• Conférence d?Ahmed Bedjaoui à Constantine :

    Conférence d’Ahmed Bedjaoui à Constantine :

    L’incontestable apport de l’image à la Révolution

    L’illustration dans le cinéma des soulèvements populaires », tel était le thème de la conférence donnée jeudi au palais de la culture Malek-Haddad par Ahmed Bedjaoui, maître de conférences à l’université d’Alger et docteur en cinéma et en littérature

    PUBLIE LE : 15-12-2013 | 0:00
    D.R

    L’illustration dans le cinéma des soulèvements populaires », tel était le thème de la conférence donnée jeudi au palais de la culture Malek-Haddad par Ahmed Bedjaoui, maître de conférences à l’université d’Alger et docteur en cinéma et en littérature. Qu’aurait été le destin des révolutions majeures sans l’apport de l’image ? Prenant l’exemple de celle algérienne, le conférencier rappellera qu’au début, les combattants, pour des raisons stratégiques, ne se faisaient pas prendre en photo dans les maquis, et qu’il aura fallu attendre le congrès de la Soummam en 1956 pour voir l’intrusion de l’image dans la guerre : « Abane Ramdane, M’hamed Yazid, Abdelhafid Boussouf et d’autres, ont décidé qu’il fallait gagner la bataille des images », a-t-il avancé avant d’ajouter : « C’est durant cette même année que deux reporters américains, Herb Greer et Peter Throckmorton, vont changer le cours de l’histoire. Ces derniers entreront clandestinement en Algérie grâce aux soins de responsables du FLN et séjourneront cinq mois, de septembre 1956 à janvier1957, dans les maquis de la Wilaya V afin de filmer et photographier le quotidien de combattants. Le document visuel, d’une durée de 10 minutes, passera sur la chaîne américaine NBC, et l’impact sera tel que John Kennedy, alors sénateur, fera un discours sur l’Algérie quelques semaines après. C’est aussi à partir de là que le terme "résistance" supplantera celui, jusqu’alors consacré, de "terrorisme". » Autre épisode significatif de l’apport de l’image à la Révolution algérienne, celui des manifestations du 11 Décembre 1960.
    À ce sujet, M. Bedjaoui dira : « Cette date a été un tournant dans l’histoire de la Révolution. Le FLN, en ordonnant aux Algériens de manifester, a mis à profit la présence massive de journalistes venus couvrir le discours du général de Gaulle, afin de faire savoir au monde entier que le peuple était du côté des révolutionnaires. » Concernant la période post-indépendance, le critique cinématographique ne cachera pas sa déception par rapport au fait que cinquante ans après, le cinéma algérien n’a pas encore rendu, comme il se doit, honneur à la révolution : « À l’exception de quelques productions, on a plus eu droit à des films de "guerre" dans le sens hollywoodien du terme, sans réelle profondeur et sans réflexion, qu’à des films sur la révolution. Notez que pour le cinquantenaire de l’Indépendance, la France a produit cinquante films sur l’Algérie, alors que de notre côté, nous n’en avons réalisé aucun ! » Pour M. Bedjaoui, le temps de passer le flambeau aux jeunes est venu : « On ne peut pas rester éternellement dans la nostalgie, les jeunes ont aussi le droit d’exprimer leur point de vue sur la Révolution algérienne. Cependant, on constate, aujourd’hui que les moyens existent, une absence criante de la qualité. Le seul remède serait de privatiser le secteur de la cinématographie, et, surtout, de laisser les professionnels travailler », a-t-il conclu. Par ailleurs, Ahmed Bedjaoui a procédé, à la fin de la conférence, à la signature du livre « Images et visages, au cœur de la bataille de Tlemcen », scénarisé par ses soins et illustré par le peintre algérien Denis Martinez.
     Issam Boulksibat

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