• .Chacun sa vie?, le nouveau film d?Ali Ghanem

    SORTI LE 12 NOVEMBRE DERNIER À PARIS

    Chacun sa vie”, le nouveau film d’Ali Ghanem

     
     
     

    Sur le pont d’un ferry qui fait la navette entre Marseille et Alger, Rachid, la soixantaine passée, achève sa prière et se dirige vers le restaurant. Tandis qu’il déjeune, il est terrassé par un malaise cardiaque. Transporté dans sa cabine, il revoit sa vie défiler.
    Dans les années 70, il a d’abord travaillé sur des chantiers en région parisienne, puis dans des usines du Nord de la France, où il s’est impliqué dans les luttes sociales. Des années plus tard, revenu en région parisienne, alors qu’il a fait venir sa famille dans l’appartement qu’il est parvenu à acquérir, on le retrouve employé à la morgue d’un hôpital où il lave les corps des musulmans selon les rites de l’islam. Il a toujours rêvé de finir ses jours en Algérie, et s’y est fait construire une maison. A peine à la retraite, il réunit sa famille et  annonce qu’il a décidé de rentrer au pays et mis en vente l’appartement. Sa femme et ses enfants, stupéfaits, refusent de le suivre. Ils considèrent que leur vie est en France. L’une de ses filles, Nadira, dont il est très fier et qui est sa préférée, suit des cours de piano et souhaite devenir professeur de musique. L’autre, Malika, qu’il avait mariée à un cousin, vient de divorcer. Son fils Farouk, qui se contente pour le moment de petits boulots, espère devenir animateur dans une Maison des jeunes. Nadira l’encourage toutefois à aller passer quelque temps seul  en Algérie pour réfléchir et se changer les idées. Arrivé dans son village natal, il a la surprise de trouver sa maison occupée. Son frère l’a mise en location en son absence, et lui cherche querelle à propos d’une obscure affaire d’héritage... La sœur de son ami Mohamed, dont il a fait rapatrier le corps après son décès, lui fait des invites ambiguës, et la plupart de ses amis sont morts... Le film est coproduit par la Télévision algérienne et subventionné par le ministère de la Culture. Ali Ghanem, qui en est le scénariste, l’auteur et le producteur, a galéré pendant des années pour parvenir à le réaliser, car l’air du temps n’est plus aux films qui traitent de ce genre de sujet social ni aux films à  petit budget. Ce film plein de sensibilité, où il n’y a ni sexe ni violence, nous permet de partager un instant le quotidien de ceux que l’on croise sans rien connaître de leur déchirement entre deux cultures, entre deux rives, entre deux rêves...
    Les interprètes, des comédiens professionnels, mais aussi des débutants, sont excellents, et les images belles, simples et pleines de sensibilité. C’est le retour d’un cinéaste qui nous avait donné par le passé deux films remarqués Mektoub et Une femme pour mon fils. Un film à voir car il est bien rare qu’un film algérien sorte en France.

     

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