtre) ou « froide » (bleutée). Ce mesure à l'aide d'un thermocolorimètre en degrés Kelvin (spectre lumineux émit par un corps noir chauffé à différentes températures). Comme il n'existe que 2 types de film argentique : lumière du jour (daylight) étalonné pour 5600° K, et lumière artificielle (tungstène) à 3200°K, il est parfois nécessaire, d'utiliser des filtres correcteurs pour les adapter à certaines sources :
     – 1500°K : bougie, lampe à l'huile
     – 2800°K : ampoule domestique 75W
     – 3000°K : lcoucher de soleil
     – 5600°K : lumière du jour moyenne / flash 
     – 7500°K : ciel brumeux

    Oeil 
    La beauté est dans l'œil de celui qui regarde 
    dit un proverbe arabe…

     

    Prisme de lumière
    Expérience de Newton

     

    Synthese additive
    Synthese additive

     

    Lumière douce
    Lumière douce


    Lumière contrastée

     

      La vision humaine  
     

    Principe de fonctionement :
    La fonction de l'oeil est de recevoir et de transformer les vibrations électromagnétiques de la lumière en un influx nerveux qui est transmis au cerveau. II est composé principalement de :

    Oeil Anatomie
    La cornée, dioptre sphérique d’entrée séparant l’air du milieu interne.
    L’iris, (arc-en-ciel en grec) diaphragme contrôlant la quantité de lumière incidente sur le cristallin, en faisant varier l'ouverture de la pupille (entre 2,5 et 7 mm).
    Le cristallin, lentille biconvexe dont la courbure et l’indice sont modifiés par action des muscles ciliaires
    La rétine, surface sensible à la lumière grâce à ses photorécepteurs, les cônes et les bâtonnets, permettant la perception des couleurs et sur laquelle se forme l’image. 
    Le nerf optique, nerf permettant la transmission des signaux de l’œil 
    au cerveau.

    Cette fabuleuse faculté d'adaptation de l'œil à la lumière n'est hélas, que très partiellement partagée par les caméras et les surfaces sensibles. Si l'objectif possède bien un diaphragme capable de moduler la lumière, il est assez limité dans son champ d'action et la surface sensible, elle, n'est pas capable d'amplifier le signal qu'elle reçoit. Filmer en intérieur, en lumière ambiante, ou passer brusquement d'un éclairage à l'autre, reste encore un problème.

    Si l'image physique formée sur la rétine, est transmise au cerveau sous forme de messages codés, c'est le cerveau qui analyse ces signaux et nous donne une « interprétation » de l'objet regardé. 

    Cette interprétation peut parfois être ambiguë. Ces « erreurs » d'interprétation sont, ce que l'on nomme, des illusions d'optique… Celle qui nous intéresse le plus pour le cinéma est la persistance rétinienne : Lorsque nous regardons un objet, son image se forme sur la rétine et met une fraction de seconde à disparaître. 
    Voir animation

    suite

    Principes de base : Caméra et film

      La caméra  
     

    Une caméra est un système d'enregistrement d'images, sur une surface sensible à la lumière. Les caméras de cinéma peuvent avoir des apparences différentes, mais fonctionnent sur le même principe :

    • Une partie optique, qui permet la formation d'une image enregistrable ; c'est un peu « l'œil » de la caméra.
    • Une partie mécanique et aujourd'hui, électronique (le corps de la caméra) qui permet l'exposition des images.
    • Et la partie enregistrement, qui permet de conserver les images ; c'est un peu la « mémoire » de la caméra.

    Caméra argentique
    Les éléments essentiels d'une caméra pour film argentique sont :
     – l'objectif,
     – l'obturateur,
     – le couloir
     – le mécanisme d'entraînement (griffe/contre-griffe)
     – le système de visée
     – le magasin 
     – 
    le moteur

    Le corps de caméra est un compartiment étanche à la lumière, qui ne peut passer, que par l'objectif qui projette l'image au niveau de la fenêtre. Le couloir, d'une grande précision d'usinage, sert de guide au défilement du film. Le mécanisme de mouvement intermittent, permet, dès que le film est immobilisé, que l' obturateur s'ouvre et laisse passer la lumière qui impressionne le film. Après cette phase d'exposition, l'obturateur cache à nouveau la lumière et le film peut avancer de la longueur requise pour une nouvelle exposition (c'est la phase d'escamotage). Cette avance intermittente est assurée grâce au mécanisme de la griffe, qui constitua un des apports majeurs des frères Lumière à l'invention du cinéma.

    Le magasin contient la pellicule. Il est coplanaire (en ligne), ou coaxial. Il y a un compartiment débiteur et un récepteur. Pour transformer le mouvement saccadé de la pellicule en mouvement continu, on fixe une longueur de pellicule sous la forme d'une boucle, grâce à un tambour denté (ou 2, selon les modèles). La visée réflex permet de voir, grâce à un jeu de miroirs et de prismes, directement à travers l'objectif. Un moteur électrique permet aujourd'hui l'entraînement du film à vitesse variable. Le son est enregistré séparément sur un magnétophone numérique.

    Caméra numérique :
    La principale différence d'une caméra numérique avec une argentique est sa surface photosensible et sa technique de stockage des images. Dans une caméra argentique le film fait office des 2 ; Il est sensible à la lumière et enregistre les images. En numérique, les rayons lumineux de la scène filmée passent aussi au travers de objectif, mais viennent impressionner un capteur photosensible (CCD ou CMOS) qui transmet alors les données à un système d'enregistrement numérique (disque dur, cassette DV, disque optique…). Libérée des contraintes mécaniques et de la photochimie, le numérique permet de juger du résultat instantanément, de faire des copies de plusieurs génération sans perte de qualité et de projeter un film des milliers de fois sans aucunes usure.. Les premiers films tournés en numérique, étaient certes, d'une qualité moindre. Mais l'évolution technologique aidant, et son coût d'exploitation baissant, ce n'est qu'une question d'années pour que la caméra et le cinéma numérique, s'imposent comme standard.
     

     

     

    Mécanisme caméra

    Principe du fonctionnement d'une caméra film

     

     

    Cméra ChaplinChaplin et sa Bell & Howell Model 2709

     

     

    Red One
    Le nouveau standard numérique 4K utilisé 
    par la caméra RedOne permet de filmer 
    en 4096×2304 pixels à 60 im/s.

      La surface sensible  
     

    La surface sensible, pour films de prise de vue noir et blanc (cinéma ou photo) est composée d'une émulsion aux sels d'argents en suspension dans une couche de gélatine (de bœuf). Pour obtenir de la couleur, on utilise 3 couches noir et blanc, sensibilisées chromatiquement aux 3 couleurs primaires, rouge, vert, bleu (RVB). C'est au développement chromogéne que seront associés des couleurs à chaque couche.

    Les différents formats de films
    Depuis 1900, Edison et les frères Lumière, le film 35 mm perforé fut le format de prédilection du cinéma professionnel, avec cependant une percée, dans les années 60, du 16 mm, (coût et portabilité du matériel) pour les documentaires et la télévision. Le super 8 eut son heure de gloire auprès d'un large public amateur, mais la taille restreinte du film et la qualité approximative des caméras grand public, ne donnèrent pas une production de qualité. Aujourd'hui la vidéo a supplanté le 16 mm et le super 8, aussi bien au niveau amateur que professionnel.

    Les formats 35 mm:
    En cinéma professionnel, la bande fait 35mm de large et présente 2 rangées de perforations à raison de 4 perforations par image.Le format d'une image est défini par le rapport entre la largeur et la hauteur projetées sur l'écran. A l’époque du muet, toute la surface de l’émulsion était utilisée entre les deux rangées de perforations. Le photogramme, (image rectangulaire enregistrée) avait une dimension de 18mm de haut sur 24mm de large. Soit un rapport de 1.33

    • Format standard : 1.37
    • Formats panoramiques 1,66 et 1.85
    • Format avec anamorphose (scope) 2.39 
      Lors du tournage l'image est compressée dans sa largeur par un objectif spécial anamorphoseur. À la projection, un autre objectif anamorphoseur restitura l'image dans les bonnes proportions.

    Le cinéma parlant apparaît à la fin des années 1920. Le principe utilisé est l’enregistrement du son sous forme optique sur le même support que l’image. Une marge sonore de 2 mm a donc été dégagée sur le coté gauche et de ce fait la surface dédiée à l’image a été réduite.

    Le support film :
    Aux débuts du cinéma, (et jusqu'en 1951) le film sensible était couché sur un support en nitrate (très inflammable). Puis le triacétate (moins inflammable mais vieillissant mal) fit son apparition. Le polyester, enfin (beaucoup plus résistant) est depuis 1985 le support de choix pour la pellicule cinéma.

    Le développement :
    Le développement et la duplication des films cinéma est un processus délicat à maîtriser et seulement pratiqué par quelques laboratoires dans le monde. Au cours des années, le procédé à été grandement automatisé et simplifié. Le traitement Kodak négatif ECN-2, par exemple, comprends trois étapes principales :
    • Le développement chromogène qui révéle l'image latente et associe les couleurs aux 3 couches RVB.
    • Le blanchiment qui va effacer les couches argentiques noir et blanc et ne garder que les colorants des couches couleurs.
    • Le fixateur qui va dissoudre l'argent blanchi et stabiliser l'image dans le temps.
    Bien sûr, il y a différents bains intermédiaires, (pré-mouillage, rinçages…) et le lavage et séchage final.

    suite

    Principes de base du cinéma : Montage et projection

      Le montage  
     

    Le montage est l'action de choisir et d'assembler des plans de bases dans un ordre donné et cohérent pour servir la narration. Les plans ainsi montés formeront eux-mêmes, les différentes séquences du film. Il sera suivi, ou précédé, des effets spéciaux, et du montage audio. Le tout formant le montage final (final cut).

    Au début du cinéma le montage n'existé pratiquement pas. La plupart des films des frères Lumières ou de Méliès étaient de simples plans-séquences. Dans les années 1920, le cinéma russe contribua à conceptualiser cette technique, avec notamment Lev Koulechov qui mit en évidence l'impact du montage sur la perception des images.. Dans une expérience de psychologie cognitive, il filma le visage inexpressif d'un acteur, avec lequel il fit trois montages précédés d'images différentes. Dans le premier, celle d'une assiette de soupe, dans le second, celle d'un mort,. et dans le troisième, celle d'une femme lascive sur un canapé. Selon le montage, le spectateur percevra dans le regard de l'acteur, la faim, la tristesse ou le désir… alors qu'il s'agit rigoureusement de la même prise de vue du visage ! Le spectateur est donc enclin à interpréter les images dans leur succession, et non telles qu'elles sont individuellement, et à projeter ses propres émotions sur la toile. Cet effet Koulechov est un peu à la pyschologie ce que l'illusion optique est à la vision… Le cinéma de propagande l'a beaucoup utilisé, et si on veut le voir en action aujourd'hui, il suffit de regarder un clip politique ou un journal télévisé… Plus la ficelle est grosse… plus ça marche !

    Le montage traditionnel s'effectue à partir du premier positif, les rushes. Les coupes et assemblages des plans à l'aide de film adhésif, se font physiquement sur le film, à la table de montage. Une fois le montage terminé, le film est envoyé au laboratoire pour duplication. 
    Aujourd'hui, le montage virtuel a prit le dessus. Le travail se fait à partir d'une copie numérique du négatif scanné ou transféré au télécinéma. L'ensemble de la postproduction peut, grâce à cette méthode, être entièrement réalisée sur ordinateur.

    Le montage son se fait donc avant (films d'animation…) en parallèle, ou à la fin du montage image. Post-synchronisation des voix, sons d'ambiance, bruitage, illustration sonore, musique… simple formalité au début du parlant, il est devenu au fil du temps, un des composants essentiels de bon nombre de films. Qui pourrait imaginer un film d'horreur sans la musique angoissante qui fait monter la sauce, ou un combat au sabre laser de Star Wars sans le buzz caractéristique ?

    Le montage final, ou final cut, peut avoir une influence déterminante sur le sens du film, la « happy end » demandée par les producteurs ne convient pas à tous les films… D'ailleurs, la Directors Guild of America(syndicat de réalisateurs US), permet aux « réalisateurs honteux » de signer leurs film sous le pseudo de Alan Smithee. Parfois, plusieurs versions du montage sont conservées, on parle alors du director's cut, pour celle voulue par le réalisateur.

     

    Table de montage  Moviola
    Une des premières table de montage électrique à lampes, pour films 35 mm, la Moviola (1924)

    Table de montage Steenbeck
    Table de montage Steenbeck ST921

    Final Cut
    Logiciel de montage FInal Cut Pro

      Le projecteur  

     

     

    le défilement des images devant l'objectif n'est pas continu

    Principe :
    Il permet la projection lumineuse d'une image sur une surface plane et réfléchissante. Pour cela, la pellicule passe entre une source lumineuse condensée et un objectif. L'illusion du mouvement est donnée par le défilement régulier, mais saccadé des images (24/s). C'est un point un peu difficile à saisir, mais le défilement des images devant l'objectif n'est pas continu, sinon l'image serait bougée. Entre chaque image projetée, un obturateur coupe le faisceau lumineux pour que l'avancement soit imperceptible. Ce mouvement saccadé est produit par un dispositif encroix de malte.

    Composition :
    Un projecteur est composé de 5 parties principales :
    Projecteur Meopta – la lanterne
     – le chrono
     – les objectifs
     – l'alimentation en film
     – le lecteur de son optique

    – La lanterne est la source lumineuse utilisant une lampe spéciale au xénon (température de couleur 6000°K) d'une puissance de 1000 W à 7000W en fonction de la distance de projection. Elle est bien sur refroidi en permanence par un système de hotte aspirante.

     – Le chrono est la partie mécanique entre la lanterne et les objectifs. Le film passe dans uncouloir de projection, où se situe l'obturateur qui coupe le faisceau lumineux, (comme à la prise de vue), pendant le temps d'escamotage (passage d'une image à l'autre). Ceci afin d'éviter le filage (surtout visible sur les textes) et le scintillement (variations de l'intensité lumineuse).  Les tambours débiteurs, au nombre de 3, permettent de faire défiler le film. Le tambour supérieur et inférieur tournent à vitesse constante, tandis que le débiteur de croix de Malte tourne par saccade. Enfin une manette de cadrage permet de centrer précisément l'image sur l'écran.

     – Les objectifs permettent de focaliser et projeter au loin la petite image enregistrée sur la pellicule et de faire la mise au point. Un objectif est caractérisé par sa focale, son ouverture et sa couverture de champ. On choisi un objectif en fonction du format de film et de la distance de projection.

    – Le système d'alimentation en film peut être incorporé au projecteur (bobine émettrice et réceptrice) ou indépendant, (dérouleur vertical ou horizontal).

    Certains modèles perfectionnés ont des fonctions supplémentaires :  
     • système de lecture de son numérique 5 canaux (DTS ou SRD)
     • sondes (activées par un ruban adhésif en métal placé sur le film) déclenchant des actions telles que l'allumage-extinction des lumières de la salle, le changement d'objectif…
     • systèmes de sécurité coupant le projecteur en cas de dysfonctionnement.

    L'avenir :
    Si pour le tournage, le film argentique garde encore des atouts indéniables (définition, rendu subjectif des couleurs, coût, …) par rapport au numérique, il n'en est pas de même pour la projection. L'évolution logique est la diffusion des films sur support numérique ou réseau crypté et le projecteur tout numérique piloté par ordinateur. Le seul vrai frein, (5% des salles équipées dans le monde), étant le coût très important de l'équipement, mais ce n'est qu'une question de temps…

    Croix de malte
    Fonctionnement au ralenti d'une croix de malte

    Couloir Projecteur
    Couloir ouvert d'un projecteur 35 mm

     

    Cinématpgraphe

    DLP-CinemeccanicaPlus d'un siècle sépare un Cinématographe Lumière (caméra-projecteur) d'un projecteur numérique Cinemeccanica… 
    Mais le résultat est finalemen

    Film 35 mm vierge
    Film 35 mm vierge avec sa couche 
    anti-hallo caractéristique

    Bobine 35 mm
    Bobine 35 mm


    Format films
    Les principaux formats de films

    Developpeuse ECN2
    Developpeuse à films Calder ECN-2

    Fonctions optique de l'Å“il
    Fonctions optique de l'œil

     

    Illusion optique
    On peut voir nettement dans l'illustration ci-dessus, que le trait rouge de gauche est plus petit que celui de droite… à part qu'ils ont rigoureusement la même taille !


    Lisez d'abord, à haute voix le texte ci-dessous :
    Illusion ABC
    Maintenant, regardez bien la 2e lettre et le 4e chiffre… c'est exactement le même signe graphique, pourtant selon ce que le cerveau voudra voir il l'interprétera comme tel ou tel…

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  • Je vais vous parler aujourd'hui de ciné, par le prisme d'un métier méconnu, celui de projectionniste. Toute la magie du cinéma repose sur ses robustes, voire augustes épaules. Certes le métier a évolué de nos jours, faisant passer un boulot d'artisan à celui de pousse-bouton, pour caricaturer.

    Je tenais donc à témoigner mon expérience, comme le dernier mohican de la péloche 35mm.

    Travaillant pour un petit multiplexe provincial, puis comme sur la photo un mono-salle d'un petit bled, je vais exposer les différents pans de ce boulot atypique.

    La Distribution

    D'où viennent les films?

    Une fois un film tourné, le master est envoyé à un labo, qui va le développer sous le format d'une pellicule de 35mm de largeur. Le nombre de copies tirées varie suivant le potentiel commercial du film, et les moyens du distributeur. Il existe plusieurs qualités de pellicule aussi, malheureusement. Un gros film est tiré sur 800 copies (Harry Potter par exemple), un film moyen sur 250. Pour les 4000 écrans de France, je peux vous dire que ça se fight sévère pour avoir la sortie nationale, à part pour les gros réseaux style Pathé ou UGC qui ont des deals automatiques. Il faut savoir aussi qu'un ciné loue toujours une copie. En général, c'est 50-50: la moitié du prix des entrées revient au distributeur, la moitié au ciné. Sur sa moitié, le ciné est prélevé de diverses taxes, dont une importante pour le CNC (centre national de cinématographie) qui finance un paquet de films.

    Le Montage

    Monter un film, c'est quoi?

    La copie arrive donc au stock, souvent régional, et chaque patron de ciné va chercher ses films le mardi matin. La semaine commençant le mercredi, c'est donc le mardi soir que le projectionniste va connaître un pic de boulot pour monter tous ces films. Ces derniers sont conditionnés dans des "marmottes", qui sont des cartons renfermant des boites en plastique, à l'intérieur desquelles on trouvera des bobines:

    Une bobine correspond à une vingtaine de minutes environ, un film est constitué de 4 à 11 bobines en général. En son centre, un noyau de plastique permet de la positionner sur un axe. Pour le montage, le projectionniste doit donc identifier chaque bobine (une bande amorce au début et à la fin rappelle des infos: n°de copie, de bobine, start ou end) et déterminer si elles sont sur le début ou la fin.

    Je vais prendre un exemple: je monte ici un film de 6 bobines, toutes sur le début. Je vais prendre la 4, l'enrouler sur une bobine vide, me retrouvant sur la fin de 4. Suivant les cinés, on est plus ou moins bien équipés: ici, je vais tout me fader à la main.

    Je prends le début de la 5, l'enroule, je me retrouve fin de 5. Je prends la 6, et ATTENTION!

    En fin de film, dès l'apparition du générique, les lumières s'allument. Vous pensiez que c'était le projectionniste qui le faisait à la main? Et bien non, on place des "index", un bout de scotch métallique, qui va déclencher l'allumage. Oui, car quand on a la responsabilité de 3 salles, on ne peut pas guetter le générique de chaque film.

    Je reprends mon montage: si la copie est neuve, pas de souci, j'avance au jugé jusqu'au générique et place mon index. Si la copie a déjà tourné, là je vais devoir faire gaffe et enlever tout autre index que le mien, sinon les index des autres vont foutre le bordel dans le programme automatique: arrêt de la projection, extinction des lumières etc...J'arrive donc en fin de 6, en ayant placé deux nouveaux index: un en fin de générique, pour couper la projection, et un en fin de pellicule, pour couper le projecteur et allumer la salle en plein.

    Voici une bobine de 1800 (pour 1800 mètres) avec mes bobines 4, 5 et 6. Je vais rembobiner cette 1800 sur la bobine "finale", celle qui accueillera le film dans son intégralité. Pour ça, je dispose d'un dérouleur motorisé, ici vertical:

    Donc, de fin de 6 on revient à début de 4, et j'en reste là avec le dérouleur pour l'instant. Je vais prendre mes bobines 1, 2 et 3, et les monter sur 1800. Je me retrouve en fin de 3, que je colle, miracle, à mon début de bobine 4 sur le dérouleur. Je rembobine donc et me retrouve sur le début du film. Hop, un autre film? Non, il reste la première partie à monter: bande-annonces et pub.

    Même combat que pour le film, on constitue un programme de bande-annonce cohérent avec le public du film: pas de BA de film d'horreur avec un dessin animé :)

    Pour coller ces bouts de film ensemble, on utilise une colleuse:

    Les dents permettent de positionner les deux bouts bord à bord, un simple scotch large faisant la jonction. Le scotch renforcé est souvent nécessaire, selon les projos, car la force de traction des dérouleurs est énorme.

    Une fois le film prêt, on passe aux autres (dans mon boulot j'avais 5 ou 6 films à monter par semaine, avec en gros 40 minutes de montage chacun), et on avance à mercredi 14h, début de séance.

    La projection

    Comment ça marche le cinéma?

    Je vais vous présenter maintenant les parties importantes de la projection cinématographique. J'utilise ici un Kinoton FP30, un projecteur de marque allemande robuste et fiable.

    Le dérouleur, assure un défilement continu de la pellicule, et sert au montage/rembobinage des films comme nous l'avons vu.

    L'automate, qui sert à programmer des étapes automatiques (allumage, rideau, format etc...). Il peut se déclencher selon plusieurs signaux (un timer, le passage d'un index magnétique) et remplace la main de l'homme.

    La lanterne, une boîte dans laquelle on insère une lampe au xenon, de puissance variable selon la distance de projection et la taille de l'écran. La lanterne contient aussi un miroir qui concentre le flux lumineux et le fait converger vers une fenêtre, devant laquelle passe la pellicule. La manipulation d'une lampe est minutieuse, le xenon étant un gaz "explosif". Un extracteur d'air est aussi présent, car les chaleurs dégagées sont énormes.

    Le redresseur, qui va transformer le courant alternatif en courant continu, nécessaire au maintien et à la patate de l'arc de l'ampoule au xenon.

    Le chrono, coeur du système, est constitué de deux débiteurs crantés, d'un couloir de projection qui grâce à un galet presseur maintient la pellicule plaquée, et d'un bloc de croix de malte.

    Une vue du couloir de projection, le flux lumineux étant concentré sur la fenêtre. A noter qu'une pellicule à l'arrêt ou simplement ralentie devant la fenêtre crame instantanément. Sur la gauche, on voit une patte métallique, dont les ouvertures correspondent aux formats d'image. Pour 99% de la production il en subsiste 2: le format scope ou 2'35 (rapport de la largeur de l'image divisé par sa hauteur) ou 1'85. Pour le scope, qui est format plein écran, l'image estanamorphosée: en passant par l'objectif elle sera élargie. En 1/85 des bandes noires apparaîtront sur l'écran.

    Au-dessus, une image en scope, la déformation native est visible (si si)

    Une image en 1/85.

    La croix de malte

    Le cinéma repose sur le phénomène de persistance rétinienne. Pour schématiser, en faisant défiler des images fixes à une vitesse donnée, la mémoire d'une image A persiste dans le cerveau jusqu'à l'image B, donnant l'illusion du mouvement AB. La clé de voûte de ce procédé repose sur une invention: la croix de malte.

    Le film arrive depuis le dérouleur, qui a un défilement à vitesse continue, et va passer dans le couloir de projection. Là, le bloc de croix de malte va tirer la pellicule sur 4 perforations, rendant le défilement saccadé, nécessaire pour le phénomène de persistance rétinienne. Deux boucles, avant et après le couloir, agissent comme du "mou" sur une corde: cela donne l'élasticité nécessaire pour le défilement continu/saccadé. Aussi, un obturateur, sorte de ventilateur placé derrière la fenêtre de projection, escamote une image sur deux pour supprimer l'effet de scintillement qui naît de ce procédé.

    Le son

    Sur chaque pellicule, le son est encodé en plusieurs formats: une piste analogique, une piste numérique. Les films sont aussi accompagnés d'un DVD renfermant le son en DTS, qui est lu sur une platine indépendante et synchrone.

    Les leds rouges lisent la piste son, et l'envoient au processeur, qui décodera le flux et l'enverra aux enceintes sous forme d'implulsions électriques. Ces impulsions sont traduites en vibrations par les membranes des enceintes...

    Le rack son, qui décode chaque piste séparément et la distribue aux enceintes. Anecdote: les distributeurs envoient quelquefois des notices avec un film, préconisant des niveaux sonores. Celles-ci ne sont pas respectées la majeure partie du temps, tellement les niveaux exigés sont forts. Par exemple, sur une échelle de 10, (10 étant le bruit d'un airbus au décollage oreille sur le réacteur) le niveau exigé est parfois 7, alors qu'à 5.5 le cinéphile sent déjà ses tympans partir en lambeaux.

    Sur cette photo, le son est visible en vert, (analogique) mais est aussi encodé au format numérique entre les perforations (en gris).

    Je finirai par quelques anecdotes recueillies au cours de mon expérience:

    - un de mes meilleurs souvenirs le jour où, projetant "L'été de Kikujiro" pour une séance scolaire, j'ai assisté à des applaudissements nourris. Ce qui est rare.

    - pour un de mes premiers montages, j'ai inversé une bande-annonce, provoquant le fou-rire de la salle :/

    - des incivilités se constatent de plus en plus: gens qui fument, qui téléphonent, qui discutent comme si de rien n'était. Tous les cinés n'ont pas de service de sécurité, et c'est souvent le projectionniste qui fait semblant d'être costaud pour virer les récalcitrants.

    - suite à la projection de Banlieue 13, une séance s'est finie en baston générale dans la rue, voitures cramées sur le parking, et intervention des pompiers et des flics. Merci Europa.

    - la part de confiserie sur le prix d'une sortie ciné devient de plus en plus conséquente (le secret professionnel m'empêche d'en dire plus) et les marges sont énormes.

    En espérant que cet article vous aura aidé à mieux comprendre la partie cachée d'un ciné!

     

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    Classement par ordre alphabétique de titres | de réalisateurs

    1984 de Michael Radford

    A | B | C

    L’ÂGE D’OR de Luis Buñuel
    ALICE de Jan Svankmajer
    ALLEMAGNE, ANNÉE ZÉRO de Roberto Rossellini
    L'ARGENT DE POCHE de François Truffaut
    AU FEU, LES POMPIERS ! de Miloš Forman
    AU REVOIR LES ENFANTS de Louis Malle
    LES AVENTURES DE PINOCCHIO de Luigi Comencini
    AVENTURES FANTASTIQUES de Karel Zeman

    LE BAL de Ettore Scola
    BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN de Kenneth Branagh
    LA BELLE ET LA BÊTE de Jean Cocteau
    LA BÊTE HUMAINE de Jean Renoir
    BILLY ELLIOT de Stephen Daldry
    BLOODY SUNDAY de Paul Greengrass (version mixte anglais/français)
    BOWLING FOR COLUMBINE de Michael Moore (version mixte anglais/français)
    BRAZIL de Terry Gilliam
    BREAD AND ROSES de Ken Loach (version mixte anglais/français)

    CARMEN de Carlos Saura
    LES CENDRES D’ANGELA de Alan Parker (version anglaise)
    CENTRAL DO BRASIL de Walter Sallers
    LE CERCLE PARFAIT de Ademir Kenovic
    CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE de Tim Burton
    LA CHASSE AUX SORCIÈRES de Nicholas Hytner (version mixte anglais/français)
    LE CHEMIN DE LA LIBERTÉ de Philip Noyce (version mixte anglais/français)
    LE CHEVAL VENU DE LA MER de Mike Newell
    CHICKEN RUN de Nick Park & Peter Lord
    UN CHIEN ANDALOU de Luis Buñuel
    CLÉO DE 5 À 7 de Agnès Varda
    LE COLONEL CHABERT de Yves Angelo
    COOKIE'S FORTUNE de Robert Altman (version mixte anglais/français)
    COURTS DE DANSE Programme de 10 courts-métrages
    LA COUSINE ANGÉLIQUE de Carlos Saura

    D | E | F

    LES DAMES DU BOIS DE BOULOGNE de Robert Bresson
    DANCER IN THE DARK de Lars von Trier
    DANTON de Andrzej Wajda
    LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT de Jacques Demy & Agnès Varda
    DEPUIS QU’OTAR EST PARTI… de Julie Bertucelli
    LE DESTIN de Youssef Chahine
    LE DOULOS de Jean-Pierre Melville
    DOUZE HOMMES EN COLÈRE de Sidney Lumet

    L’ÉCHINE DU DIABLE de Guillermo Del Toro
    EDWARD AUX MAINS D'ARGENT de Tim Burton
    EL de Luis Buñuel
    ELEPHANT MAN de David Lynch
    LES ENCHAÎNÉS de Alfred Hitchcock
    L'ENFANT NOIR de Laurent Chevallier
    LES ENFANTS VOLÉS de Gianni Amélio
    E.T., L'EXTRA-TERRESTRE de Steven Spielberg (version mixte anglais/français)
    L’ÉTÉ OÙ J’AI GRANDI de Gabriele Salvatores (version mixte français/italien)
    L'ÉTRANGE NOËL DE MR JACK de Henry Selick

    LE FACTEUR de Michael Radford
    FAHRENHEIT 451 de François Truffaut
    LE FANFARON de Dino Risi
    FEMMES AU BORD DE LA CRISE DE NERFS de Pedro Almodóvar
    LA FERME DES ANIMAUX de John Halas & Joy Batchelor
    LE FESTIN DE BABETTE de Gabriel Axel
    FISH AND CHIPS de Damien O'Donnell (version mixte anglais/français)
    LA FLÈCHE BLEUE de Enzo D'Alo
    FRANKENSTEIN de Kenneth Branagh (version anglaise)

    G | H | I

    GERVAISE de René Clément
    GHOST DOG, LA VOIE DU SAMOURAÏ de Jim Jarmusch
    GIRLS IN AMERICA de Lori Silverbush & Michael Skolnik (version mixte anglais/français)
    GOLDEN EIGHTIES de Chantal Akerman
    LE GONE DU CHAÂBA de Christophe Ruggia
    LES GRANDES ESPÉRANCES de David Lean (version mixte anglais/français)
    LA GUERRE Á SEPT ANS de John Boorman
    LA GUERRE DU FEU de Jean-Jacques Annaud

    LA HAINE de Mathieu Kassovitz
    HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHÉNIX de David Yates
    HARRY, UN AMI QUI VOUS VEUT DU BIEN de Dominik Moll
    UN HÉROS TRÈS DISCRET de Jacques Audiard
    L'HOMME INVISIBLE de James Whale
    L'HOMME QUI RÉTRÉCIT de Jack Arnold
    8 FEMMES de François Ozon

    L'INCONNU DU NORD EXPRESS de Alfred Hitchcock (version mixte anglais/français)

    J | K | L

    JAMES ET LA PÊCHE GÉANTE de Henry Selick
    JEANNE ET LE GARÇON FORMIDABLE de Olivier Ducastel & Jacques Martineau
    JEUNE ET INNOCENT de Alfred Hitchcock
    LA JEUNE FILLE de Luis Buñuel
    JEUX INTERDITS de René Clément
    JOUE-LA COMME BECKHAM de Gurinder Chadha (version mixte anglais/français)
    JOUR DE FÊTE de Jacques Tati
    LE JOURNAL D’UNE FEMME DE CHAMBRE de Luis Buñuel
    UNE JOURNÉE PARTICULIÈRE de Ettore Scola
    JUGÉ COUPABLE de Clint Eastwood (version mixte anglais/français)

    KES de Ken Loach
    KES de Ken Loach (découpage technique)
    KIRIKOU ET LA SORCIÈRE de Michel Ocelot

    LAMERICA de Gianni Amelio
    LETTRES D'ALOU de Montxo Armendáriz
    LE LIMIER de Joseph Mankiewicz
    LOOKING FOR RICHARD de Al Pacino
    UN LOUVETEAU PARMI LES HOMMES de Talgat Temenov

    M | N

    THE MAGDALENE SISTERS de Peter Mullan (version mixte anglais/français)
    LE MAGICIEN D'OZ de Victor Fleming
    SA MAJESTÉ DES MOUCHES de Peter Brook (version anglaise)
    MALEVIL de Christian de Chalonge
    MAMMA ROMA de Pier Paolo Pasolini
    MATILDA de Danny de Vito
    MÉDÉE de Pier Paolo Pasolini
    LE MÉPRIS de Jean-Luc Godard
    METROPOLIS de Fritz Lang
    LA MORT AUX TROUSSES de Alfred Hitchcock
    LA MORT EN DIRECT de Bertrand Tavernier

    NOBLESSE OBLIGE de Robert Hamer
    NOCTURNA, LA NUIT MAGIQUE de Victor Maldonado & Adrià García
    LE NOM DE LA ROSE de Jean-Jacques Annaud
    NOSFERATU LE VAMPIRE de Friedrich Wilhelm Murnau
    LA NUIT DU CHASSEUR de Charles Laughton (version mixte anglais/français)

    O | P

    ŒDIPE ROI de Pier Paolo Pasolini
    LES OISEAUX de Alfred Hitchcock (version mixte anglais/français)
    OLIVER TWIST de David Lean (version mixte anglais/français)
    LOS OLVIDADOS de Luis Buñuel
    ON CONNAÎT LA CHANSON de Alain Resnais
    L’OPÉRA DE QUAT’SOUS de Georg Wilhelm Pabst
    ORGUEIL ET PRÉJUGÉS de Joe Wright (version mixte anglais/français)

    PAIN ET CHOCOLAT de Franco Brusati
    PAPA EST EN VOYAGE D'AFFAIRES de Emir Kusturica

    UNE PARTIE DE CAMPAGNE de Jean Renoir
    PAULINE À LA PLAGE de Eric Rohmer
    PEAU D’ÂNE de Jacques Demy
    MES PETITES AMOUREUSES de Jean Eustache
    PHILADELPHIA de Jonathan Demme (version mixte anglais/français)
    PIÈCES D’IDENTITÉS de Mwézé Dieudonné Ngangura
    LE PIGEON de Mario Monicelli
    LA PLANÈTE DES SINGES de Franklin J. Schaffner (version anglaise)
    LA PLANÈTE SAUVAGE de René Laloux
    UN POISSON NOMMÉ WANDA de Charles Crichton
    LE PONT de Bernhard Wicki
    POUR UN GARÇON de Chris & Paul Weitz (version anglaise)
    LA POURSUITE INFERNALE de John Ford
    LE PROCÈS de Orson Welles
    LA PROMESSE de Luc & Jean-Pierre Dardenne
    PUNISHMENT PARK de Peter Watkins

    Q | R | S

    QUAI DES ORFÈVRES de Henri-Georges Clouzot

    RAINING STONES de Ken Loach (version mixte anglais/français)
    LES RAISINS DE LA COLÈRE de John Ford (version mixte anglais/français)
    RAISONS ET SENTIMENTS de Ang Lee (version mixte anglais/français)
    RIDICULE de Patrice Leconte

    LE ROI DES MASQUES de Tianming Wu
    LA RUÉE VERS L’OR de Charles Chaplin

    UNE SAISON BLANCHE ET SÈCHE de Euzhan Palcy (version mixte anglais/français)
    LES SAISONS de Artavazd Pelechian

    LES SENTIERS DE LA GLOIRE de Stanley Kubrick (version mixte anglais/français)
    SHAKESPEARE : À PROPOS DE TROIS ADAPTATIONS CINÉMATOGRAPHIQUES DE PIÈCES
    SINDBAD de Karel Zeman
    SHREK LE TROISIÈME de Chris Miller & Raman Hui
    LE SILENCE DE LA MER de Jean-Pierre Melville
    MY SON THE FANATIC de Udayan Prasad (version mixte anglais/français)
    DES SOURIS ET DES HOMMES de Gary Sinise
    LE SUD de Victor Erice
    SUPER 8 STORIES de Emir Kusturica 
    SURVEILLER LES TORTUES de Inès Rabadán

    T | U | V

    TÉMOIN À CHARGE de Billy Wilder
    LES TEMPS MODERNES de Charles Chaplin (analyse de la séquence de la machine à faire manger)
    TESIS de Alejandro Amenábar
    TÊTE DE TURC de Jörg Gfrörer
    THÉRÈSE RAQUIN de Marcel Carné
    TOUS EN SCÈNE ! de Vincente Minnelli
    LE TROISIÈME HOMME de Carol Reed
    TUEURS DE DAMES de Alexander Mackendrick

    LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT de Jacques Tati
    VALSE AVEC BACHIR de Ari Folman
    LA VEILLÉE de José Maria Martin Sarmiento
    LE VENT SE LÈVE de Ken Loach
    LES VESTIGES DU JOUR de James Ivory
    MA VIE EN ROSE de Alain Berliner
    LA VIE EST BELLE de Roberto Benigni
    LA VIE RÊVÉE DES ANGES de Erick Zonka
    LE VIEIL HOMME ET L’ENFANT de Claude Berri
    LE VIEIL HOMME ET LA MER de Alexandre Petrov
    VIVEMENT DIMANCHE ! de François Truffaut
    ET VOGUE LE NAVIRE de Federico Fellini
    LE VOYAGE DE FELICIA de Atom Egoyan
    LE VOYEUR de Michael Powell

    W | X | Y | Z

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