• Catherine Deneuve

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    Écrit par Christophe Dordain   
    22-08-2013

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    "Elle s'en va". Un film de Emmanuelle Bercot avec Catherine Deneuve, Nemo Schiffman, Gérard Garouste.

    Sortie le 18 septembre 2013.

    Crédits photographiques : Wild Bunch Distribution.

    PORTRAIT

    Catherine Deneuve, de son vrai nom Catherine Dorléac, est née le 22 octobre 1943. Son père, Maurice Dorléac, s'était déjà fait un nom au théâtre et sa mère, née Deneuve, était également comédienne. Sa sœur, Françoise Dorléac, décédée tragiquement en 1967, était son aînée de dix-huit mois. la jeune Catherine débute à l'écran à l'âge de 13 ans, lancée par Roger Vadim, pygmalion des stars féminines. Mais c'est grâce à Jacques Demy que Catherine Deneuve, jolie blonde dans la lignée des Dany Saval et Mireille Darc de l'époque, connaît la renommée. La Palme d'or à Cannes pour "Les parapluies de Cherbourg" n'y est évidemment pas pour rien, tout comme le succès rencontré par la film dans le monde entier.

    L'image de la jolie jeune fille, blonde et lisse, telle qu'elle apparaît dans "Les parapluies...", n'a pas fini de hanter la comédienne, malgré un désir de sa part, dès le début, de jouer en des eaux plus troubles : l'exemple le plus frappant étant évidemment sa composition de schizophrène frigide dans le londonien "Répulsion", signé Roman Polanski. Plus tard, Luis Buñuel continuera à explorer les sombres dessous de la beauté féminine, telle qu'elle en est l'archétype. Dans "Belle de jour", il en fait une jeune femme de bonne famille aux fantasmes inavouables, qui s'adonne à la prostitution par pur désir. "Tristana" la plonge bientôt dans l'Espagne aristocratique où, jeune pupille, elle se livre sans détour à son tuteur puis se retrouve amputée d'une jambe.

    Ces années seront, cinémtographiquement parlant, les plus belles de la comédienne, qui suscite le désir des plus grands cinéastes, et provoque les rencontres les plus magiques, dont bientôt Jacques Demy à nouveau, qui lui confie le rôle-titre de "Peau d'âne". Inaccessible, diaphane, majestueuse, elle incarne alors l'éternel féminin dans toute sa splendeur. Les années 70, outre un film sombre et difficile de Marco Ferreri ("Liza"), seront marquées par une accession vers une cinéma plus populaire. La maturité la voit ainsi se recycler dans un registre de fantaisie, où Deneuve sait exceller ("Touche pas à la femme blanche", "Zig-Zig", "Courage, fuyons !" et, surtout, "Le sauvage").

    Convoitée par l'étranger mais peu encline à tourner plus loin que l'Europe, elle passe pourtant 1977 à l'étranger, en Italie et en Grande-Bretagne : dans "Ames perdues", de Dino Risi, elle est l'épouse d'un Vittorio Gassman en proie à la folie ; dans "Il était une fois la Légion", de Dick Richards, elle se retrouve dans la peau de la maîtresse de Gene Hackman et dans "Casotto", de Sergio Citti, elle ne fait qu'une brève apparition, dans le rêve d'un des protagoniste de ce film inédit en France.

    Détective privée dans "Ecoute voir", pharmacienne amoureuse d'un truand - Jacques Dutronc - dans "A nous deux", elle triomphe en 1980 grâce à son interprétation de Marion Steiner dans "Le dernier métro", de François Truffaut, qui lui vaudra le César de la Meilleure actrice. La même année, elle inspire à Claude Berri le personnage d'Alice, femme libre en quête d'un amour durable, l'héroïne de "Je vous aime". Deux films qui marqueront les années 80 de l'empreinte d'une autre Deneuve : femme glacée, sophistiquée et définitivement inaccessible. Son rôle de vampire lesbienne dans "Les prédateurs" envenime cette perception, et la comédienne aura toutes les peines du monde à se débarrasser de cette étiquette très collante.

    En 1988, elle apparaît enfin, terriblement humaine et vulnérable, dans "Drôle d'endroit pour une rencontre", de François Dupeyron, qui ne rencontre hélas pas le succès espéré. Entre-temps, la rencontre avec André Téchiné, qui lui offrit, avec "Hôtel des Amériques", une très romantique histoire d'amour avec Patrick Dewaere, porte ses fruits, et Deneuve endosse bientôt pour ce dernier des personnages complexes, ambigus, à l'image d'Emilie dans "Ma saison préférée". Seul contre-emploi manifeste avec Jean-Pierre Mocky, qui modifie totalement son apparence pour "Agent trouble" : lunettes et perruque rousse bouclée, elle incarne une vieille fille, mêlée malgré elle à une histoire policière.

    Prise comme modèle du nouveau buste officiel de Marianne, symbole de la République figurant depuis 1986 dans le Petit Larousse, symbole de la notoriété, hôtesse des plus prestigieuses manifestations cinématographiques, Catherine Deneuve devient la grande dame incontestée du cinéma français, consacrée par un nouveau César pour "Indochine" en 1992. Depuis quelques années, la comédienne s'ingénie encore et toujours à brouiller les pistes en tournant plus et avec des metteurs en scène très différents : marquise poudrée dans "La partie d'échec"s, d'Yves Anchar, bourgeoise alcoolique dans "Place Vendôme", de Nicole Garcia, elle tourne bientôt coup sur coup avec Leos Carax ("Pola X"), Gabriel Aghion ("Belle maman)" et l'austère Philippe Garrel ("Le vent de la nuit").

    L'année 1999 l'a vue dans le film de Raoul Ruiz, "Le temps retrouvé", d'après Proust, puis dans la saga franco-slave "Est-Ouest" de Régis Wargnier, en actrice qui vient au secours de Sandrine Bonnaire. Souvent associée à des projets excitants et ambitieux, on la retrouve dans la Palme d'or de Cannes 2000, "Dancer in the dark", où elle est la collègue d'usine de l'héroïne incarnée par Björk. Un rôle évidemmement à contre-emploi, qui lui demande également de pousser la chansonnette et de danser.

    Les films continuent à se suivre sans se ressembler, entre la grosse production américaine ("D'Artagnan") et le film d'auteur français de prestige ("Le petit Poucet"), deux films dans lesquels elle tient le rôle de la reine. Nouveau coup d'éclat, début 2002, alors qu'elle incarne l'une des "8 femmes" du film de François Ozon, matriarche replète soupçonnée d'avoir tué son mari. Un rôle en or qui exige humour et second degré, ce dont l'actrice fait une nouvelle fois preuve.

    Si elle apparaît très brièvement dans "Je rentre à la maison" et dans "Absolument fabuleux", si elle donne uniquement de la voix dans "Nuages", un documentaire (vu à Cannes) réalisé par la Belge Marion Hänsel, les rôles qui ont suivi ont été bien plus consistants pour l'actrice : radieuse comme jamais dans "Au plus près du paradis", tricoté sur mesure par une Tonie Marshall qui voit en elle l'héritière des grandes héroïnes romantiques des années 50. "Les temps qui changent" (Téchiné), "Rois et Reines" (Despléchin), "Le concile de Pierre" (Nicloux), "Le héros de la famille" (Klifa), "Après Lui" (Morel) et "Le conte de Noël" de Arnaud Despléchin ont confirmé cette tendance.

    Place désormais à un retour à la comédie légère avec "Mes Stars et Moi" aux côtés de Kad Merad et d'Emmanuelle Béart ou plus brutale avec "Cyprien". On l'a quand même préférée dans "La Fille du RER", d'André Téchiné, sorti en mars sur les écrans, et on dans "Mère et Fille" en octobre 2009. Ont suivi "L"Homme qui voulait vivre sa vie" d'Eric Lartigau et "Potiche" de François Ozon qui a enregistré un beau succès auprès du public et "Les Yeux de sa Mère" de Thierry Klifa ? A l'automne 2012, Catherine Deneuve participait à la quatrième aventure du célèbre gaulois Astérix pour un résultat final que nous qualifierons de l'euphémisme : raté ! On attend donc bien plus de son nouveau film : "Elle s'en va".

    (Sources consultées : dossier de presse du film).

     

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    FILMOGRAPHIE

    1966 - Les demoiselles de Rochefort (Jacques Demy)

    1966 - Belle de jour (Luis Buñuel)

    1967 - Manon 70 (Aurel)

    1968 - Benjamin ou les mémoires d'un puceau (Deville)

    1968 - Mayerling (Young)

    1968 - La chamade (Cavalier)

    1969 - Les fous d'avril (Stuart Rosenberg)

    1969 - La sirène du Mississipi (François Truffaut)

    1970 - Tristana (Luis Buñuel)

    1970 - Peau d'âne (Jacques Demy)

    1971 - Ça n'arrive qu'aux autres (Trintignant)

    1971 - Liza (Ferreri)

    1972 - L'événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la lune (Jacques Demy)

    1972 - Un flic (Jean-Pierre Melville)

    1973 - Touche pas à la femme blanche (Ferreri)

    1974 - La grande bourgeoise (Bolognini)

    1974 - L'agression (Pirès)

    1974 - La femme aux bottes rouges (J. Buñuel)

    1974 - Zig Zig (Szabo)

    1975 - Le sauvage (Jean-Paul Rappeneau)

    1975 - La cité des dangers (Robert Aldrich)

    1976 - Si c'était à refaire (Claude Lelouch)

    1976 - Ames perdues (Risi) 1977 - Il était une fois la Légion (Richards)

    1977 - Ils sont grands ces petits (Santoni)

    1977 - Casotto (Citti)

    1978 - L'argent des autres (Chalonge)

    1978 - Ecoute voir (Santiago)

    1979 - A nous deux (Claude Lelouch)

    1979 - Courage, fuyons ! (Yves Robert)

    1980 - Le dernier métro (François Truffaut)

    1980 - Je vous aime (Claude Berri)

    1981 - Le choix des armes (Alain Corneau)

    1981 - Hôtel des Amériques (André Téchiné)

    1982 - L'Africain (Philippe De Broca)

    1983 - Les prédateurs (Tony Scott)

    1984 - Le bon plaisir (Girod)

    1984 - Fort Saganne (Alain Corneau)

    1984 - Paroles et musique (Elie Chouraqui)

    1986 - Le lieu du crime (André Téchiné)

    1986 - Pourvu que ce soit une fille (Monicelli)

    1987 - Agent trouble (Jean-Pierre Mocky)

    1988 - Drôle d'endroit pour une rencontre (François Dupeyron)

    1988 - Fréquence meurtre (Elizabeth Rappeneau)

    1989 - Frames form the Edge (Maben)

    1991 - La reine blanche (Jean-Loup Hubert)

    1992 - Indochine (Régis Wargnier)

    1992 - Les demoiselles ont eu 25 ans (Agnès Varda)

    1993 - Ma saison préférée (André Téchiné)

    1994 - La partie d'échecs (Hanchar)

    1994 - Les cent et une nuits (Agnès Varda)

    1995 - Le couvent (Manoel de Oliveira)

    1995 - Les voleurs (André Téchiné)

    1996 - Généalogies d'un crime (Ruiz)

    1997 - Place Vendôme (Nicole Garcia)

    1997 - Pola X (Léo Carax)

    1998 - Le vent de la nuit (Garrel)

    1998 - Belle maman (Gabriel Aghion)

    1998 - Est Ouest (Régis Wargnier)

    1999 - Le temps retrouvé (Ruiz)

    2000 - D'Artagnan (Peter Hyams)

    2000 - Dancer in the Dark (Von Trier)

    2001 - Le petit Poucet (Dahan)

    2001 - Je rentre à la maison (Oliveira)

    2001 - Absolument fabuleux (Gabriel Aghion)

    2001 - 8 femmes (François Ozon)

    2002 - Au plus près du paradis (Marshall)

    2003 - Un film parlé (de Olivera)

    2004 - Les temps qui changent (Téchiné)

    2004 - Rois et Reines (Despléchin)

    2006 - Le concile de Pierre (Nicloux)

    2006 - Le héros de la famille (Klifa)

    2007 - Après Lui (Morel)

    2008 - Un Conte de Noël (Despléchin)

    2008 - Bancs publics (Podalydès)

    2008 - Mes stars et moi (Colombani)

    2009 - Cyprien (Charhon)

    2009 - La Fille du RER (Téchiné)

    2009 - Bancs Publics (Podalydès)

    2009 - Mère et Fille (Lopes-Curval)

    2009 - Lettre à Anna (Bergkraut)

    2010 - L'Homme qui voulait vivre sa Vie (Lartigau)

    2010 - Potiche (Ozon)

    2011 - Les Yeux de sa Mère (Klifa)

    2012 - Astérix et Obélix : Au Service de sa Majesté (Tirard)

    2013 - Elle s'en va (Bercot)

    Dernière mise à jour : ( 22-08-2013 )
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