• Cinéma. Festival de Berlin : L?effet Rachid Bouchareb

    Cinéma. Festival de Berlin : L’effet Rachid Bouchareb

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    le 09.02.14 | 10h00 Réagissez

     
	Dolores Heredia, Rachid Bouchareb, Forest Whitaker et Brenda Blethyin, 
	un casting de rêve.

    | © D. R.
    Dolores Heredia, Rachid Bouchareb, Forest Whitaker et Brenda Blethyin,...

     

    Rachid Bouchareb a réussi à semer une bouleversante histoire, une tragédie en terre texane dès le début du Festival de Berlin. La voie de l’ennemi (Two men in town) a eu droit à un bon accueil critique dès sa projection, vendredi.

    Berlin (Allemagne)
    De notre envoyé spécial

    Le film, haut en couleur, exprime avec une lucidité courageuse une mise en scène spectaculaire dans l’immense désert du Texas, d’abord la situation, forcément terrible, faite aux Mexicains qui s’aventurent à la frontière des Etats-Unis. Ils sont tous abattus sans sommation. Un meurtre à grande échelle, qui fait craquer le shérif au cœur le plus endurci. Quand l’Amérique d’Obama fera-t-elle l’objet d’enquêtes du CPI ?  C’est dans ce cadre que le film souligne le cas d’un homme, un Afro-Américain, quittant la prison, converti à l’islam, et qui décide de refaire honnêtement sa vie, comptant sur sa nouvelle foi pour s’en sortir.

    Bouchareb a choisi le décor vide du Texas et des acteurs de haut calibre (Forest Whitaker, Harvey Keitel) pour filmer un chapitre comme sorti d’un roman de Kafka, à la mode d’Hitchcock. William Garret (Forest Whitaker) est au cœur de l’intrigue, celui qui porte le film sur ses épaules. Il est convaincu qu’il a devant lui une nouvelle vie. Mais une succession de faits vont l’empêcher de s’en sortir. Allah ne lui servira à rien, il est cerné de toutes parts et sa vie finit par s’écrouler, par un nouveau meurtre, et sans doute la prison à vie. Two men in town n’a pas grand-chose à voir avec le film dont il est supposé être le remake.

    Dans un rôle émouvant, parfaitement rodé (Bouchareb à la conférence de presse a dit que Whitaker est en fait un des scénaristes du film), le grand acteur américain accomplit quelques morceaux de bravoure dont le jury du Festival de Berlin devrait tenir compte pour le prix d’interprétation. Un film anglais, 71, de Yann Demange, a aussi insufflé beaucoup d’émotion et de bonnes réactions dès le début des projections de presse. Filmée à Belfast, l’histoire raconte la révolte de l’IRA contre l’armée d’occupation anglaise. Une mise en scène très vive, extrêmement saisissante, fait croire que c’est un reportage en direct. Mais c’est une fiction où tous les coups sont permis de part et d’autre des deux camps ennemis. Deux camps divisaient Belfast, les protestants loyaux à la couronne britannique et les catholiques hostiles qui menaient une guérilla urbaine sans merci.

    L’ennemi anglais avait aussi ses méthodes de choc et n’hésitait pas à cribler de balles tous ceux qui refusent de rouler pour Sa Majesté la reine. Politiquement, le travail de Yann Demange se rapproche des productions de Ken Loach, dans le souci de montrer la situation en Irlande du Nord au risque de provoquer la frayeur d’une monarchie qui maintient ce pays sous une poigne de fer.

    Azzedine Mabrouki
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